Togo-Maxime Domegni : « Ferdi, tu m’as dit, Maxime, t’inquiète, je vais revenir »

Le confrère Maxime Domegni n’est plus à présenter. Sur sa page Facebook, l’ancien Rédacteur en chef du journal “L’Alternative” réagit par rapport à la décision du Procureur de la République au sujet de ses amis et collègues: Ferdinand Ayité, Joel Egah et Isidore Kouwonou. Lisez plutôt!

Tu m’as dit « Maxime, t’inquiète, je vais revenir ».

En 2017, tu étais aux États Unis, sur invitation du gouvernement américain pour une visite. Pendant qu’approchait ton retour, il était devenu très clair que les moyens étaient mis pour te « cueillir » à sa descente d’avion et t’envoyer en privation de liberté.

Plusieurs personnes t’ont demandé d’avorter ton retour. Je t’avais aussi suggéré de reporter ta date de retour pour qu’on voie clair avant que tu ne reviennes. Il m’a dit « Tu sais maxime, t’inquiète, je vais revenir ».

L’après-midi de son retour, avant même que l’avion Air France à bord duquel tu te trouvais n’atterrisse, l’aéroport était bouclé. Plus aucun piéton ne rentrait. Les véhicules étaient minutieusement fouillés. Un dispositif impressionnant d’engins militaires et d’agents de renseignement était déployé autour de l’aéroport. Tout ça pour toi.

Comme aujourd’hui, tout avait été préparé pour que tu sois arrêté comme un vulgaire malfrat, et qu’on te dénie ton statut de journaliste. Jusqu’à ce jour, je n’ai jamais su exactement ce qu’on te reprochait.

Ce jour-là, tu es rentré à Lomé. Tu es descendu de l’avion, tu as marché, brave, dans le hall; tu as passé la police, pris tes bagages et tu t’es dirigé vers la douane avant qu’on ne t’arrête et qu’on ne soumette à des heures de tribulations, dont tu triompheras, avec l’aide la pression internationale, avant de sortir tard la nuit.

C’était l’une des nombreuses péripéties que tu traverses depuis de longues années pour que justice et règne dans ton pays le Togo.

Menaces directes, indirectes, attaques horribles sur les réseaux sociaux par des faux-comptes qui défendent le régime en place, convocations à la gendarmerie, plaintes à la justice, suspensions de ton journal, privation de ressources (publicités), complots de toute sorte, etc.

Tout ça, Ferdinand Ayite, a échoué contre toi. Cette nouvelle épreuve aussi passera. Oui, Ferdinand, tu reviendras. Encore plus fort ! Il y a des prix que seul un Ferdinand comme toi est prêt à payer pour une meilleure gouvernance dans son pays. Tu t’en sortiras, ami et frère ! Isidore Kouwonou, Joel Egah, tes compagnons d’infortune et toi, vous n’êtes pas seuls !

Maxime Domegni

Source : icilome.com