Togo : Un goût d’inachevé !

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« Une fois n’est pas coutume », (Dicton populaire)

Si le plus clair de notre temps, nous consacrons nos lignes à déplorer ce qui ne va pas, il nous semble intéressant voire indispensable cette fois-ci de parler de nous-mêmes. Sommes-nous de mauvais perdants ? C’est ce que nombre de lecteurs seraient tentés de soutenir. Pour n’avoir décroché aucun prix lors de la cérémonie de distinction des meilleures productions organisée par le Groupe des cinq, il peut nous être reproché d’avoir la défaite amère, mais alors très amère. Et pourtant ! La perspective de telles critiques ne saurait nous dissuader de déplorer …un certain nombre de choses.

Les Lauriers du Journalisme d’Impact, parlons-en. L’initiative est belle. Les objectifs des promoteurs de cet événement très nobles. D’autant plus nobles que nous y avons soumis nos candidatures. Mais au final, les fruits ont trahi la promesse des fleurs. A l’analyse, tout ou presque pour les médias d’Etat et médias apparentés. Rien du tout pour les journalistes qui jouissent, dans le traitement de l’information, d’une liberté de ton et d’action. La moisson n’était pas que maigre. Elle était carrément nulle ! Nos productions ont-elles été autant en deçà des attentes du jury ?

Bonne gouvernance financière, Développement et réduction de la pauvreté, Démocratie et Etat de droit, Protection de l’Environnement, Santé et Education, c’étaient in extenso, les thèmes laissés à la discrétion des journalistes pour soumettre leurs candidatures. Ceci, dans plusieurs genres journalistiques, notamment le reportage, l’interview de presse, le portrait, le dossier, l’enquête journalistique, le résumé de rapport, l’article d’analyse contradictoire.

Le journalisme d’impact ou encore de solution a un double impact. Il dénonce et alerte d’abord en parlant des problèmes. Il fait ensuite naître l’envie d’agir en proposant des alternatives ou des pistes de réflexions, nous apprennent des experts de la question.

Au final, seules les productions axées sur la santé, le développement, bref sur des thématiques sociales ont été retenues. Et encore dans les genres journalistiques de reportage et de dossier. Les productions dans les autres genres étaient-elles si déconnectées des attentes des organisateurs ? L’éditorial, l’article d’analyse contradictoire étaient absents des genres primés. La bonne gouvernance financière, la démocratie et l’état de droit, des thématiques ignorées. Purement et simplement ignorées. A dessein ? Il serait quasi-impossible de prendre en compte ces thématiques sans retenir une seule production d’un organe de presse réputé proche de l’opposition pour une des cinq places. Des thématiques quasi-inexistantes -ce n’est qu’un euphémisme-, dans les choix des sujets au niveau des médias d’Etat.

Nous donnons entièrement raison à ce membre du jury qui avant la proclamation des résultats, a préféré parler de désolation en perspective chez certains en lieu et place de déception ! Pour nous autres, c’était effectivement un sentiment de désolation. Sur toute la ligne. Félicitations tout de même aux lauréats désignés.

Meursault A.

Source : Liberté N°2669 du 08 mai 2018

27Avril.com

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