Togo : Qui veut le changement ?

Chacun doit se poser en toute honnêteté cette question qui semble simple mais ne l’est pas.

Qui veut en réalité le changement ? En toute objectivité vous comprendrez nos incongruités.

Si c’était le Burkina, le Mali, le Sénégal ou ailleurs il y a longtemps que l’obscurité se serait éclipsée. Ce ne sont pas les occasions qui ont pourtant manqué.

N’ayons pas peur des vraies questions. Nous aimons couvrir les gravités et banaliser les tragédies.

Prenons chaque compartiment de ce pays. Qui veut réellement le changement ?

Prenons 10 familles. Combien de familles ne sont pas liées à la dictature de gré ou de force ? Par amitié, par mariage, par ésotérisme, par la religion, par la politique et d’autres accointances ? Il y en a, mais très peu.

Après 54 ans, ce système a incrusté toutes les couches et nous a enlevé l’amour du pays.

Se contenter d’un petit privilège, d’un travail , d’un petit chez et la vie est belle. Notre crédo. Résultat des courses, engagement à minima, engagement sur la base des émotions, des amitiés, des accointances quitte à s’assoeir sur les principes basiques.

Nous ne sommes que 8 millions. Posons nous les vraies questions. Nous aurons des ennemis mais demain même s’ils ne nous donnent pas raison ils sauront que nous avons su interroger très honnêtement nos consciences.

Prenons quelques corps de métier, combien veulent le changement ?

La fonction publique où les gens se savent n’être là que par militantisme ou leur appartenance à une partie du pays, par piston et non forcément par mérite ? Les enseignants sont un exemple patent. Quels intérêts des gens qui se savent ne pas être à leur place ont à vouloir le changement quand on sait que la démocratie a une exigence de mérite ?

Les avocats ? Sur 10, combien sont indépendants et sans attache avec le régime ?

Ceux qui ont pignon sur rue sont au service de la tyrannie, gérant patrimoines immobiliers et princiers et sont Crésus. Pensons nous qu’un tel profil veut la fin de la tyrannie ? Ceux qui n’ont pas pignon sur rue veulent l’être à tous les prix et en attendant ont oublié la veuve et l’orphelin.

Les médecins ? Ils sont victimes et otages consentants. Les quelques syndicalistes qui ont donné espoir il y a quelques années se contentent de subir pour éviter les représailles ou ont fait leur mue vers le trône. Et pourtant le secteur de la santé est une tombe.

Les médias, les journalistes ? A part quelques spécimens qui résistent, 90 % roulent pour le trône. Un corps de métier qui a fait beaucoup de mal à ce pays malgré tout le bien qu’il a eu à faire par le passé à la faveur du soulèvement du 05 octobre 1990. La presse est devenue un artisan du renforcement du trône avec une omerta voulue pour éviter les représailles. Chacun voulant préserver ses avantages. Ça roule carrosses et cylindrées. C’est avec un exemplaire de papier journal de 250 FCFA qu’on s’offre un tel train de vie? Quel intérêt un tel profil a à s’activer pour le changement ?

Les parts politiques ? Un autre haut lieu de toutes les incongruités. Ce n’est pas la corruption dont ils sont taxés souvent à raison qui estomaque mais cette absence totale de responsabilité et de compassion pour le pays ainsi que le refus d’une remise en question des trajectoires fiasco sans oublier les relations séculaires entre eux et le régime qui les ont fragilisé et décrédibilisé au fil des ans.

Une tyrannie ne gagne aucune élection elle ne peut que voler, mais ces rendez vous électoraux dans un contexte de non droit alors même que la classe politique a les moyens limités sont une occasion de prendre le tyran à son propre jeu. Hélas nous avons opté faire plutôt le jeu du tyran. Dans quel objectif ? Mystère.

Les activistes? Chaque courant politique tire les siens de son côté. Ça avance frein en main avec des arguments alambiqués du genre « couper la poire en deux ». Refus volontaire de s’affranchir et de s’assumer.

Le clergé ? Sa position ne fait plus de doute. Il aime les forts. Et il a réussi à se prélasser dans un paradigme non sens d’intouchabilité qui hypnotise une bonne partie de la masse et pourtant ailleurs le clergé appelle un chat un chat et non un animal qui miaule.

Les chefs traditionnels, ils sont au service du trône depuis belle lurette et leur conscience ne les gêne plus.

Les exemples sont bien légions.

Alors qui veut réellement le changement ?

Nous sommes bien spéciaux n’est ce pas ?

Que la providence veille sur chacun car personne n’est à l’abri.

Fabbi Kouassi / FB

Source : 27Avril.com

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