Togo / SNPT : le personnel dénonce les retraités maintenus à leurs postes et les conditions de travail

Le personnel de la SNPT (Société Nationale des Phosphates du Togo) continue d’exiger de la part de la Direction Générale de meilleures conditions de travail et de vie. Après la trêve de deux (2) années suite aux restrictions imposées par la crise sanitaire due à la COVID-19 et l’accalmie observée sur le plan social, il ; relance les revendications avec un cahier de charge transmis à la Direction le 1er mai 2022. Après avoir noté avec satisfaction certains investissements, notamment la mise à disposition du personnel des équipements de protection individuelle, la gratification complémentaire de 25 000F CFA, le renforcement des effectifs par de nouveaux recrutements, l’achat de huit (8) dumpers, deux (2) pelles retro de grande capacité quatre (4) tombereaux, deux (2) pelles retro de moyenne capacité et deux bandes…

Les nouvelles revendications du personnel

Le personnel, en dehors des efforts, a remis sur le tapis une liste de revendications. Les points se déclinent ainsi: la reprise des versements des primes de production et de rendement; la revalorisation des indemnités de transport et de logement ; l’application des résultats de l’évaluation annuelle du personnel à la fin du mois de janvier de chaque année vu la prise en compte de celle-ci par l’informatique ; les mesures tendant à inciter au transfert de compétence pour éviter le maintien au poste des travailleurs admis à la retraite ; l’équité dans la fixation des rémunérations ( le problème des sursalaires qui crée une forme de discrimination salariale) nécessitant une revalorisation de la grille salariale ; l’équité et la transparence dans le processus de recrutement ; la reprise de la visite médicale annuelle ; le recrutement de deux ( 2 ) médecins du travail ; l’approvisionnement des produits de premiers soins dans les infirmeries ; la mise en service de l’infirmerie du siège de Dagbati ; l’achat d’une nouvelle ambulance pour Dagbati ; l’achat d’un camion d’incendie pour la mine ; la réfection des clôtures de la cité et du carreau des mines de hahotoé ; la promotion des chefs sections ayant fait plus de vingt ans à leurs postes ; l’implication effective des délégués du personnel dans la gestion des œuvres sociales ; la régularisation du personnel occasionnel qui accumule plus de 15 ans d’ancienneté ; la réfection et l’agrandissement des parkings ( mine et usine) ; la création d’un cadre d’échanges sur la motivation et la fidélisation du personnel afin d’éviter les nombreuses démissions enregistrées depuis quelques années , etc.

En dehors des cadres qui se taillent des salaires hors normes, les autres agents de la SNPT sont dans une situation pas assez reluisante. A la SNPT, le salaire de base d’un manœuvre est de 43 000 FCFA dans une mine, celui d’un ingénieur est à 251 000 FCFA. La SNPT dispose d’un seul médecin pour 1400 agents permanents et 500 occasionnels donc environ 2000 travailleurs, alors que l’OMS recommande un médecin pour 500 travailleurs. Il y a aussi le phénomène appelé sursalaire accordé aux nouveaux ingénieurs au détriment des plus anciens dans la société. Toute cette situation crée des frustrations au sein de la société et impacte le rendement des agents. Pendant que les agents sont dans des conditions difficiles, les cadres de la société s’octroient des salaires mirobolants.

La juteuse prolongation des retraités

Pendant que les agents continuent de revendiquer les meilleures conditions de vie et de travail, au sommet de la pyramide, les cadres se taillent de très bonnes conditions et, le plus scandaleux, même à la retraite. Le Directeur Général Michel Abalo Kezié est admis à la retraite depuis décembre 2020. En principe, il ne devait plus être à la tête de la SNPT. Cela fait plus de deux ans qu’il continue de gérer la société après avoir encaissé ses droits à la retraite. Avant sa retraite, Monsieur Michel Abalo Kezié avait un salaire de 8 millions de francs CFA. Alors qu’il bénéficie d’une pension de 3 millions, il reçoit depuis 2020 un acompte de 10 millions de francs CFA. Assez surréaliste voire scandaleux. Il n’est d’ailleurs pas le seul dans cette situation. Il a fait signer des contrats à d’autres retraités qui gagnent, à ce jour, le double du salaire qu’ils avaient avant. Parmi ces cadres retraités qui sont maintenus à leurs postes par de nouveaux contrats, on dénombre au moins 5 dont les salaires vont de 1 500 000 Fcfa à plus de 2 millions. Par cette méthode de contrat à des retraités, on empêche délibérément les jeunes cadres de prendre la relève et ces derniers s’inquiètent de cette obstruction dans leur plan de carrière. La gestion de la SNPT est à l’image de l’ensemble du pays et personne ne veut prendre ses responsabilités pour remettre l’ordre, même pas le conseil d’administration avec à sa tête Ignace Clomegah depuis 2012.

Source : L’Alternative / presse-alternative.info

Source : 27Avril.com