Togo, Sokodé : Des jeunes convoqués par le chef canton et sommés de payer 22 000 FCFA comme « droit de convocation » !

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Togo, Sokodé : Des jeunes convoqués par le chef canton et sommés de payer 22 000 FCFA comme « droit de convocation » !

Des jeunes du canton de Sokodé sont convoqués ce matin par le chef canton, Ouro-Akoriko Ali. Il leur serait reproché d’avoir refusé de participer à une réunion du parti UNIR qui a eu lieu samedi dernier dans la localité. Dans la convocation, le chef canton leur demande de se munir d’une somme de 22.000 francs CFA.

Le harcèlement contre les militants et responsables du Parti national panafricain (PNP) se poursuit. Ce mardi 02 octobre 2018, certains jeunes ont rendez-vous avec le chef canton de Sokodé, Ouro-Akoriko Ali. La cause de cette convocation est qu’ils sont soupçonnés d’avoir démobilisé les populations alors que des cadres du RPT-UNIR étaient dans la localité pour échanger avec les habitants. « C’est le samedi 29 septembre 2018 que les gens de l’UNIR sont venus à Bowounda pour parler aux populations. Ils ont dit qu’il s’agissait d’une réunion de sensibilisation. Seulement, les gens ne sont pas sortis pour les écouter, surtout les jeunes de la localité. C’est une poignée de personnes qu’on a vues là-bas », explique une source locale.

Le boycott de cette réunion a été considéré comme affront au parti au pouvoir. Le lendemain de cet échec cuisant, une convocation a été adressée aux jeunes de la localité. Le chef canton de Sokodé les soupçonne d’avoir démobilisé les populations en les persuadant de boycotter la rencontre avec les cadres du parti au pouvoir. En effet, nous avons reçu copie de la convocation envoyée aux jeunes. Le papier ne précise pas les raisons de cette invitation surprise. « Le chef du village était furieux contre les jeunes. Il les a convoqués chez le chef canton qui leur a directement envoyé des convocations. Ils sont considérés comme responsables de l’échec de la mission des cadres de l’UNIR dans la localité. Ces jeunes sont en droit de refuser de s’associer à tout événement qui ne répond pas à leurs aspirations. Nous aspirons à vivre dans un pays démocratique et personne ne peut forcer son prochain à participer à une réunion politique », poursuit la source.

Ce qui étonne le plus dans cette affaire, ce n’est pas tant le zèle légendaire de ces responsables traditionnels locaux. Au Togo, certains chefs de village ou de canton, préfets et CB agissent comme des seigneurs. Ce qui attire l’attention, c’est que sur la convocation, il est indiqué que les personnes convoquées doivent se présenter avec une certaine somme. « Vous venez avec une somme de 22.000 francs le jour-là. Comme droit de la convocation », a précisé le chef canton dans sa convocation.

Togo, Sokodé : Des jeunes convoqués par le chef canton et sommés de payer 22 000 FCFA comme « droit de convocation » !

Nous avons contacté le chef canton de Sokodé, dans le souci de comparer les versions de cette affaire. Dès le début de l’entretien téléphonique, il a dit ne pas nous connaître et qu’il ne peut par conséquent parler de l’affaire. Pourtant nous avons décliné notre identité. Il a estimé que s’il doit y avoir échanges, cela doit se faire face à face.

Pour de nombreux observateurs, derrière cet acharnement se cache l’envie du régime de taire toute voix discordante dans les localités du nord du pays ou celles considérées comme fiefs du régime. Il y a quelques semaines, une réunion hebdomadaire du PNP avait été violemment dispersée à Togblékopé. Voici ce que Sami Tchak, écrivain de renom, a écrit à ce sujet. « UNIR c’est le parti au pouvoir, émanation du RPT, au pouvoir père puis fils depuis 1967. Le PNP c’est l’un des partis de l’opposition. Hier, des cadres du parti au pouvoir se sont rendus dans mon village pour une réunion avec les habitants de cette localité, Bowounda. Dans mon village, Bowounda, il y a une cellule du PNP, donc de ce parti de l’opposition. Et dans mon village, Bowounda, samedi, peu de personnes sont sorties des maisons pour écouter les représentants du parti au pouvoir. Alors, hier dimanche, des responsables de la cellule du PNP de mon village Bowounda, dont mon propre petit frère Assoumanou Tchakoura, ont reçu une convocation. Oui tenus pour responsables de l’échec de la mission des cadres du parti au pouvoir, ils sont convoqués chez le chef canton de Koma, chez le roi de Koma, l’empereur des Tem, pour s’expliquer. Sur la convocation, il est précisé : “Vous venez avec la somme de vingt-deux mille francs ce jour-là. Comme droit de la convocation”. J’ai préféré considérer cela comme une de ces farces dont sont capables quelques zélés qui prétendent agir au nom du pouvoir. J’ai dit à mon petit frère de déchirer cette convocation, à tous les autres jeunes hommes de mon village, Bowounda, de ne pas se rendre à Koma, de considérer cette convocation comme une farce, donc de s’occuper des choses sérieuses : ce qu’ils font chaque jour pour tenter de survivre ».

Géraud A.

Source : Liberté

27Avril.com

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