Togo : Le 4e mandat, l’unique bouée de sauvetage de Faure

Faure Gnassingbé | Photo : RT

Faure Ganassingbé a rendu l’acharnement à un mandat indu si impopulaire dans le monde que même Paul Kagamé qui croyait que le développement du Rwanda était lié à sa vie vient, dit-on, de renoncer à un quatrième mandat.

Intellectuellement, Faure peut manquer de tout sauf de lucidité. Il sait que son premier mandat acquis pour lui par l’Armée de son père n’était pas légitime. Il sait qu’il doit les mandats suivants à la même Armée. Que c’est la même Armée qui lui assure le prochain et quatrième mandat. Au point que lui-même se demande pourquoi l’Opposition appelle ses règnes des mandats puisque sans l’avis du peuple il n’y a pas de mandat.

Si Faure s’acharne pour un quatrième mandat, puis un cinquième, puis les suivants, c’est parce qu’il sait qu’il n’a que deux abris en face de lui : la présidence et la prison. La prison parce qu’en 2005, il a dû forcer la main au peuple avec pas moins de mille morts pour s’emparer d’un pouvoir qui ne lui était pas destiné. La prison parce que pour conquérir les deux mandats suivants, il a fallu qu’il tue, emprisonne ou force à l’exil. La prison enfin parce que depuis le 19 août 2017, il nourrit de sérieuses velléités de génocide contre le peuple tem. Il y a des crimes prescriptibles, mais les crimes de sang commis par Faure Gnassingbé sont imprescriptibles. Si les Togolais venaient à lui pardonner, l’opinion internationale ne les suivrait pas et trouverait les voies et moyens de le traduire à la Cour Pénale Internationale.

C’est conscient de tout cela que Faure Gnassingbé s’accroche au pouvoir, son unique bouée de sauvetage. Tout ce qu’il souhaite pour 2020, c’est de ne pas se retrouver seul candidat. Il lui faut des concurrents afin que le vote soit légitimé. Il est prêt à en acheter s’il le faut. C’est ce qui rend suspects les candidats annoncés et à venir. Il est vrai qu’un pouvoir peut organiser les élections et les perdre. Pas loin du Togo, on peut en trouver des cas témoins. Mais, au pouvoir, l’Armée ne peut pas organiser des élections et les perdre. Même si elle les perd dans les urnes, elle les gagne à l’annonce des résultats. Cela s’est vérifié plusieurs fois ici même, au Togo. Alors, quel dessein nourrissent les candidats secondaires de 2020, qui veulent participer à des élections encadrées par une Assemblée-maison, une CENI-maison, une Cour constitutionnelle-maison, le tout sous l’œil vigilent de l’Armée togolaise ?

Zakari Tchagbalé
20 décembre 2019

Source : 27Avril.com

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