Togo : Médias, hypocrisie et larmes de crocodile

Le lien de solidarité et d’honnêteté est ce qui caractérisait l’africain dans un passé récent. L’homme ne manifeste aucune crainte devant son semblable même si ce dernier n’est pas issu de sa famille biologique. C’est dans cet engouement que nos ancêtres ont évolué. Mais aujourd’hui, cette valeur semble rentrer dans le néant et la société humaine a connu une métamorphose. Quoi de plus normal que de cultiver l’harmonie et la synergie dans un même corps de métier. Les départs prématurés de certains confrères viennent de lever le voile sur certaines observations que nombre d’esprits éclairés ont tenté de porter au goût du jour dans le landerneau de la presse privée togolaise. Cela conforte la position de quelques journalistes Directeurs de Publication de leur état, de s’abstenir à l’intégration de toute organisation de presse. Les réalités donnent raison à ces derniers puisqu’il ne sert à rien de se bomber le torse qu’on est membre de telle ou telle organisation et ne pas bénéficier du même traitement. Que d’hypocrisie et du leurre, le tout agrémenté d’un tintamarre qui ne profite qu’aux ‘’tout puissant’’ président des organisations de presse et leurs sbires. Les sollicitations des journalistes aussi bien par les structures étatiques que privées, n’ont été que le fruit d’un copinage qui ne dit pas son nom. Comment se haïr en tant que membre d’une même association ou organisation de presse ? Peut-on dire aujourd’hui que les communiqués que les organisations de presse essaient de pondre à chaque moment où l’un des leurs est en difficultés professionnelles devant nos autorités ne sont que le fruit d’une hypocrisie mal cachée ? Depuis le décès du Directeur de Publication du journal ‘’Fraternité’’, le voile semble tomber sur certaines mauvaises pratiques de la presse togolaise. C’est d’ailleurs ce qui justifie la méfiance de nombre de confrères journalistes qui préfèrent rester dans leur coin histoire de protéger leur vie. Même si certains taxent ces confrères d’égoïstes, c’est de bonne guerre. Puisqu’il est difficile à un être pensant de faire la compagnie de son semblable déguisé en lézard. La corporation des journalistes au Togo s’assimile à ce que l’on peut qualifier de temple du diable. C’est d’ailleurs vérifié qu’au Togo, les journalistes ne peuvent pas s’associer pour une cause noble pour un devenir de leur profession. C’est donc sans compter avec la mauvaise foi qui va caractériser les alliances tant souhaitées et chantées par le gouvernement pour muer les journaux en entreprises de presse. Dans quelle atmosphère les professionnels des médias peuvent-ils s’associer pour une réelle société de presse ? Il est observé ici et là, une sorte de clan au sein des différentes organisations de presses où les annonces sont octroyées selon le critère d’affinité. Au-delà des annonces et publicités, il est remarqué une sorte de haine ou de deux voire trois blocs selon l’idéologie prônée par chaque journaliste. Vignon Kossi Joël Egah, feu Directeur de Publication du journal ‘’Fraternité’’, personne ne savait pas que ses analyses et ses prises de position sur certains sujets liés au quotidien gênaient ses détracteurs et même certains confrères de la corporation. Jusqu’au soir de sa vie, ce dernier est resté ennemi de certains patrons de presse. C’est quand même curieux et déplorable un tel agissement venant des éclaireurs du monde, la voix des sans voix. En tout cas, nombre de personnes se sont sentis mal à l’aise ironiquement lorsque la nouvelle sur le décès inattendu de Joël Egah s’est propagée comme une traînée de poudre. C’est quand même curieux d’appartenir à une même organisation de presse et se vautrer dans une sorte de méfiance totale. Oh, les organisations de presse semblent être classées parmi les organisations criminelles au Togo. Cela n’augure pas du tout une bonne image. Dans ses analyses, on entend de la voix de Joël Kossi Vignon Egah, un mélange de fierté et d’appréhension. La fierté du journaliste d’enquête qui constate que son travail dérange les plus puissants du pays. Au cours des années qu’il a passé sur terre, il a su jouer ses deux rôles de front à travers la manie de sa plume de façon objective en coordonnant le travail de son équipe rédactionnelle. Au lendemain de sa mort, un bain d’hommage a rempli les lignes de la majorité des médias aussi sincères que non sincères. Des révélations fusent de partout et faisant le schéma selon lequel, l’illustre disparu n’a été que l’enfant mal aimé par les siens. Tenez-vous bien, que le numéro de téléphone de Joël Egah est resté spammer dans le répertoire de certains journalistes togolais président d’organisation et patron de presse. Les raisons, il ne partage pas un même point de vue comme nous, il reste toujours trop droit dans ses bottes dans ses analyses et ne se laisse pas convaincre par qui que ce soit, ânonnaient certains envieux.
Que retenir aujourd’hui de la mort de ce jeune talentueux parti comme un agneau sacrificiel. Il serait parti livré par les siens dans la fleur de l’âge ? Il faut simplement noter qu’il est inutile de verser des larmes de crocodile après la mort d’un proche qu’on n’a jamais aimé de son vivant. Ne nous leurrons pas. C’est une réalité indéniable. Combien de fois Joël a avait besoin de notre affection , de notre attention juste pour soutenir sa rédaction et s’acquitter des lourdes charges d’un patron de presse à la togolaise ? Combien de fois ne lui a-t-on pas fermé la porte à une opportunité qui pouvait fait vivre sa rédaction et sa famille ? Ou avait-on snobé son journal pour ses analyses ? Les organisations de presse et certains animateurs de certaines émissions de grandes audiences sur des médias ont érigé des barrières infranchissables pour faire échec à ceux qui ne rentrent pas dans leurs schémas ou qui n’appartiennent pas à leurs clans. Ils sont toujours visibles dans les sphères des ministres et directeurs de sociétés tout en prenant soin d’écarter les autres.
Aujourd’hui le défunt laisse derrière lui 5 enfants et une veuve. Les prédateurs et oppresseurs placés à la tête des organisations de presse auront-ils la conscience libre devant ce lourd héritage laissé par Joël?
Au lieu de se verser dans une forme d’hypocrisie, les organisations de presses togolaises doivent plutôt revoir leur conduite vis-à-vis de leurs confrères journalistes encore qu’ils sont vivants vaut mieux de lancer des appels de fonds de part et d’autres pour une assistance à titre posthume. Ce n’est qu’à ce prix qu’une dynamique unitaire pourrait s’installer.
J’ai dit.
La Direction
228news.com

Source : 27Avril.com

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