Togo: le Haut conseil pour l’emploi des jeunes déjà dans le tourment ?

Au gouvernement de dame Victoire Tomégah-Dogbé, on ne chôme pas. Les idées et initiatives, même si elles se révèlent stériles, affluent comme les flots d’un fleuve en crue. Tellement les têtes sont fertiles qu’elles en viennent à penser à la mise en place d’une énième structure pour juguler la crise du chômage au Togo. Une initiative infertile de plus ?

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Ce mercredi, la cheffe du gouvernement a procédé au lancement officiel du Haut Conseil pour l’emploi des jeunes (HCEJ). Sur le portail officiel du gouvernement, le HCEJ a été présenté comme une instance d’orientation de la Coalition nationale pour l’Emploi des Jeunes (CNEJ). Sa principale mission, amplifier la mobilisation de tous pour l’emploi et contre le chômage des jeunes. De façon concrète, écrit le gouvernement, il s’agira avec ce nouveau cadre de réflexion, d’encourager les résultats obtenus et de définir des perspectives qui permettront d’offrir plus d’opportunités aux jeunes. « Plusieurs pistes peuvent être envisagées : mise en place d’un mécanisme financier intégré et consolidé pouvant permettre de répondre plus efficacement aux besoins des jeunes en tirant les meilleurs enseignements des initiatives et dispositifs existants, définition d’une stratégie innovante pour amplifier la création d’emploi dans les principaux secteurs de croissance identifiés dans la feuille de route gouvernementale, ou encore instauration de mécanismes susceptibles de faciliter l’intégration d’une proportion de jeunes dans ces secteurs sans exclusion », a déclaré la cheffe du gouvernement. « Du Nord au Sud, aucun jeune ne sera laissé de côté », a ajouté Mme Victoire Tomégah-Dogbé, également présidente du HCEJ.

Si vous n’avez rien saisi de ce charabia, pas grave. L’essentiel n’est pas de vous faire comprendre quoi que ce soit. L’objectif est de vous dire quelque chose, même si ça ressemble fort à du déjà vu. Les initiatives pour l’emploi des jeunes, le Togo en a une pléthore. Du PAEIJ-SP au FAIEJ en passant par le Mifa, NunyaLab et autres, le pays est une « référence » en termes de créations d’initiatives.

Un Haut conseil pour juguler la crise du chômage, c’est de la pure plaisanterie. Pendant plus d’une décennie passée au ministère chargé de l’emploi des jeunes, l’actuelle cheffe du gouvernement n’a pas réussi à influer la courbe du chômage au Togo. Elle est restée ascendante malgré les nombreuses initiatives prises et qui ont englouti des milliards de francs CFA. A ce ministère, le budget de dame Victoire Tomégah-Dogbé a été des plus importants. Elle s’en est servie plutôt pour faire la propagande du régime.


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Il y a aussi le Plan national de développement (PND). A son lancement le 4 mars 2019, Faure Gnassingbé et son équipe avait promis 500.000 emplois à l’horizon 2022. Deux ans après, l’un des porte-paroles du gouvernement, Christian Trimua rêvait d’avoir créé 200.000 emplois. « Nous avons réalisé 200 000 emplois, directs et indirects, déjà sous le PND », déclarait-il. Il s’agit sûrement d’emplois imaginaires puisque sur le terrain, la situation n’a guère évolué. Et puis avec la pandémie liée au coronavirus, le ministre aurait dû revoir ses prétentions à la baisse pour éviter d’être ridicule.


Sur un site internet de la propagande, on peut lire : « Le gouvernement a déclaré la guerre au chômage ». Même si le confrère nous a habitués à des titres flagorneurs, cela traduit une situation d’abandon de la jeunesse togolaise. Si c’est en 2021, après 54 ans de règne, que le pouvoir a décidé de déclarer la guerre au chômage, c’est que depuis des décennies, la question a été traitée avec une totale indifférence. Peu d’attention a été accordée au sujet. En lieu et place de réformes appropriées, on se contente d’initiatives qui précarisent la jeunesse. C’est le cas par exemple du Programme de volontariat national du Togo (Provonat) devenue Agence nationale de volontariat du Togo (ANVT). On recrute des diplômés à qui ont fait goûter les douceurs d’un emploi et on les largue dans l’inconnu après deux ans de volontariat. Des milliers de jeunes Togolais ont vécu cette amère expérience.

Où sont les emplois créés pour qu’on soit encore dans l’obligation de déclarer la guerre au chômage à travers le HCEJ ? Toutes ces initiatives stériles sont destinées à occuper l’espace médiatique et faire croire que le gouvernement travaille alors que tous sont en train de somnoler. Bientôt, chaque domaine aura son haut conseil.


L’inconséquence, c’est que le HCEJ est placé sous l’autorité de la ministre en charge de l’Emploi des jeunes. En d’autres termes, le Premier ministre qui est cheffe du Haut conseil doit rendre compte à son ministre. Une sorte de cacophonie créée dans les différents départements ministériels à des fins que seuls les initiateurs maîtrisent.

G.A.

Source : Liberté


Source : Togoweb.net

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