Togo : Le Gal Adam Kériké Séyi Memene inhumé à Sokodé. Il était une fois…

Samedi 22 novembre 2020, il est 05 heures du matin, il se détache du pavillon militaire de Lomé ce qui ressemble d’abord à une mauvaise blague. Un officier y séjourne depuis une semaine. A dents de scie entre espoirs et inquiétudes, le centre a déployé tout son capital humain et médical à ses chevets, mais en vain, il n’a pu empêcher le malade de quitter la scène. Ce petit matin d’un mauvais réveil, l’information reste d’abord entre proches et intimes. Peut-être les premiers rayons du soleil vont ouvrir le ciel avec un retournement de situation, vaines conjectures.

Il est 06 heures, les réseaux sociaux annoncent, sous réserve de confirmation de la famille, la nouvelle : le Général Séyi MEMENE Kériké s’est éclipsé, il est mort. Entre tristesse et consternation, familles, amis et voisins convergent vers le quartier Casablanca dans la maison mortuaire. Ici commence un deuil : le jardin, les coins et recoins du domicile accueillent un monde inconsolable. Les plus courageux nettoient une larme entre deux interrogations, la surprise laisse de marbre ceux qui n’avaient pas eu écho des huit jours d’hospitalisation. Il y a de quoi, si on sait que jusqu’au jour où il se fait admettre aux urgences du pavillon militaire, les 82 bougies n’ont pas empêché l’officier général de répondre à son hobby de retraite : le tennis. Musulman, il aurait pu être enterré dans les heures qui suivent son dernier souffle. Mais celui qui vient de s’en aller était aussi un monument politique, militaire, bref une silhouette à la dimension nationale avec une rallonge africaine sur le terrain du sport-roi, encore là faut-il que les parents ne se soient pas trompés.

La famille annonce officiellement le décès. Polygame, il laisse 23 enfants, dont la quasi-totalité a pu rallier le pays pour être à ses chevets aux derniers jours. Corps habillés, hommes politiques, amis, proches parents, la présentation de condoléances a meublé les premiers jours du décès. Vendredi 27 novembre 2020, le corps quitte Lomé pour la terre natale Sokodé. Dans son domicile à Komah, El-Hadj Adam Séyi MEMENE va reposer définitivement et les dernières volontés du défunt n’ont lésé aucun détail. Cette volonté, il n’en faisait pas un mystère. Comme s’il voyait venir ses derniers moments, le fils de Kparataou a passé sous réfection ses domiciles à Lomé, Sokodé et au village. Tout a pris un nouveau look à quelques détails près.

Terrain de Komah 1 le Samedi 28 novembre 2020 : après l’installation des invités, populations et arrivée du corps escorté d’un détachement de chevaux, à 09 heures ont commencé les hommages avec la lecture des différentes oraisons funèbres. Celle de la famille, celle de la FTF, celle des cadres de la région centrale et celle des FAT. Mise en place pour la prière d’inhumation dirigée par l’imam ALKAMATOU Touré de la ville, inhumation dans le cercle familial par le même officiant et prière du 8eme jour sur le même site ; le tout s’est terminé à 11 heures GMT. Sous la rigueur militaire du Gal Ayéva, président du comité d’organisation ses funérailles, le protocole ci-haut n’a souffert d’aucune lacune. Autorités et autres personnalités venues de Lomé et d’ailleurs pour la circonstance se sont repliées à l’hôtel central et aux domiciles de barons pour la réception. Inutile de détailler que tous les hôtels de la ville ont été réservés depuis des jours pour abriter les délégations venues de Lomé et des pays de la sous-région. Deux jours avant les derniers adieux au fils de ‘’Kotokoli-Karatchi’’, du sobriquet connu de son père, c’était impossible d’avoir une chambre vide dans un hôtel. Tchamba a dû être sollicité pour loger les délégations, tant l’homme jouissait d’un carnet d’adresse fourni. Après ce grand cérémonial à Sokodé ville, se déroulent le dimanche 29 dans le cadre de son village Kparataou et concomitamment à Didaouré au domicile de feu Imam Apou où a grandi le défunt, les cérémonies du 08e jour.

Une vie à cheval entre une grande connaissance de sa tradition et de sa religion, la tradition ne se fait pas conter la mort de MEMENE. Du vendredi 27 Novembre au dimanche a résonné le rythme Sô, tam-tam parlant en pays Tem. Tout finira ce dimanche 29 par le Doua (prière) à Kparataou. La prière commencée à 08 heures a été précédée de l’emblématique Kewewô, éloges aux défunts. Les témoignages sur le défunt faits par les représentants de Kparatao et les anciens joueurs de Semassi n’ont pas raté le cérémonial.

Si la prière musulmane a pris fin à 10h, le Sô, Takaï et Goro-Goro qui meublaient la collection culturelle du défunt de son vivant, ont continué.

Tout protocole respecté, sous l’organisation des cadres de Kparataou, ces cérémonies aussi se sont déroulées comme prévues. Ainsi se terminent les funérailles sous la supervision attentionnée de l’ancien ministre Issa Samarou. Alter-égo et confident du défunt, réciproquement béquilles l’un pour l’autre dans le meilleur et le pire depuis des décennies, il est le représentant de la famille MEMENE. Il est appuyé dans cette tâche par le Ministre Folibazi Katari, l’un des fils spirituels restés fidèles jusqu’au bout sans oublier la participation active, depuis l’annonce du décès, du Ministre Bodjona Pascal qui n’a fait économie d’aucune ‘’once’’ de son temps de Lomé à Kparataou. Samedi après l’enterrement à Sokodé, sur fond de ce tam-tam parlant, entre pluie et ciel couvert d’arc-en-ciel, la nature semblait annoncer le repos d’un fil du terroir. Qu’a-t-il été pour sa communauté et son pays ? Le jugement des hommes est souvent imparfait, ce monsieur rentre dans le panthéon de cette race dont le verdict sur les œuvres appartient au temps qui seul saura dire avec exactitude si leurs bourdes et coups d’éclats participaient à un défi aux hommes ou une démarche de sagesse. Qu’Allah l’accompagne du minimum de vertus dont ses admirateurs ont été témoins.

Commentaires

A chaque histoire ses hommes, ses récits puis ses acteurs. Dans un pays, s’ils se ressemblent par le simple fait qu’ils jouent sur une même scène, les rôles qu’ils symbolisent les singularisent. L’emblématique canton de Kparataou, la préfecture de Tchaoudjo, le monde Tem et le Togo retiennent désormais le passage d’un homme, Adam Séyi MEMENE Kériké. Il doit son Kériké au fait d’être le seul garçon des 5 nés de sa défunte Maman. S’il existait des vestiges inaltérables, MEMENE aurait pu ne pas mourir, ils sont encore nombreux ses proches qui croient difficilement en son départ, et pourtant, l’homme a bien vidé le plancher. Ce vestige de l’armée coloniale française a rempli sa page du théâtre indépendamment des qu’en-dira-t-on au point que des pans de son comportement ont frôlé le défi à tout un peuple fatigué d’une dictature. Le voici qui vient de passer derrière la scène. L’oraison militaire qui lui est dédié à son enterrement est le seul langage sincère pour parler de lui, tout ce que nous dirons ici n’est que relatifs.

Le peu que nous pourrions gribouiller est que l’homme fera la connaissance d’Étienne Eyadema au Niger par la faveur d’une affectation militaire. C’est de tu à toi que les deux ont bravé les risques militaires sous les ordres de la métropole. Une fois au pays, deux ans plus tard, MEMENE ne monnaie pas son soutien au Sergent putschiste Eyadema qui faisait un apprentissage mouvementé du pouvoir. Sous-lieutenant, Eyadema fait de son ami un major de l’armée togolaise malgré des coopérants militaires français qui l’ont ouvertement jugé immature. Très tôt, il saura mériter son poste dans la gestion de l’administration de l’armée et du budget, et les intendants français de s’en excuser. Dès octobre 1982, il gère la douane qu’il quittera pour la sureté nationale trois ans plus tard. Il était encore directeur de la police nationale quand survint l’attaque terroriste du 23 septembre 1986. Eyadema revient de loin, le régime est sauvé in extrémis, des officiers ont fait parlé d’eux, Séyi MEMENE, Commandant Adétchéssi et Biténéwé.

Dans une attaque où 19 hauts gradés de l’armée ont préféré se cacher sous la force du feu, le Timonier est dans tous ses états et impose une radiation de ces officiers avant d’en être dissuadé par MEMENE qui propose plutôt la décoration de ceux qui ont fait preuve de bravoure. Ironie du sort, ces héros recevaient leurs distinctions quand le même MEMENE était en détention. Pour cause, il lui est reproché le détournement de 25 millions de CFA destinés à un besoin matériel militaire. Paradoxale que cela puisse paraître, au moment où il allait en prison pour cette modique somme, l’officier d’administration avait sur le compte d’une caisse noire dont il détenait seul la signature, une somme de 4 milliards CFA. Ceci était le reliquat d’un don du roi saoudien de l’époque à Eyadema lors d’un voyage officiel. Les vrais motifs de cette détention dont MEMENE en sortira dans la fièvre de la conférence nationale sont donc ailleurs.

En effet, la réalité était que, influent officier, l’homme a eu la malchance d’être envoyé en Israël pour une mission officielle. Chemin faisant, il devait faire une escale à Tripoli pour une commission d’Eyadema à Kadhafi. Sortant de chez Kadhafi, il était accompagné d’un autre Général libyen, ministre des affaires étrangères, avec qui, il a fait la formation au sahel sous des Israéliens. Avant de se séparer, l’officier libyen comme pour blaguer, charge son ami togolais de plaider auprès des officiels israéliens la libération de 109 détenus libyens. Nous rappelons qu’à l’époque, MEMENE gérait le Mosaïque, service de renseignement de 09 pays africains plus la France, l’Israël et les USA. Pendant le séjour en Israël, l’émissaire togolais transmet au ministre de la défense hébreu, la commission du ministre libyen. Ce qui ressemble à une simple tentative dans des oreilles longtemps réfractaires a eu gain de cause cette fois-ci. RFI annonce la libération des 109 détenus avant qu’il ne finisse sa mission. Sidéré, Kadhafi demande à MEMENE de faire escale à Tripoli avant de continuer au pays. Après cette escale arrosée de toutes les félicitations, un avion personnel du président libyen ramène spécialement l’officier à Lomé. Avant qu’il n’atterrisse, le bureau de l’une des puissances occidentales résidant au Togo avec la complicité des rivalités autour d’Eyadema font savoir à ce dernier que Kadhafi lui a trouvé un remplaçant. Dans un environnement où le Guide libyen avait des relations difficiles avec les chefs d’Etat africains qu’il voulait, bon gré mal gré, convertir à l’islam et à ses idéologies politiques, il n’en faut pas plus pour que Eyadema découvre en MEMENE une menace. On lui trouve alors le détournement d’une somme destinée à l’achat d’armes. L’homme fit deux ans en prison avant d’en être réhabilité. Mis aux arrêts en décembre 1989, il quitte la cellule en 1991.

Entre autres vagues traversées, il survit à un empoisonnement alimentaire en détention après que ses geôliers lui aient fait consommer du haricot au gari piégé. Tous les appels de la Conférence Nationale à l’officier libéré pour qu’il témoigne contre le régime resteront sans suite. Toutes les démarches des opposants vers lui ont trouvé une oreille réfractaire, pire, il menaça un jour à son domicile des opposants envoyés à lui en ces termes : « j’irai témoigner contre Eyadema, d’accord, mais je dirai aussi à la conférence comment certains d’entre vous viennent prendre les sous auprès de lui». C’est alors qu’aucune délégation n’est plus revenue parler de la conférence. Il n’en faut pas plus pour convaincre Eyadema des qualités militaires de son camarade d’armes.

Pour vider le stress de la détention, en 1991, pendant que les Togolais l’attendait au prétoire de la conférence, MEMENE s’adonne à la CAF où il espère jouir d’une retraite tranquille en réhabilitant sa passion, le football. Mais malgré sa position de vice-président à la CAF, il est rappelé par le devoir. C’était l’époque des crimes perpétrés par la brigade rouge de Djouwa, souvent loin du contrôle d’Eyadema qui, acculé par l’opinion parlera pour la première fois, d’ « éléments incontrôlés de l’armée » malgré qu’il tienne à se vanter de la probité morale des troupes qu’on associait d’ailleurs à son image. Enlèvement par ici, plastifications de maisons par-là, braquages plus loin, entre Ernest, Djouwa et autres officiers à qui rien n’est interdit, tout était bon pour avilir l’image, déjà écornée, d’un président qui gérait, non sans peine, le vent de l’Est.

En 1991, l’officier est renommé DG de la sureté nationale. Il accepte le poste après que des conditions par lui posées sont acceptées par son « patron ». A commencer par Djouwa Yoma, il démantèle le réseau. Élection de 1998, aucun pronostic ne vendait cher la survie du régime. Alors qu’on s’attendait le moins, Séyi MEMENE renverse tout simplement les chiffres des urnes pour la dictature au détriment de celui qui finit par rejoindre le même camp, Gilchrist Olympio. MEMENE confisque le vote pour Eyadema et la vie reprend. 2005, Eyadema s’en est allé, comme une armée de réserve, le neveux de Kparatao revient sur la scène et reprend son rôle de sapeur-pompier pour le régime avec d’autres généraux. Le voici encore à l’avant-garde de ceux qui passent le pouvoir de père en fils malgré les Togolais : « aux âmes bien nées,… ». Beaucoup de Togolais n’ont pas fini de digérer ce bout de phrase de celui que Faure appelait encore du bout des lèvres « Papa ».

En 2017, l’officier qui semble être né pour les opérations de sauvetage du régime en place est au centre de toutes les accusations par rapport à l’irréversible montée du PNP, Parti National Panafricain. Sa fidélité à la dictature transcendait les ethnies au point où certains de l’ethnie dirigeante le considéraient beaucoup plus comme un Kabyè pendant que ses frères estimaient qu’il ne fait pas assez pour eux. Ceci nous rappelle cet échange un jour entre deux transitaires, l’un Kabyè et l’autre Tem. Parlant des difficultés que traversent la dictature, le premier lance « si c’est chaud, nous on a MEMENE avec nous », le second de répondre, « si vous avez MEMENE, nous on a qui ?». Malgré cette fidélité sans faille, avec le phénomène Atchadam, tout était bon pour cribler le Général d’accusations à l’envoyer à la potence. Au RPT-UNIR, ça ne se pardonne pas, quand vous êtes un fidèle, vous devez veiller à ce qu’aucune voix dissonante n’émerge de votre environnement. El-Hadj MEMENE a frôlé le pire à cause du PNP dont on l’attribue à tort la paternité. Si au nom de la famille, il a refusé de livrer Atchadam, il n’épargnait rien pour prouver à la fratrie qu’il reste encore fidèle. Comme pour renouveler une confiance en difficulté, le voici qui rebondit par un ultime barreau d’honneur lors de la campagne à la dernière présidentielle. Il partira avec les critiques consécutives à cette dernière sortie dont il pouvait faire économie. Il en a essuyé les invectives jusqu’au dernier souffle. Sauf que, cela ne semble pas assez pour que l’homme soit réhabilité dans le cœur des dieux de la dictature en place. Je vous aime, moi non plus.

Le déroulé de ses funérailles en dit long. De Sokodé à Kparataou, si la vaillante population de Tchaoudjo, la communauté musulmane, les cadres de la région centrale, les amis personnels et autres connaissances sont venus nombreux faire un dernier coup de main à celui que les fans appellent ‘’Zatchi’’, les officiels togolais ont brillé par leur absence. S’il est vrai que ce sont nos comportements qui font nos funérailles, MEMENE a organisé ses funérailles, il s’est enterré lui-même. Vous lirez en dessous un témoignage sorti du képi d’un Capitaine de l’armée même si le cercueil enveloppait un Général. Le témoignage valait son pesant d’or. Il a toujours souhaité être couché à son domicile à Komah, « prêt de ma mère », comme il aime le justifier. Ni sa famille moins encore lui n’avait à quémander un quelconque hommage, son parcours et sa silhouette le lui octroyait naturellement. Dans la logique de l’oraison lue par son corps de métier, l’opinion s’attendait à des hommages politiques, honneurs militaires et tout ce qui ressemble à sa silhouette. Rien de tout ça. Même le cercueil du Général MEMENE n’était couvert d’un simple morceau du drapeau national en guise d’une reconnaissance nationale, ce qui ressemblait à un drapeau n’était rien d’autre que la décoration de la maison des pompes funèbres dont la famille a payé les prestations et qui a fourni ses professionnels pour le transport du corps.

Contrairement à ce qu’on voit lorsqu’un corps habillé, soit-t-il un soldat de rang décède, comme ses actes, le corps de ce Général était une exception militaire. Par solidarité professionnelle, les funérailles n’avaient d’officiels que ce témoignage tiré des archives de l’armée. En dehors de cet aspect, rien ne laissait entrevoir que c’est un corps habillé qu’on enterrait. Homme des évènements exceptionnels, il a connu des funérailles toutes aussi exceptionnelles. La mémoire de Séyi MEMENE ne quémande pas les hommages, soient-t-ils militaires ou civils. Sa communauté, combien multicolore, a fait l’essentiel. Les morts qui ont eu droit aux tweets chagrinés, aux communiqués officiels et autres attentions de Faure Gnassingbé et son régime ne reviendront pas, ceux qui sont partis dans l’indifférence ne reviendront pas, mais l’histoire fera une pause pour s’interroger sur certains évènements et nous ne voudrions pas avoir un goût d’inachevé d’un témoin de l’histoire si loin si proche des évènements. Voilà ce qui nous vaut ce reportage. Rien ne justifie l’indifférence officielle dans laquelle l’homme s’est définitivement séparé des vivants. Quel que fût le motif, l’absence du chef de l’Etat même si on a voulu passer Aboudou Assouma, un ami personnel, comme un représentant, l’absence des honneurs militaires et même d’un clairon aux obsèques d’un tel personnage dénote d’un goût d’inachevé entre ce dernier et ceux qu’il a servi de toute sa sueur pour ne pas dire de tout son sang au point de se mettre à dos une partie des Togolais. Quelle partie de sa vie ce monsieur a-t-il refusé de servir au dictateur au point de mériter un adieu dans l’oubli officiel? Il existe de ces fins qui doivent servir de leçons.

Personnellement nous n’éprouvons aucune surprise car nous sommes conscients qu’il existe une race de Togolais qui n’est faite que pour être servie. Si vous lui rendez service aujourd’hui et qu’il revient 3 jours plus tard, ce n’est pas pour dire merci d’hier, c’est pour demander un autre service et si vous n’arrivez pas à satisfaire, vous devenez de facto un ennemi à abattre, feu MEMENE en sait beaucoup. Au soir de sa gloire, entre vagues et plages, nous avons connu un homme. Malgré nos accointances, cet ami des journalistes sous la dictature n’a jamais tenté une seule fois de changer notre voix tranchée contre les dérives de sa famille politique. Si nous avons un regret, c’est d’avoir échoué à lui arracher, aux fin d’un Ecrit, un enregistrement digne de ses mémoires de militaire et homme politique. Entre promesses et hésitations à lâcher des secrets militaro-politiques, l’homme a toujours remis à demain. Il est parti avec sa bibliothèque. Même si les grandes marques de parfum laissent toujours des souvenirs consciemment ou inconsciemment, le temps jugera si nos souvenirs de lui vaudront un écrit.

Dans les dictatures, quand un membre de la famille s’affiche opposant, les frères de sang se réunissent pour le renier, pour le vilipender à défaut de l’attacher pour remettre au dictateur. Ce faisant, ils apportent un soutien sans faille au régime. Habitué à apporter la solution la plus inattendue aux temps les plus difficiles, urgentiste de la dictature cinquantenaire, le Gal a-t-il manqué de remettre à la dictature le tendon d’Achille du cheval quand on sait que Tikpi Atchadam est son cousin? Monsieur Faure Gnassingbé a-t-il vainement caressé l’espoir d’utiliser Séyi MEMENE pour se payer la tête d’Atchadam ? Ouf, en milieu tem, si la loyauté est un principe, la trahison à un parent reste un rubicond. Plus qu’une fin, ici commence l’histoire d’un officier incompris et toujours à la barre dont le verdict appartient au temps.

Reportage de Abi-Alfa

Source : Le Rendez-Vous No.354 du 23 décembre 2020

Source : 27Avril.com

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