Togo-Pétition contre le recensement suspect de la diaspora

Dans un environnement politique, économique et social de plus en plus globalisé, la diaspora togolaise, à l’instar des diasporas des autres pays d’Afrique, est appelée à jouer un rôle important dans le développement et le rayonnement du Togo.

Toutefois, une série d’actions et de mesures inappropriées engagées par les autorités publiques togolaises empêchent la diaspora togolaise de participer pleinement à la construction nationale.

1. QUELQUES ATTEINTES GRAVES AUX DROITS DES TOGOLAIS DE L’EXTERIEUR

En dépit des discours officiels, la diaspora togolaise fait l’objet de mépris, d’harcèlement voire de persécution par les autorités publiques togolaises.

La criminalisation de la diaspora s’observe, entre autres, à travers les actes suivants :

1.1. Les taxes douanières multiples et prohibitives qui frappent aveuglement des effets personnels usagers et qui s’apparentent à une véritable campagne d’extorsion de fonds ;

1.2. Les tracasseries et complications administratives subies par la diaspora pour pouvoir se faire délivrer des documents auprès des représentations diplomatiques du Togo ;

1.3. Les restrictions administratives visant à priver la diaspora du droit de vote et d’éligibilité en violation de l’article 21 de la Déclaration Universelle des Droits Humains (DUDH) ;

1.4. La mise en place, dans une grande opacité, d’un Haut Conseil des Togolais de l’Extérieur (HCTE) sans prendre en compte les observations et objections légitimes formulées par la grande majorité des Togolais de la diaspora ;

1.5. Les harcèlements, les menaces, les poursuites en justice, les emprisonnements et les tortures en détention dont fait l’objet les Togolais de l’extérieur en raison de leurs opinions politiques ;

2. LA NECESSITE DE RESTAURER LA CONFIANCE AVANT TOUT RECENSEMENT

En raison des harcèlements, intimidations, menaces, représailles, arrestations et détentions abusives dont sont victimes les Togolais de l’extérieur un climat de méfiance et de défiance s’est installé entre la diaspora et les autorités publiques togolaises et menace de s’aggraver.

C’est dans ce contexte de rupture de confiance que les autorités publiques ont lancé une campagne de recensement dont les objectifs officiels sont loin de convaincre et de rassurer la diaspora.

Voici quelques interrogations qui fondent les doutes et réticences légitimes de la diaspora :

2.1. Comment les autorités publiques togolaises qui peinent à créer des emplois à la jeunesse togolaise peuvent-elles prétendre aider la diaspora à se réaliser professionnellement dans leurs pays d’installation ?

2.2. Que comptent faire les autorités publiques togolaises avec autant de données sur la vie privée et intime demandées à la diaspora dans le cadre d’un simple recensement ?

2.3. Quelles sont les garanties offertes à la diaspora en cas d’utilisation abusive ou de détournement des données collectées dans le cadre du recensement en cours ?

2.4. Pourquoi avoir exclu du champ du recensement actuel l’opportunité de constituer une base de données fiable pour garantir la transparence d’éventuels processus électoraux impliquant la diaspora ?

3. QUELLES SONT LES VRAIES PREOCCUPATIONS DE LA DIASPORA TOGOLAISE ?

La volonté des autorités publiques togolaises d’associer et d’impliquer la diaspora dans l’œuvre de la construction nationale est une ambition noble et salutaire.

Toutefois, une série d’actions concrètes devraient être engagées préalablement pour rassurer cette diaspora.

Il s’agit notamment de :

3.1. Mettre fin aux harcèlements administratifs, à la rage taxatoire de l’OTR (Office Togolaise des Recettes) et aux persécutions judiciaires dirigées contre des Togolais de la diaspora ;

3.2. Libérer tous les Togolais de la diaspora incarcérés pour leurs opinions politiques ainsi que tous les autres prisonniers politiques au Togo ;

3.3. Réformer le HCTE (Haut Conseil des Togolais de l’Extérieur) pour en faire un véritable outil d’inclusion et de cohésion d’une diaspora riche de sa diversité de compétences et de sa pluralité d’opinions ;

3.4. Lever les restrictions constitutionnelles et institutionnelles au droit de vote et d’éligibilité de la diaspora togolaise ;

3.5. Faciliter la réconciliation et la cohésion nationale en ordonnant la suspension des poursuites judiciaires engagées contre tous les Togolais qui ont été contraints à l’exil politique.

Source : icilome.com

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