Togo, Fonction publique : Les 700 nouveaux retraités seront-ils sevrés d’indemnités de départ tout comme les anciens?

Que lira-t-on sur les visages des prochains candidats à la retraite au Togo ? Sourire après que l’Etat togolais leur aura versé ce à quoi ils auront droit dans la foulée de leur départ à la retraite ? Ou bien la même déception que chez ceux qui, depuis 1997, continuent de garder une dent contre un Etat et un chef qui n savent pas honorer leurs promesses ? Le budget programme dont on parle prendra-t-il enfin en compte toutes les indemnités de départ à la retraite, tant chez les anciens que les nouveaux arrivants dans le cercle financièrement infernal de la retraite ?

Si on devrait faire confiance à l’arrêté pris par Gilbert Bawara, ministre du Travail et de la Fonction publique, ce sont quelque 701 fonctionnaires de l’Etat togolais qui seront admis dès janvier prochain à la retraite, cette autre phase de la vie du fonctionnaire, mais qui, depuis 1997, est si redoutée. Redoutée non pas à cause de la nostalgie de quitter tous les jours ouvrables leurs maisons afin de se s’acquitter du devoir dont ils avaient la charge durant une bonne trentaine d’années de service. Mais parce qu’au Togo où les salaires sont ce qu’ils sont pour la plupart des fonctionnaires d’Etat de classe moyenne, l’admission à la retraite est synonyme de précarité. Et les futurs « aspirants » que sont les 701 travailleurs devraient avoir du souci à se faire.

La semaine du 13 octobre a vu les nouveaux commis de l’Etat suivre un séminaire dit gouvernemental qui a porté entre autres sur l’exécution du budget programme. Les députés qui sont les représentants du peuple, et donc aussi des fonctionnaires et autres retraités sont en session budgétaire actuellement. Mais des retraités ayant été échaudés dans le passé et trainent leur spleen depuis 1997, on se demande les mesures que prendra l’Etat togolais à l’endroit de ceux qui partent à la retraite en janvier 2021.

Les futurs retraités dont la majorité sont des enseignants partiront-ils sans « rien », comme leurs devanciers ? De tous les anciens retraités dont les indemnités de départ à la retraite ne sont toujours pas complètement versées à ce jour, combien restent-ils à solder et combien de mois d’arriérés l’Etat togolais leur doit-il?

Il y a quatre mois, en juin 2020, nous avons relayé les cris de désolation et de supplication de ceux qui avaient eu confiance en les promesses de Faure Gnassingbé. C’était à la veille de la fête de l’indépendance ou de la dépendance, c’est selon, le 26 avril 2019. Faure Gnassingbé déclarait : « J’ai instruit, dans ce sens, le gouvernement de prendre en compte -dans le cadre du prochain budget- les préoccupations visant à améliorer le pouvoir d’achat, à travers la revalorisation -dès janvier 2020- de la valeur indiciaire (…) Le gouvernement intensifiera les consultations et engagera les études actuarielles nécessaires pour la reprise – toujours dès janvier 2020 – de l’allocation de départ à la retraite, d’une façon soutenable et compatible avec la poursuite des efforts d’assainissement de nos finances publiques (…) des dispositions sont d’ores et déjà prises pour la construction de deux locaux qui seront mis à la disposition des associations pour servir de maisons des retraités… ».

Le ministre des Droits de l’Homme Christian Trimua mettra de l’enrobé aux propos de son mentor : « Des maisons qui permettront aux retraités d’exercer différentes activités génératrices de revenus adaptées à leur statut ». Nous sommes en octobre 2020. Faure Gnassingbé et Christian Trimua n’ont que faire de la paupérisation dans les rangs des retraités.

Que disent les chiffres ? Combien sont-ils à encore attendre que les comptes des indemnités soient soldés ? A combien s’élève ce qui leur revient ? Quelle sera la situation cumulée en janvier 2021 ? Autant de préoccupations que la présidente de l’Assemblée nationale Yawa Tségan et ses collègues députés devraient chercher à savoir lorsqu’ils se rassemblent en plénière. Et non saisir toutes les occasions pour chanter des louanges à Faure Gnassingbé.

Le rôle d’un élu, c’est entre autres de contrôler l’action du gouvernement. Les projets de budgets sont faits pour être discutés. Mais encore faudrait-il que ceux qui prétendent parler au nom du peuple en soient conscients. L’admission à la retraite pourrait être mieux acceptée au Togo, pour peu que les droits des retraités soient respectés. Et parmi ces droits, les indemnités de départ figurent en bonne place. Pas les maisons de retraite dont parle le chef de l’Etat. Il suffit qu’une enquête soit menée dans les rangs des personnes du 3ème âge pour en être convaincu.

Le ratio de la masse salariale sur les recettes devrait bondir spécialement dans le budget 2021 si le gouvernement se veut conséquent envers ceux qui ont rendu de bons et loyaux services à la nation. Ce sera l’une des conséquences normales au vu de l’effectif qui s’apprête à partir et des recrutements qui devront s’opérer.

Depuis l’arrivée au pouvoir de Faure Gnassingbé, le budget de la présidence a connu une augmentation exponentielle. Personne n’a trouvé à redire. Mais quand il s’agit de reconnaitre les droits des retraités, ça devient un problème. C’est à se demander à quand la fin de la gouvernance à géométrie variable ! Combien de temps encore continuera-t-on à berner les personnes du 3ème âge ?

Godson K.

Source : Liberté

Source : 27Avril.com

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