Togo : Il n’existe pas de « Villes Cobayes », pas plus que de « Villes Dormantes ». Le Togolais saura faire le Choix entre les Partis au Moment Opportun.

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Depuis quelques temps le débat fait rage sur les réseaux sociaux au sujet du Parti national panafricain (PNP) qui a décidé – à tort ou à raison – de se désolidariser des manifestations transformées en meetings qui devraient se dérouler dans certaines villes du pays ce week-end du 20 au 22 juillet 2018.

Togo : Il n’existe pas de « Villes Cobayes », pas plus que de « Villes Dormantes ». Le Togolais saura faire le Choix entre les Partis au Moment Opportun.

Le parti de Tikpi Atchadam, moteur des soulèvements populaires du 19 août 2017 qui ont ébranlé la dictature togolaise, justifie cette réserve par des informations qui font état de ce que ces manifestations seront réprimées et que le pouvoir ferait porter le chapeau au parti au cheval.

Depuis lors les partisans de ce parti envahissent la toile pour dire que les villes du Nord telles que Sokodé, Bafilo et Mango ne doivent servir de « villes cobayes ».

Dans le camp des militants des autres partis et principalement de l’Alliance nationale pour le changement, le ton est tout aussi sévère et on reproche au PNP de jouer au plus important des partis politiques et de semer les germes de l’explosion de la Coalition des 14 partis de l’opposition.

La réalité est que sans le 19 août 2017, la crise politique ne serait pas ce qu’elle est aujourd’hui jusqu’à retenir l’attention de la communauté internationale dont la CEDEAO qui s’investit dans sa résolution.

Depuis 2010, l’opposition togolaise incarnée par l’Anc a manifesté et marché dans les rues de Lomé sans résultats tangibles. Les marches des samedis étaient devenues une sorte de thérapie et de passe-temps pour la plupart des aficionados de ce parti. Et le pouvoir s’en moquait complètement.

L’apparition de Tikpi Atchadam sur l’échiquier politique a transformé cette raillerie des conservateurs au pouvoir en une crainte réelle et la réponse fut la répression avec ses morts, ses mutilés et ses réfugiés.

Mais il n’y a pas que les fiefs supposés du PNP qui ont payé lourdement la sauvage barbarie du régime togolais. Les réactions qui font dire que certaines villes sont des cobayes sont osées.

Au Togo, on ne peut parler de villes cobayes. Ce raisonnement est trop clivant et risque de soulever des débats qui iront dans le sens de la division.

Depuis 1990, je crois que les villes et régions du Sud du pays ont payé le plus lourd tribut dans la lutte de libération.

Si on devrait parler de villes cobayes jusqu’au 19 août 2017, je crois qu’on ne parlerait pas de Sokodé, Bafilo ou Mango qui étaient des « contrées paisibles » pendant que les militaires et miliciens s’en donnaient à coeur joie sur les populations d’Atakpamé, Tsévié, Aného, Vogan, Tabligbo, Kpalimé etc. et dans les quartiers toujours contestataires de Lomé en l’occurrence Bè, Nyékonakpoè, Kodjoviakopé, Akodésséwa, Baguida, Ablogamé etc.

Qui ne se souvient pas de ces morts de Fréau Jardin, de ces corps repêchés dans la lagune de Bè, de cette fausse commune découverte à Adéticopé, de ces nombreux réfugiés qui ont traversé valises sur les têtes les frontières d’Aflao et de Hilakondji, de cet hélicoptère à bord duquel on tirait à bout portant avec des armes de guerre sur les populations d’Aného, de cette expédition punitive sur les populations d’Atakpamé sous les ordres du Major Kouloum, de ces maisons de Lomé sur lesquelles on pouvait lire « Maison déjà frappée »?

Évitons de tels discours, évitons de telles prises de position qui vont conduire les autres régions à se mettre en avant pour justifier les sacrifices qu’elles n’ont cessé de consentir pour un Togo libre.

Aucune région ne peut aujourd’hui se prévaloir d’avoir donné plus qu’une autre dans ce combat, ni d’avoir fait plus que l’autre. Ce débat est faux.

Si les responsables politiques ont décidé d’unir leurs actions pour mettre hors d’état de nuire la dictature cinquantenaire, c’est qu’ils ont compris qu’isolés ils ne peuvent rien contre des prédateurs et des assassins qui ont des ramifications non seulement sur le plan national mais aussi international.

Pour l’instant le débat est ailleurs, mettre fin à la dynastie des Gnassingbé. Les calculs politiciens et électoralistes se feront plus tard lorsque l’ogre aura disparu. Il est dès lors dangereux de prendre l’ombre pour la proie.

Le peuple togolais sait qui est qui et qui fait quoi. Il saura punir dans les urnes les dealers et tous ceux qui ont transformé et transforment cette crise en un fonds de commerce. Le débat pour ou contre le PNP et l’ANC est pour le moment contre-productif. Les populations sauront trier le bon grain de l’ivraie.

Pour le moment, focus sur le RPT/UNIR et ses démembrements. Et sensibilisons les Togolais de toutes les contrées du pays à se mettre debout contre les oppresseurs.

Anani Sossou

27Avril.com

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