Togo : Le sommet sur les faux médicaments boycottés par les chefs d’Etat

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Le sommet sur la lutte contre les faux
médicaments a pris fin samedi à Lomé, avec le lancement de « L’initiative
de Lomé ». Le moins qu’on puisse dire, c’est que la moisson a été maigre
pour Faure Gnassingbé. Seuls deux chefs d’Etat ont pris part aux travaux, les
autres ayant boycotté l’événement.

Quartier administratif bouclé et
sécurisé, déploiement important des forces de défense et de sécurité, survol
permanent du périmètre sécurisé par un hélicoptère… Les moyens ont été mis pour
rendre le séjour de nos hôtes paisible. Le vendredi 17 et samedi 18 janvier s’est
tenue à Lomé une conférence sur les faux médicaments. Une initiative de Faure
Gnassingbé.

Selon les rapports, le sommet sur la
lutte contre le trafic des faux médicaments s’est achevé avec le lancement de «
L’initiative de Lomé » dont le but est de renforcer et coordonner la lutte
contre le trafic de faux médicaments et autres médicaments de qualité
inférieure ou falsifiés. L’initiative vise l’introduction de nouvelles
législations pénalisantes, la ratification de certaines conventions existantes
et la mise en place de mécanismes. La création d’une Agence Africaine de
Médicaments a été annoncée à la fin des travaux et les chefs d’Etat présents
ont signé un appel à action pour le début de la riposte africaine du fléau des
faux médicaments.

Tout s’est bien passé et Lomé garde
encore son statut d’autoproclamé hub dans la région ouest africaine et sur le
continent. Enfin, presque. En effet, cette rencontre, au-delà des objectifs
officiels, avait pour but d’accueillir dans la capitale togolaise, plusieurs
chefs d’Etat africains et des chefs de gouvernement qui poseraient à
l’ouverture des travaux comme à la clôture aux côtés de Faure Gnassingbé.

Le
boycott des chefs d’Etat

Malgré tout le boucan qui a été fait
autour de l’événement, la montagne n’a accouché que d’une petite souris
infirme. D’abord les chefs d’Etat ont ignoré l’événement puisque sur la
cinquantaine de dirigeants et les sept (07) annoncés, seuls deux ont fait le
déplacement de Lomé. Parmi eux, le très « démocrate » président de la
République de l’Ouganda, Yoweri Museveni, à la tête de son pays depuis 1986,
soit 34 ans de pouvoir. Lors des élections de 1996, 2001, 2006, 2011 puis 2016,
il s’est toujours attribué un score officiel de plus de 60 % des voix. L’autre chef
d’Etat présent lors du sommet est le Sénégalais Macky Sall.

Si nous estimons que le président ougandais
est dans la même logique de pouvoir à vie que Faure Gnassingbé, le sommet de
Lomé n’a accueilli qu’un seul chef d’Etat démocratiquement élu. Le fils de
Gnassingbé Eyadéma n’a pas obtenu le ballet de chefs d’Etat dont il a rêvé. Les
autres chefs d’Etat ont préféré s’occuper ailleurs que de venir parler de faux
médicaments à l’initiative d’un homme qui, en dépit de tous les appels, a
décidé rempiler pour un quatrième mandat à la tête de son pays. Même les
voisins immédiats, notamment le Bénin, le Ghana et le Burkina Faso n’ont pas
fait acte de présence. Il en est de même de ceux qui sont considérés comme ses
soutiens dans la région tels que l’Ivoirien Alassane Ouattara et le Guinéen
Alpha Condé.  

Loin de voir dans le boycott du sommet
sur les faux médicaments un désintéressement des chefs d’Etat pour la santé de
leurs populations, il faut dire que c’est en réalité une désaffection vis-à-vis
de Faure Gnassingbé. Celui-là même qui a fait de la violation des droits de
l’Homme et de l’hypocrisie politique son modèle de gouvernance n’a visiblement
plus de soutien dans la région. Sinon, comment comprendre que c’est seulement
le Sénégalais et l’épave ougandaise qui ont daigné répondre à l’invitation de
leur homologue togolais ? Sûrement qu’ils savent que leur présence à Lomé
ne servira qu’à redonner de l’ampleur à la campagne électorale que mène Faure
Gnassingbé depuis qu’il a officialisé sa candidature pour un 4ème
mandat.

On peut également y voir une perte des
soutiens politiques de Faure Gnassingbé et une volonté des chefs d’Etats de ne
pas être présentés comme une caution pour son maintien au pouvoir. Même si avec
les chefs d’Etat, l’argent peut tout changer.

G.A.

source : Liberté

Source : TogoActu24.com

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