Togo, Présidentielle de 2020 : Le CAR dans la tourmente

Togo, Présidentielle de 2020 : Le CAR dans la tourmente

Dans la perspective de l’élection présidentielle, les candidatures se font de plus en plus nombreuses. Mais le Comité d’action pour le renouveau (CAR) n’a pas toujours pas encore annoncé le nom de son candidat. Selon nos informations, l’état-major du parti de Me Yawovi Agboyibo n’arrive pas à s’attendre sur le bon candidat.

L’élection présidentielle de 2020, c’est dans deux mois. A cet effet, certains partis politiques, mouvements citoyens ou des personnalités indépendantes ont déjà annoncé leurs candidatures. Ce sont celles de Dr Kodjovi Aubin Thon, responsable de l’ONG NOVI qui mène des actions sur le terrain depuis quelque temps, Pierre Ekué Kpodar, ancien fonctionnaire du Fonds Monétaire International (FMI) qui veut faire profiter son expérience au peuple togolais si, bien sûr, ce dernier lui accorde sa confiance, de Dr Christian Spieker, un Togolais vivant en Allemagne qui est revenu au bercail dans le cadre de cette présidentielle.

Parmi les leaders politiques, on a la candidature du président du Nouvel engagement togolais (NET), Gerry Taama, de celui de l’Alliance nationale pour le changement (ANC), Jean-Pierre Fabre, de Kodjo Agbéyomé du Mouvement patriotique pour la démocratie et le développement (MPDD) et de Innocent Kagbara du Parti démocratique panafricain (PDP).

Ce sont là les challengers du parti au pouvoir qui prend du temps pour annoncer le nom de son candidat. C’est aussi le cas du Comité d’action pour le renouveau (CAR). Mais pas pour les même raisons.

Brouille entre Jean Kissi et Me Yawovi Agboyibo

« Le CAR présentera un candidat pour la présidentielle de 2020 », c’est qu’a laissé entendre, il y a quelques semaines, l’un des responsables de ce parti politique. Mais depuis, plus rien. Pendant ce temps, le parti de l’ancien Premier Ministre, Me Agboyibo multiplie les communiqués pour exiger de meilleures conditions de transparences du scrutin.

Selon les indiscrétions, il y aurait « de profondes divergences au sein du parti » sur le profil du candidat pour l’élection présidentielle. Tout serait parti d’une déclaration du Président du parti des déshérités, Me Agboyibo qui a indiqué en substance que le CAR n’a pas de candidat naturel. Laissant, ainsi, le choix au bureau exécutif du parti de dénicher le bon candidat. Une sortie qui n’aurai vraisemblablement pas plu au Secrétaire Général et numéro2 du parti, Jean Kissi.

Selon certaines sources, l’ex-député « a très mal pris cette sortie du président. Tout simplement parce qu’il se considère comme son successeur. Donc, si le CAR doit présenter un candidat, il n’y a pas mieux que lui ». Et selon nos informations en guise de protestation, le Secrétaire Général se fait rare aux réunions du parti. « Pour lui, c’est un affront », a ajouté notre source.

Dans une tribune publiée dans plusieurs médias fin novembre, Jean Kissi n’a mentionné qu’une seule fois le nom de son parti. Mieux, il a signé sa tribune en tant qu’ancien député et Conseiller municipal de Golfe 5. Alors, pourquoi n’a-t-il pas fait mention de son poste de Secrétaire Général du CAR ? Selon un observateur avisé de la scène politique togolaise, Jean Kissi qui « se voyait légitimement successeur de Me Agboyibo, 75 ans, revenu de « sa retraite politique » en 2016, est dans l’impasse ». « Ses camarades de lutte comme Brigitte Adjamagbo-Johnson qui a pris la tête de la CDPA en étant longtemps numéro de Léopold Gnininvi, lui a certainement donné des raisons de croire à une passation complicité du témoin entre lui et le bélier noir qui a été son mentor depuis le campus universitaire. Normal ! dira l’autre puisque les secrétaires généraux sont toujours les vrais porteurs de l’âme d’un parti politique. Un peu comme Jean-Pierre Fabre qui a succédé indirectement à Gilchrist Olympio chez les revanchards. 2020, c’est le moment idéal.

Sur les traces de Apévon ?…

Ça doit cogiter en ce moment dans l’esprit du protégé de Me Agboyibo qui doit se poser des questions sur les réelles intentions de son mentor. En effet, on se souvient de ce come-back évoqué plus haut par l’ancien Premier Ministre en 2016, pour reprendre «sa chose» après avoir cédé la place à Me Dodji Apévon en 2008. Après la longue crise qui a opposé les deux hommes, Apévon a créé son parti, les Forces démocratiques pour la République (FDR) rejoint par plus de la moitié des cadres du CAR.

Quelques semaines plus tard, Me Yawovi Agboyibo a signé son retour à la tête du CAR en grande pompe. Il est évident que le bélier noir de Kouvé a du mal à passer la main. Et connaissant, l’avocat de Kouvé, il peut se trouver candidat à cette élection.

A contrario, au-delà des intentions de successions qu’on lui prête à la tête du CAR, l’ex-député a appelé dans sa tribune publiée à la semaine dernière à une unicité de candidature. Une solution légitime et réaliste selon lui pour donner la chance à l’alternance en 2020. Une position qui s’oppose de façon surprenante à celle dictée par le gourou de son parti et mentor personnel Yawovi Agboyibo.

Kissi, dans sa sortie se retrouve aujourd’hui qu’il le veuille ou pas dans la même posture que Apevon en 2016. Approché, l’ex-député de Vo confie que sa proposition va au-delà de sa personne et il ne veut point passer par-là pour prêter flanc à quelque polémique que ce soit qui le mettrait en front avec le bélier noir.

Tout compte fait, il se révèle aujourd’hui qu’entre les valeurs enseignées au CAR et la philosophie profonde d’Agboyibo, il y a un abysse.

Source : Fraternité N°339 du 04 décembre 2019

27Avril.com

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