Togo – Rentrée scolaire en plein covid-19 : De l’électricité dans l’air !

L’année scolaire 2019-2020 qui a été très particulière en raison de l’apparition de la maladie à virus Corona a connu son épilogue avec l’annonce des résultats du baccalauréat deuxième partie. Dans quelques jours, débutera une nouvelle année scolaire et déjà, parents et enseignants s’activent ça et là.

Seulement, la grosse surprise, c’est que les classes reprendront dans les mêmes conditions qu’elles s’étaient fermées en mars dernier alors que notre pays ne comptait qu’environ une dizaine de cas positifs au covid-19. Afin d’éviter une contamination à grande échelle, notre pays avait décidé de la fermeture les écoles durant près de trois mois avant de ne rouvrir que les classes d’examens pour 6 semaines.

Les principales raisons évoquées étaient le respect des mesures avec en ligne de mire le respect des mesures de distanciation sociale quand on sait que les écoles togolaise sont plus remplies qu’un œuf.

A quelques jours d’une nouvelle rentrée scolaire, quelle est l’État des lieux ?

Sans le moindre risque de se tromper, les élèves togolais retrouveront leurs classes sans aucun changement majeur en matière de respect des mesures barrières en dehors de quelques bavettes de mauvaise qualité qui pourront leur être distribuées, du gel hydroalcoolique et peut-être des dispositifs de lavage de mains qui seront disponibles dans certains établissements. Encore faut-il rappeler que l’eau reste l’élément indispensable pour l’hygiène alors que dans bon nombre de nos écoles, elle est une denrée rare. Quant au respect de la distanciation sociale, elle ne sera qu’une sinécure, car aucune classe n’a été construite, aucun banc n’a été confectionné et pas un seul enseignant n’a été recruté depuis l’apparition de la pandémie.

C’est donc pour dire que nos élèves vont se retrouver à 95 par salle comme dans l’une des classes de l’EPP sogbossito ou à 102 par classe comme au CEG Nassablé 2 de Dapaong.
Voilà en bref toutes les mesures prises par le gouvernement pour une rentrée apaisée et sécurisée que nous a promise le ministre de la communication il y’a quelques semaines sur la télévision nationale.

De qui se moque le gouvernement de Faure Gnassingbé ? On se souvient qu’après sa guérison du Corona virus, le ministre sortant des enseignements préscolaire, primaire et secondaire, Atcha Dédji Affoh, lors d’une sortie médiatique, avait annoncé que des appâtâmes améliorés étaient en construction et que des tables bancs étaient en confection mais. Jusqu’aujourdhui, si on peut supposer qu’il y aurait des tables bancs, ce n’est pas le cas pour les appâtâmes qui ne sont visibles nulle part même au microscope. En clair, et comme d’habitude, rien n’a été fait. C’est donc d’un département ministériel fumant qu’hérite le professeur Dodji Kokoroko.

De toutes les façons, le mercure monte du côté des enseignants car en dehors du fait qu’aucune mesure ne soit prise pour favoriser une rentrée sécurisé en plein covid-19, le gouvernement est resté incapable de remplir sa part du contrat qui le lie aux organisations syndicales dans le protocole d’accord signé en 2018. Au total, plus de deux milliards restent à octroyer aux enseignants qui ont fait preuve de bonne foi en conduisant dans le calme deux années scolaires successives malgré le non respect des engagements pris par la partie gouvernementale.

Depuis quelques semaines, les enseignants ont sorti un slogan: « pas de prime, pas de rentrée »; et le professeur Kokoroko a toutes les chances d’affronter une grogne sans égal avec ceux qui, pour la grande partie, il y a quelques années, étaient ses étudiants et qui déclarent être à bout de patience.

À suivre.

Robert DOUTI-

Source : icilome.com

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