Togo : Ériger le mur de la peur

Nathaniel Olympio

Dans une nouvelle réaction sur sa page Facebook, Nathaniel Olympio du Parti des Togolais dresse une analyse des propos de Mme Victoire Tomegah-Dogbé mardi à l’hémicycle. Lisez plutôt!

Togo : Ériger le mur de la peur

Dans le cadre de la vaccination anti Covid-19, la Première ministre a déclaré devant l’Assemblée nationale que son gouvernement va « commencer à faire peur » aux Togolais afin qu’ils acceptent de se faire vacciner.

En mettant en œuvre une politique fondée sur la peur que l’on inflige aux citoyens, le Togo vient de faire son entrée dans le club restreint des pays qui dressent un mur.
L’Amérique a son mur pour freiner l’immigration illégale, Israël a son mur pour sa sécurité, la Turquie a son mur contre les réfugiés. Le point commun entre ces pays est que le mur érigé sépare la population nationale de ceux qui viennent de l’extérieur. Un mur physique.
Le mur que le gouvernement togolais a érigé sépare la population togolaise en deux. Il y a d’un côté la minorité qui inflige la peur et de l’autre côté la grande majorité à qui on fait peur. Un mur psychologique, insidieux. C’est d’une violence inouïe !

Ce mur qui a toujours existé, invisible mais réel et aujourd’hui revendiqué par la cheffe du gouvernement, sépare les Togolais dans bien de domaines. D’un côté du mur dressé par le régime, il y a ceux qui ne regardent pas le système éducatif public et inscrivent leurs enfants dans des écoles privées à coup de millions de francs cfa, qui ne sont pas intéressés par le système de santé publique et vont faire soigner leur grippe dans les hôpitaux ultramodernes à l’étranger, parfois au frais du contribuable, qui mangent du saumon et boivent du champagne dont le Togo semble être l’un des premiers consommateurs mondiaux par habitant, en un mot ceux qui vivent comme des stars en puisant allègrement dans les caisses de l’Etat, et dont les enfants ont un avenir assuré dans les structures de l’Etat.

De l’autre côté du mur, il y a ceux dont les enfants sont à plus de 100 écoliers par classe construit parfois de bric et de broc accueillant les enfants assis quelques fois sur des briques de construction, qui sont condamnés à mourir dans des structures sanitaires publiques délabrées et non équipées, faute de soins appropriés, qui mangent le plus souvent misérablement une fois par jour, et qui ont des enfants à l’avenir sombre.

Quand on érige un mur, c’est que l’on ne veut pas se mélanger aux autres. On veut protéger l’entre soi et reléguer les autres à la marge. Ils nous font comprendre, à nous Togolais apeurés de rester loin d’eux !

En proclamant avec aplomb et fierté une telle politique, la Première ministre se fait le porte flambeau de cette politique de répression, de violence tant physique que psychologique. Le régime en a l’habitude, on le sait et on le combat. Mais délivrer ce type de message dans un discours officiel au sein de ce qui est supposé être la représentation nationale, cela témoigne que le régime est décomplexé dans l’exercice de la dictature et des diverses formes de violence. Le pouvoir retourne aux années d’avant 1990.

Ceux qui depuis 16 ans disent que le régime togolais s’améliore et fait preuve d’ouverture doivent se rendre à l’évidence.
Gamesu

Nathaniel Olympio
Président du Parti des Togolais

Source : icilome.com

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