Top 7 des anecdotes les plus célèbres sur le Général Eyadéma

Quinze (15) ans après sa mort, l’ombre du feu général Eyadéma Gnassingbé plane encore sur le Togo. L’homme aura marqué la vie des Togolais pas seulement pour avoir été celui qui a le plus duré au pouvoir mais aussi à cause des anecdotes –réelles ou supposées- qui lui ont été attribuées. En 2010 par exemple, l’analyste politique David Kpélly avait rendu un hommage quelque peu osé au président togolais en revenant sur quelques unes de ses anecdotes. Extrait…

1) Quelques années après sa prise du pouvoir, Eyadema, très jeune en ces temps, participait à un sommet des chefs d’Etat africains et européens en Belgique. On lui donna la parole. « Mes chers collègues, commença-t-il, celui qui a la diarrhée n’a pas peur de l’obscurité… » Les présidents européens, paraît-il, n’auraient rien compris de ce proverbe et auraient commencé à se regarder, ébahis. En effet, le proverbe de notre père de la nation était un peu déplacé dans ce cadre. Il avait oublié ou ignorait que les Européens n’avaient pas besoin de faire des centaines de mètres de trajet de leur maison pour aller faire leurs besoins comme cela se faisait dans son Pya natal où on devait aller se libérer dans la brousse ou sur un dépotoir, loin de sa maison. Le Blanc qui veut faire ses besoins n’a rien à voir avec l’obscurité, il allume son ampoule et va dans les toilettes, à l’intérieur de son appartement ! Pauvre papa Eyadema !

2) Lors d’une visite rendue à un de ses homologues européens, le président Eyadema serait tombé sur une femme très belle, et qui appartenait à son hôte. Dragueur hors pair, Gnass Père ne pouvait pas quitter la femme sans lui avoir glissé au moins un seul mot doux. En quittant son hôte, il murmura à la femme, en serrant la main à cette dernière : « Mélon wo » – Je t’aime dans un dialecte du Togo -. Quand son hôte, qui le connaissait très bien sur ce point-là, lui demanda, la mine froncée, ce qu’il racontait à sa dulcinée, Papa Eyadema répondit qu’il était en train de dire au revoir à la femme dans son dialecte ! Au revoir en kabyè, c’est quand même pas « Mélon wo » ! Ou bien ?

3) Baba – surnom d’Eyadema -, selon les rumeurs, ne faisait jamais ses besoins ailleurs que dans un gros pot en plastique. Après, des domestiques, spécialement embauchés pour la circonstance, se chargeaient de fouiller minutieusement ses déchets évacués, avant de les jeter. Baba voulait toujours s’assurer s’il n’avait pas expulsé l’un des multiples gris-gris que lui avaient fait avaler ses centaines de féticheurs.

4) Papa Eyadema, raconte-t-on, avait une préférence très particulière pour les bobarabas, c’est-à-dire les nanas aux derrières bien dégagés. Et quand il se retrouvait dans sa couche avec une de ces dames aux grosses fesses – souvent arrachées à ses collaborateurs -, il lui murmurait avant le début des hostilités : « Ô femme, fais-moi monter sur ta montagne de Sion, pour que je puisse voir dans la vallée, cette vallée pleine de merveilles et de surprises. Fais-moi monter sur ta montagne, pour que je puisse voir toute la beauté de Jérusalem. Car beaucoup de choses me répugnent ici-bas, et j’ai besoin de m’élever. Fais-moi donc, femme montagne, monter sur ta montagne sainte. » Belle poésie non ? De quoi décerner un prix spécial de mérite à cet ancien champion d’évala subitement devenu Baudelaire !

5) « Baba lé von yovovia, baba lé von yovovia… » « Baba a peur du petit Blanc, baba a peur du petit Blanc ». Tout le monde se rappelle ce refrain qui fit le tour de toutes les bouches à Lomé et dans les autres villes du Togo durant les années des chemins de croix ! Eyadema avait peur de Gilchrist, son opposant légendaire, disait la chanson. Cela, bien évidemment, mit le baba sur ses nerfs. Il fit loger une balle dans les reins de son opposant qui arriva à s’échapper du pays en catastrophe. Quand la nouvelle de la blessure de son opposant et sa fuite fut rapportée à Eyadema, il se mit à chanter et à danser « Yovovia lé von baba, yovovia lé von baba », « le petit Blanc a peur de baba, le petit Blanc a peur de baba »

6) L’équipe nationale togolaise de foot venait de perdre un match contre un pays voisin sur un score humiliant. Quand la nouvelle fut rapportée à Eyadema, grand fan du foot, il piqua une colère d’enfer et hurla « Mais pourquoi l’entraîneur n’avait-il pas fait jouer Zidane ? ». On lui fit savoir que Zidane n’était pas un joueur togolais mais français. « A quoi sert donc la coopération entre le Togo et la France ? », hurla le boss en donnant un grand coup de pied au ministre des Affaires étrangères et de la Coopération.

7) «  Papa Eyadema Sarakawa koua ményé towo o, nou gbalo yé yovowo wo… » « Papa Eyadema, la mort de Sarakawa n’était pas la tienne, les Blancs ont comploté pour rien… » Qu’est-ce qui diantre avait pris ma mère cette nuit de chanter, en faisant la cuisine, cette chanson composée pour le père de la nation après l’attentat de Sarakawa auquel il avait échappé quelques années après sa prise du pouvoir ? Mon père, somnolant dans un fauteuil, à quelques mètres, attendant impatiemment son plat, l’arrêta net. « Marthe, c’est la dernière fois que tu chantes cette chanson dans ma maison. La prochaine fois que tu oseras encore la chanter, je te mettrai dehors. Compris ? ». Ma mère s’exécuta sans cérémonies. J’avais seize ans et je venais d’avoir mon BEPC. Mon père, peu bavard, n’avait jamais montré son intérêt pour la vie politique du pays.

A part son salaire de prof qui le liait à l’Etat, je ne connaissais aucun point d’intersection entre lui et les VIP togolais. Mon père détestait donc Eyadema jusqu’au point de menacer de chasser sa femme pour avoir fredonné une chanson louant ce dernier ? J’eus la réponse à ma question quelques mois après, après la mort de mon père, quand je fouillais ses affaires personnelles, et que je tombai sur des manuscrits de poèmes et de nouvelles, très virulents, rédigés contre le père de la nation togolaise et son régime. Mon père avait donc été un opposant radical du régime d’Eyadema ! Il avait toute sa vie gardé le silence, juste pour ne pas périr comme ces milliers de Togolais qui ont essayé de dire non à la dictature. La meilleure façon de vivre au Togo ?

Papa Eyadema, comme tu aimais tant l’entendre de ton vivant, le peuple togolais ne t’oubliera jamais. Les grands hommes meurent, dit l’adage, mais pas leur nom. Tu as été un grand homme, à ta manière. Nous citerons donc toujours ton nom, comme celui de Hitler, de Mobutu, de Bokassa, de Bongo… et de tous ces grands hommes qui ont comme toi marqué l’Histoire, à leur manière.

Source : Togoweb.net

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