Togo, Transports urbain et péri urbain : Les tricycles, un mal nécessaire ?

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Togo, Transports urbain et péri urbain : Les tricycles, un mal nécessaire ?

Depuis quelques années déjà, le secteur des transports au Togo a enregistré un nouvel élément. L’invasion des tricycles. S’ils aident énormément à faire les transports lourds, notamment dans le secteur du commerce, ces engins à trois roues sont également sources de polémique. Surtout au regard de l’étendue des dégâts qu’ils causent sur les routes de Lomé et de l’intérieur du pays.

Les routes togolaises et engins à deux et trois roues

Le 3 août 2018, le ministère togolais de la Sécurité et de la protection civile et celui des Transports et des infrastructures ont rendu public, le bilan de la Sécurité routière du premier semestre 2018 au Togo. Dans l’ensemble, la situation de la sécurité routière dans le pays reste inquiétante, dans la mesure où selon ce rapport, la route continue de faire plus de victimes. Ceci, malgré toutes les campagnes de sensibilisation et initiatives entreprises à divers niveaux pour contrôler la situation.

De façon spécifique, on retiendra de ce rapport semestriel, 286 décès et 3817 blessés. Soit, une hausse par rapport aux chiffres du second semestre 2017. D’après ces statistiques, les accidents et décès sont essentiellement causés par des accidents de circulations dont la plupart sont enregistrés chez les conducteurs d’engins à deux roues. Toutefois, l’on pourra étendre cette catégorie d’engins aux tricycles qui abondent ces temps-ci à Lomé, avec les mêmes réalités que celles des engins à deux roues.

Excès de vitesse, conduite en état d’ébriété, non-respect ou absence de port de casques, de ceintures de sécurité, mauvais état des engins, téléphone au volant, défauts techniques de diverses natures sont entre autres causes des cas d’accidents dont sont à l’origine, ces tricycles qui pourtant, sont également d’une grande utilité aujourd’hui.

Avantages et risques

En effet, ces engins présentent deux visages, à la fois avantageux et moins sécurisant. C’est un secret de polichinelle que ces types de voitures servent aujourd’hui dans les ménages, dans le transport et le convoiement des biens et des personnes. Elles servent également, dans le commerce, au transport du bétail, des lieux d’élevage au marché. Bref, elles allègent la tâche à nombre de personnes, non seulement dans les milieux urbains et péri urbains, mais aussi et surtout dans les milieux ruraux, notamment dans les champs, pour le transport des récoltes.

« Avec l’arrivée des tricycles à Lomé, nous constatons une recrudescence des cas d’accidents. Ces engins sont souvent laissés aux gens qui ne disposent pas de permis de conduire. Tout ceci, ajouté aux laisser-aller et à la légèreté dans la conduite ouvrent les portes aux accidents qui pourront être pourtant évités, s’ils se prenaient plus sérieux », a pesté Nicolas, infirmier, 42 ans. «Aujourd’hui, j’éprouve moins de difficultés à acheminer mes marchandises vers le magasin. Hier, c’était avec les charrettes. Mais avec les tricycles, c’est plus facile. Beaucoup mieux. D’ailleurs plus avantageux », nous a confié Jeanne, 35 ans, commerçante à Lomé. Toutefois, le fait de disposer d’un seul phare rend risqué son usage, à la tombée de la nuit, et surtout lors des croisements. «Les tricycles sont utiles et très usuelles aujourd’hui. Seulement que quand vous roulez la nuit, au croisement d’un tricycle, vous croirez à une moto. Et comme la caisse est plus large derrière, une moindre inattention peut causer un accident», a expliqué, Kodjo, 40 ans, enseignant. Mais que faire ? Ce dernier a également une idée. « A défaut de recycler ce modèle en le dotant désormais de deux phares, je crois qu’il serait mieux de les doter des clignotants qui, dans la nuit, indiqueront les bords de l’engin. Cela évitera beaucoup, à mon sens, les collisions auxquelles nous assistons très souvent», a-t-il préconisé.

Un mal nécessaire… Mais veiller au grain

Aujourd’hui, le constat est patent. Les tricycles, au regard de la double facette qu’ils présentent, sont vraisemblablement un mal nécessaire. Toutefois, il revient à l’Etat de veiller à ce que ces engins qui participent à réduire les tracasseries dans le transport ne se transforment pas finalement en véritable tombeau roulant. On également en souvenance, le triste souvenir de 25 décembre 2015 où une famille de 6 personnes dont le père succombait, quand leur engin finissait son trajet dans les ravins du Rond-point port. La vie humaine étant sacrée, le jeu en vaut vraiment la chandelle. Et chacun doit jouer sa partition.

Cyrille Pessewu

Source : Fraternité

27Avril.com

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