Togo-EDITOGO : Un responsable surpris avec de la drogue

Il ne fait pas beau temps à la Société des éditions du Togo (EDITOGO). Après le licenciement des dix responsables syndicaux et délégués de personnel, une affaire de drogue crée la tension au sein de la société. Des sources accusent le DG, Rémy Banafey Assih d’étouffer l’affaire en affectant l’agent incriminé dans un autre service.

En juillet 2019, une affaire de faux diplômes a secoué la Société des éditions du Togo (EDITOGO). Suite à un audit effectué par des inspecteurs de travail, 11 faux diplômés ont été découverts et licenciés par le Directeur général, Rémy Banafey Assih. Dans un article consacré au sujet, nous rapportions que le DG qui n’était pas favorable au licenciement des agents impliqués dans la fourniture des faux diplômes, accusait les responsables syndicaux d’être à la base du malheur qui a frappé leurs collègues dont une de ses nièces, épouse d’un officier supérieur de la Gendarmerie nationale, selon nos sources.

« Ce qui est frappant dans cette affaire, c’est que le DG retraité, mais qui joue les prolongations depuis 15 ans déjà, préfère jeter, et de manière systématique, le tort sur certains agents qu’il accuse d’avoir invité les inspecteurs de travail dans sa boîte.

« Il n’admet en aucun cas sa responsabilité dans ce dossier. Plutôt il s’en prend notamment aux syndicats à Editogo qu’il déteste de toutes ses forces et charge d’être à l’origine de la venue de cette mission. Lors d’une réunion qu’il a eue avec eux, le DG les a condamnés en ces termes : « Ce sont vos revendications incessantes qui ont attiré l’attention des inspecteurs ici. Je vous avais dit de rester cachés et discrets. Voilà, vous avez tout fait pour attirer les yeux des autorités sur nous. Et je suis obligé de renvoyer vos collègues » », rapporte un employé. Ces propos traduisent clairement le népotisme et autres maux qui règnent à Editogo », avions-nous écrit.

Depuis ce licenciement massif, les relations entre les responsables syndicaux et délégués de personnels se sont détériorées jusqu’à devenir conflictuelles. D’un côté, il y a un DG prêt à tout pour conserver ce poste hérité de Gnassingbé Eyadéma ; de l’autre, un syndicat méprisé et des responsables syndicaux dont les cris sont ignorés des autorités du pays, pendant que l’entreprise, elle, sombre inévitablement. Mais à l’EDITOGO, il n’y a pas que les faux diplômes.

Des bagarres et autres actes contraires au règlement intérieur de la société s’y produisent. Point n’est besoin d’évoquer le vol, car les informations emmènent à conclure que cette société qui faisait la fierté du gouvernement en matière de travaux d’imprimerie est devenue un repaire de voleurs. Dans de précédents articles, nous avons relevé les surfacturations, les manipulations des chiffres et surtout l’achat de matériaux non conformes à des prix exorbitants. Tout ceci dans le but d’enrichir certaines poches au détriment de l’évolution et de l’amélioration des conditions de vie et de travail des agents.

La minorité existe aussi à l’EDITOGO, assurent nos sources. Ceux qui y sont se lèchent régulièrement les doigts, et ceux qui ne s’y retrouvent pas subissent. C’est le cas, il y a peu de temps, des délégués et responsables syndicaux et dont le licenciement a été confirmé par le ministre de la Fonction publique, du Travail et du Dialogue social, Gilbert Bawara.

Après un recours auprès de ce ministère, les employés licenciés ont reçu une note confirmant leur éjection. « Les décisions 235, 236, 237, 238, 239, 240, 241, 242, 243 et 244/2021/MFPTDS/DGT/DRT-LC/ITLS/LO1 en date du 31 août 2021 de l’inspecteur du travail et des lois sociales Lomé Ouest 1 portant autorisation du licenciement de mesdames Ali-Bodé Aïssétou, Saka Ablavi, Signa Massahalou, Laré Koupak et messieurs Baderi Monipake, Simnabiou Etienne, Assih Abalo, Alaza Wiyao Essowè, Sanvi Komi, Kawele Tchao sont confirmées », a conclu le ministre.

Au sein de la société, de nombreux agents trouvent ce licenciement trop injuste, invoquant des cas de bagarres et de vols dont les auteurs n’ont subi aucune mesure répressive. Au contraire, il suffit d’être dans les petits papiers du boss pour avoir la liberté de tout faire, et d’être parfois promu malgré la commission de fautes lourdes. Mais l’actualité au sein de l’EDITOGO ces derniers jours est en lien avec une affaire de drogue inhalée. Un chef service dont nous taisons le nom, aurait été surpris en train de fumer un joint au sein de l’entreprise. La découverte, selon nos informations, a été faite par le garde-corps d’un fonctionnaire.

« L’agent a senti que quelqu’un fumait de la drogue dans les parages. Ils ont suivi l’odeur et sont tombé sur le chef service », rapporte-t-on.

L’affaire a été portée à un responsable de l’administration de l’EDITOGO qui, à son tour, a rendu compte au DG. « Pour une affaire comme ça, c’est la prison. Le minimum, c’est le licenciement. On ne peut pas licencier ceux qui luttent pour le bien de l’entreprise et conserver, voire promouvoir ceux qui la salissent parce que les uns sont considérés comme des ennemis et les autres comme des amis ou proches », soulignent nos sources.

Comme pour donner raison à ces dernières, la personne accusée de fumer de la drogue au sein de la société a été simplement affectée dans un autre service par le DG. Une punition, certes, mais cela ne serait pas considéré comme une injustice si les responsables syndicaux avaient eu droit à la même « clémence » de la part du DG.

Eux qui n’ont fait que revendiquer de meilleures conditions de vie et de travail pour tout le personnel.Pour avoir d’amples informations sur cette affaire de drogue, nous avons contacté l’intéressé qui s’est défendu d’avoir été surpris en train de fumer un joint. Pour lui, il s’agit d’une cabale montée contre sa personne pour le nuire. « Je suis non-fumeur », a-t-il assuré pour se défendre.

Source: Liberté Info

Source : icilome.com

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