Togo / Opération de désencombrement du Golfe 5 : Aboka, en toute inhumanité…

Le Maire du Golfe 5 Kossi Aboka a procédé à une opération de désencombrement des trottoirs le 25 octobre dernier. Il s’agissait pour lui de libérer les abords des routes depuis le rond-point Atikoumé, Avénou, Lomégan et Agbalépédo Groupe A.

Protéger les infrastructures routières et libérer les trottoirs pour le passage des piétons est le mobile ayant motivé l’ex-Président de la Délégation Spéciale de la Préfecture du Golfe et de la Préfecture d’Agoè-Nyivé. Mais pas que, car les causes sont autrement plus financières.

« La Banque Mondiale nous a récemment envoyé une délégation d’experts pour nous sensibiliser sur la nécessité d’entretenir nos routes au risque de perdre tout autre financement. C’est pourquoi tout le conseil municipal s’est mobilisé pour dire non à l’occupation illégale des routes », a justifié l’homme qui s’était accompagné d’une équipe de forces de l’ordre, de Comités de développement de quartier (CDQ) et de Comités villageois de développement (CVD) et de certains responsables de la mairie. L’opération ne s’est pas faite sans des véhicules de levage et de manutention réservés aux lourdes charges.

Aboka, en toute inhumanité

Il faut être dénué d’humanité pour ne pas compatir aux pleurs et crises que cette démolition d’installations manu militari a suscitée au sein de ces citoyens pour qui ces conteneurs acquis à coût de bagatelles les protégeaient des marasmes économiques toujours aux affûts dans un pays où beaucoup trouvent leur salut dans l’informel. Pour Aboka, il fallait les déguerpir sans autre forme de procès, et cela malgré les papiers présentés au maire, lesquels documents attestaient de l’autorisation que ces citoyens ont obtenue pour travailler sur les lieux.

Qu’importe, celui qui se croit le Hannibal des temps modernes n’en démord pas. Revenant à la charge le 28 octobre, l’homme n’a pas regretté ses actes, et a même balayé d’un revers de main le grief d’avoir fait chasser des gens de la Commune de Golfe 7, ressort territorial du maire Aimé Djikounou : « Nous n’avons pas agi dans une commune autre que la nôtre. Aujourd’hui, il est question que nous organisons la ville. Et c’est cet engagement que nous avons pris en promettant aux populations de donner à notre commune, une image urbaine. Et en amont, nous avons fait beaucoup de sensibilisation contre l’occupation illégale des chaussées », a-t-déclaré, sans manquer de préciser qu’avant l’opération de désencombrement, « nous avons fait plus de dix (10) rencontres avec les populations pour les amener à comprendre que les voies publiques ne sont pas des marchés pour installer les marchandises. L’État débourse beaucoup de milliards pour faire les voies publiques. Donc c’est notre obligation de protéger les ouvrages que l’État est en train de faire ».

Nous sommes d’accord que la route ne saurait faire office de marché aux citoyens. Mais ça ne suffit pas pour faire appel aux bras tendus et aux zélateurs qui ont soif de démolir pour démolir et réduire littéralement ce qui constitue des sources de revenus aux honnêtes gens. Réduire à néant des mois d’efforts des gens, au motif que la capitale doit être la vitrine d’un pays où l’urbanisation des villes est à mille lieues de celle d’autres contrées, voilà qui s’apparente à du zèle, sceptre de gouvernance d’Aboka qui, fait ubuesque a conservé ses vieux réflexes de président de Délégation Spéciale de la Préfecture du Golfe. A l’époque, les actions de cette calamité des populations ont moins aidé les citoyens que contribué au chaos et à la désolation. Le fier-à-bras d’Aboka oublie que les gens dont il a fait détruire les installations paient régulièrement leurs taxes.

Il peut se pourlécher les babines d’avoir privé des dizaines de Togolais de leur gagne-pain avec sa sulfureuse idée d’urbanisation qu’il veut faire passer sous couleur de financement de la Banque mondiale. Pour sa gouverne, la Banque mondiale n’a jamais préconisé la propreté des villes aux dépens des plus pauvres.

Kossi Aboka demande aux victimes qu’il a faites d’aller mener leurs activités dans des marchés, comme si avoir une place au marché se fait en un claquement de doigts. Comment ne pas basculer dans la délinquance, le banditisme et les vices de toutes sortes quand, du jour au lendemain, on se trouve privé de son gagne-pain, aussi minime soit-il ? S’il faut être maire au prix des traumatismes créés au sein des populations, Aboka Kossi peut être fier d’avoir rempli sa mission.

Sodoli Koudoagbo

Source : Le Correcteur / lecorrecteur.info

Source : 27Avril.com

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