Togo / Huit mois d’hospitalisation : L’impossible évacuation pour Kpatcha Gnassingbé

Sous Faure Gnassingbé, il est facile de rentrer en prison mais difficile voire impossible d’en sortir. Même la détérioration de l’état de santé du député de la Kozah ne semble émouvoir le sommet de l’Etat togolais.

Le 17 juin 2021, Kpatcha Gnassingbé a pu être évacué au pavillon militaire du CHU Sylvanus Olympio à la suite d’innombrables pressions médiatiques. Le frère de Faure Gnassingbé se retrouve avec une santé totalement détériorée du fait de sa longue détention et une plaie contractée dans des circonstances floues qui prenait toute la largeur du pied, lui faisant courir le risque d’une amputation. Face à la gravité, le pouvoir, visiblement à contre cœur, a été obligé de concéder son transfèrement au CHU Sylvanus Olympio en lieu et place d’une évacuation sanitaire à l’étranger.

Son avocat, Me Raphael Kpandé-Adzaré rappelait en juin 2021 sur les antennes de RFI qu’« il a écrit lui-même, personnellement, pour demander son évacuation au Président de la République. Son médecin, également, a demandé son évacuation, parce que le pied est gangrené depuis plus de cinq ans et le traitement n’arrive pas à guérir la plaie ».

Huit mois après ce transfert sanitaire, le CHU se révèle, plus qu’une prison, une détention au secret. Comment se porte Kpatcha Gnassingbé? Mystère. La greffe pour résorber la plaie comme le soutenaient certaines indiscrétions a-t-elle réussi? Et les autres problèmes de santé que lui a causés la détention? Nul besoin de rappeler que Kpatcha Gnassingbé a vu sa santé détruite par les 13 années de prison. Selon une source, « ce n’est pas du tout la grande forme ces dernières semaines. Il passe des moments plutôt difficiles voire inquiétants, le tout accentué par un problème respiratoire ».

Pourquoi le régime togolais, en violation des règles de droit, refuse-t-il l’évacuation sanitaire à un détenu? Alpha Condé, dernièrement, a pu sortir de la Guinée-Conakry pour pouvoir bénéficier des soins. Les autorités de la transition guinéennes ainsi que Faure Gnassingbé et ses amis de la CEDEAO, en toute humanité et bon sens, savent que garder Alpha Condé en détention malgré son état de santé chancelant, peut engendrer des conséquences fâcheuses. Pourquoi au Togo, Faure Gnassingbé refuse à son propre frère ce qu’il se bat pour obtenir aux détenus d’autres pays? Le zèle de Faure Gnassingbé pour obtenir l’évacuation de Tibou Camara, proche d’Alpha Condé n’a échappé à personne, encore moins son attachement à une certaine Reckya Madougou pour qui, il plaide une libération dès son incarcération.

Le sort des amis est-il plus important que celui de son propre frère? Kpatcha Gnassingbé a-t-il péché contre le Saint Esprit ou le bon Dieu? Quel processus de réconciliation peut aboutir face à tant d’inhumanité? Quel sort pour la centaine de prisonniers politiques qui ne sont pas ses frères de sang?

Pour rappel, Kpatcha Gnassingbé, frère du Chef de l’Etat togolais entame sa 13ème année de prison. Les multiples batailles judiciaires au niveau de la Cour de justice de la Cédéao qui a pourtant ordonné depuis 2013 sa libération ainsi que celle de ses co-accusés ne font pas fléchir la présidence togolaise qui reste également sourde à l’avis du groupe de travail des Nations Unies qui a jugé, en 2015, la détention arbitraire de l’ancien ministre togolais de la Défense.

Le cas Kpatcha Gnassingbé reste emblématique de la situation générale des droits de l’homme, vu le refus systématique du pouvoir togolais de respecter les recommandations des institutions supra nationales. Même pour des raisons de santé, Faure Gnassingbé tient mordicus à garder dans les grilles Kpatcha Gnassingbé. Le silence de l’ensemble de la communauté internationale et des associations de droits de l’homme est aussi effarant.

K.A.

Source : Liberté

Source : 27Avril.com

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