Top 30 des faits qui ont marqué le règne des Gnassingbé depuis 30 ans

L’histoire politique du Togo ces 30 ans dernières années a été marqué par des faits et actions des leaders politiques qui expliquent, peut-être, le contexte actuelle au Togo marqué par des crises à n’en point finir.

TogoWeb vous propose de revenir en 30 dates sur des événements clés qui ont marqué le règne des Gnassingbé au Togo :

5 Octobre 1990: 2 jeunes, LOGO Dossouvi et Agbélenko sont jugés pour avoir distribué des tracts.  Les populations de Lomé se mobilisent pour les soutenir au Palais de Justice. Il s’en suivra, la même nuit, des émeutes et affrontements faisant morts et blessés.

12 Juin 1991: un projet de texte est proposé par l’Ambassadeur de France au Togo, Bruno DELAYE, aux délégations du RPT et du COD II (Coalition de l’Opposition Démocratique II). Ces délégations sont respectivement conduites par Barry Moussa BARQUE (RPT) et Léopold GNININVI (COD II).

 Ils constituent ensuite une commission de 4 personnes composées de KOMLANVI/KODJO Agbéyomé pour le RPT et Antoine FOLLY/Djovi GALLY pour le COD II qui amendera le texte. Le texte prévoit que les décisions de la Conférence Nationale ne peuvent être remises en cause par le Chef de l’État.  Il est adopté et signé par les parties le 12 Juin 1991. Le Président GNASSINGBE Eyadema rédige une note par laquelle il reconnaît l’Accord du 12 Juin.

8 Juillet 1991: la Conférence Nationale s’ouvre sur discours du Chef de l’État GNASSINGBE Eyadema. Un millier de personnes y prend part dont les membres du gouvernement et les FAT.

16 Juillet 1991: le Présidium proclame la souveraineté de la Conférence. Les FAT et les membres du gouvernement ne l’acceptent pas et quittent la salle. Les FAT n’y assisteront plus.

28 Août 1991: la Conférence Nationale Souveraine (CNS) prend fin, sous la pression de GNASSINGBE Eyadema, avec l’élection de KOFFIGOH Kokou Joseph en tant que Premier ministre après que Léopold GNININVI ait renoncé au second tour.

Un Haut Conseil de la République (une sorte d’Assemblée Nationale mais transitoire) est mis en place et est présidé par Mgr Fanouko KPODZRO.  Le HCR avait pour mission essentielle la rédaction de la constitution, celle qui naîtra le 27 Septembre 1992.

28 Novembre 1991: Joseph KOFFIGOH, alors Premier ministre, est enlevé par les FAT qui l’obligent à constituer un gouvernement ouvert aux membres du RPT.  Il y eut des affrontements faisant plusieurs morts et blessés. Une crise ouverte naîtra entre les 2 têtes de l’exécutif.

Le projet de constitution rédigé en 1992 prive tous les grands acteurs de la transition (le Président de la République, le Premier ministre et le Président du HCR) de la possibilité de se présenter aux élections présidentielles de 1993. GNASSINGBE Eyadema s’y oppose et demande qu’il lui soit permis d’être à nouveau candidat en 1993.

Sa demande sera finalement acceptée et il appelera à voter “OUI” au référendum du 27 Septembre 1992.La constitution sera adoptée le 27 Septembre 1992 par plus de 90% des électeurs et sera promulguée le 14 Octobre de la même année.

Août 1993: les élections présidentielles sont organisées. Alors qu’il ne pouvait s’y présenter conformément à la constitution, Joseph KOFFIGOH fait volte-face et décide de se présenter aux élections. L’Opposition, regroupée au sein du COD II, boycotte l’élection.  GNASSINGBE Eyadema est élu à plus de 90% des suffrages exprimés.

Quelques mois plus tôt, le 25 Janvier 1993, des populations, rassemblées sur la place Fréau Jardin sur appel du COD II, sont massacrées dans des circonstances toujours non élucidées.

Les 6 et 20 Février 1994 eurent lieu les élections législatives.

L’opposition gagne les élections en remportant 43 sièges sur les 81 et acquiert donc la majorité absolue (36 sièges pour le CAR de Yawovi AGBOYIBO et 7 pour l’UTD de KODJO Edem). Alors même que Yawovi AGBOYIBO s’attendait à être nommé Premier ministre, c’est Edem KODJO qui sera nommé Premier ministre par le Président GNASSINGBE Eyadema.

Cette décision, sans doute stratégique, crée une division au sein de la coalition de l’opposition parlementaire.

24 Juin 1998: les élections présidentielles sont organisées au Togo.  Gilchrist OLYMPIO se présente en principal rival du Président sortant. L’élection est marquée par la démission de la Présidente de la CENI, Awa Nana Daboya, alors qu’elle était attendue pour les résultats.

Le Général Seyi Mèmène prend sa suite et proclame GNASSINGBE Eyadema vainqueur avec 52% des voix. Gilchrist OLYMPIO contestera les résultats. GNASSINGBE Eyadema est donc élu pour son second et dernier mandat conformément à la constitution en vigueur alors.

21 Mars 1999: les élections législatives sont organisées mais boycottées par l’Opposition. Le RPT se retrouve seul au parlement. Une nouvelle crise s’ouvre.  Un dialogue commence et débouche sur l’accord cadre de Lomé du 29 Juillet 1999 conclu entre le pouvoir et l’Opposition.  Le Président GNASSINGBE Eyadema s’engage à ne pas se représenter en 2003 et à dissoudre l’AN pour qu’il y ait de nouvelles élections plus inclusives. 

De nouvelles élections législatives anticipées sont donc organisées le 27 Octobre 2002. Elles sont à nouveau boycottées par l’Opposition qui dénonçait les conditions dans lesquelles elles étaient organisées. Le 31 Décembre 2002, à quelques mois des élections présidentielles de 2003, le parlement composé presqu’uniquement des Députés du RPT procède à une révision de la constitution et supprime, entre autres, la limitation du nombre de mandats présidentiels. 

1er Juin 2003: la constitution modifiée le lui permettant, GNASSINGBE Eyadema se présente à l’élection présidentielle et est proclamé vainqueur avec 57,22% devant Bob AKITANI de l’UFC qui remplaçait Gilchrist OLYMPIO écarté par une loi électorale votée peu avant l’élection.

5 Février 2005: Moins de 2 ans après sa réélection, GNASSINGBE Eyadema décède.  Alors qu’il devait prendre de façon intérimaire la succession du Président comme le prévoit la constitution, Ouattara NATCHABA qui se trouvait hors du pays voit son avion  détourné vers le Bénin.

Contre toute attente, Faure GNASSINGBE, fils du défunt Président, prend la succession de son père en violation des dispositions constitutionnelles. L’opposition dénonce ce coup d’État constitutionnel et appelle à des manifestations qui seront sévèrement réprimées.

19 Février 2005: Alpha Oumar KONARE, Président de la commission de l’UA dénonce un coup d’État militaire. Le pays est suspendu des instances de l’UA.

25 Février 2005: après des consultations avec certains Présidents dont Omar BONGO, Faure GNASSINGBE annonce sa démission. Fanbaré Ouattara NATCHABA étant bloqué au Bénin, le Parlement procède à l’élection d’un nouveau Président de l’Assemblée Nationale.

Abass BONFOH, alors Vice-Président de l’institution est porté à sa tête. Il devient, de fait, le Président de la République par intérim. Dans la foulée, Faure GNASSINGBE est élu à la tête du Rassemblement du Peuple Togolais (RPT). Il en défendra les couleurs à l’élection présidentielle qui s’annonçait.

24 Avril 2005: l’élection présidentielle est organisée. Sont candidats, Faure GNASSINGBE, Emmanuel Bob AKITANI et Harry OLYMPIO.

2 jours avant, le 22 Avril 2005, le ministre de l’intérieur François BOKO demande un report de ladite élection qu’il qualifiait de suicidaire.

26 Avril 2005: Faure GNASSINGBE est proclamé vainqueur de l’élection présidentielle avec 60,15% des voix contre 38,25% pour Bob AKITANI, son principal challenger. Il s’en suivra la plus grande crise poste électorale de l’histoire du pays qui fera plusieurs centaines de morts.

Source : Togoweb.net

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