Togo-Dr Christian Spieker : « On manque de considération aux enseignants au Togo »

Si nous voulons avancer et rendre à ce pays sa grandeur économique, monétaire et même militaire, il faut impérativement un changement en profondeur dans beaucoup de secteurs. Nous devons nous doter d´esprit patriotique. Je suis en train de suivre avec beaucoup d´attention, ce bouleversement dans le monde. Ce qui se passe actuellement dans le monde et en Europe en particulier avec la guerre en Ukraine, doit nous interpeller et interpeller la conscience patriotique de chacun et chacune de nous. Le retard est trop grand. Personne ne viendra construire le Togo à notre place, moins encore les occidentaux dont la seule préoccupation est de venir piller nos ressources en Afrique, la France en tête, pour aller développer leurs propres pays avec leur ambition de puissance pour commander le reste du monde.

On n´a plus droit aux erreurs et à l´errance et ça doit commencer par le secteur éducatif et de la santé car aucun pays au monde ne peut avancer s´il n´a pas un bon système éducatif et celui de la santé. Et comme le Togo n´en a pas, il ne peut pas prétendre à l´avancement, même si les autorités politiques qui en ont la charge, veulent ou souhaitent cet avancement. La question n´est pas celle de vouloir ou de souhaiter mais de choisir un bon système qui puisse conduire à ce résultat voulu ou souhaité. Si notre système éducatif et celui de la santé ne changent pas, le Togo sera toujours ce qu´il est. Un bon cultivateur qui n´a pas une bonne houe pour labourer son champ et semer les bonnes graines comme il le souhaitait, ne peut pas s´attendre à de bonnes récoltes. Il doit en être conscient et changer de houe s´il voudrait avoir de bonnes récoltes. C´est cette bonne houe qui nous manque cruellement au Togo. À supposer même que les autorités politiques soient de bons cultivateurs, ils n´auront jamais de bonnes récoltes car ils n´ont pas une bonne houe pour labourer leur champ, le Togo. Cette bonne houe est ce bon système qui leur manque. Ce n´est pas leur compétence qui fait défaut mais plutôt un bon système pour s´en servir qui fait défaut. La compétence, ils en ont mais mal utilisée.

Je vais m´appesentir sur le système éducatif plutôt que sur celui de la santé car c´est ce secteur éducatif qui est en grève et est d´actualité. Notre système éducatif est mauvais. En plus, on manque de considération aux enseignants au Togo alors que l´avenir de ce pays se trouve entre leurs mains, puisque ce sont eux qui préparent ceux qui vont prendre la relève de demain pour construire ce pays. Si leur bonne préparation n´est pas assurée, leur bonne relève ne sera pas non plus assurée. Il y a un lien de causalité entre le système éducatif d´un pays et son état de développement ou d´avancement. C´est plus simple que ça. Un exemple : l´Allemagne n´a pas de ressources naturelles ou de matières premières et elle n´en pille pas non plus en Afrique comme la France pour se développer. Mais elle est économiquement devant la France qui pourtant y pille. Alors, le bon sens veut qu´on se pose cette question : comment fait l´Allemagne? Si vous voulez vous faire guider par un aveugle, vous allez vous perdre comme lui. Le système éducatif français n´est pas à suivre. Si un secteur professionnel doit être respecté, c´est celui de l´éducation. Même en France ce système éducatif est négligé. On ne donne pas de consideration aux enseignants en France. En Allemagne ils sont rois.

C´est la maladresse dans la communication du Ministre qui a considéré que les fils et filles de la région des Savanes sont souvent les derniers et dernières lors des concours de la fonction publique, qui m´a fait écrire cet article. Je l´apprécie car il est humble et a reconnu son erreur communicative en demandant des excuses. Je pense qu´il n´a pas l´intention d´humilier ses propres frères et soeurs de la région. Il cherche seulement à faire taire la grogne du monde éducatif de sa région et persuader le corps enseignant et d´élèves de sa localité. Mais, ce n´est pas de cette manière qu´il allait procéder. Il voulait parler à ses frères et soeurs mais il a raté.

Souvent, un bon père, exigeant, ne jette jamais des fleurs à ses enfants. Au contraire, il leur dit que leur travail n´est pas suffisant afin de les amener à être des meilleurs de leur classe, et non les derniers. En tout cas, c´est cette méthode qu´il voulait utiliser en ces termes à ses frères et soeurs des Savanes car lui-même est de là. Vous convenez avec moi que, ce qu´il a dit, aucun autre ministre qui n´est de Dapaong ou des Savanes tout court, ne pourrait jamais se permettre de dire une telle chose. Donc, il a parlé en tant que parent à ses frères et soeurs en termes familiaux et affectifs. Mais doit-il le dire ou l´expimer ainsi?

C´est quand un père donne à ses enfants, tout ce qu´il leur faut pour la réussite, qu´il doit se permettre de leur dire ça en ces termes. Est-ce que dans la région des Savanes, les élèves et les enseignants ont tout ce qui´il faut pour réussir? Si ce n´est pas le cas, alors le Ministre a tort, doublement tort de tenir ces propos humiliants aux élèves qu´il considère pourtant affectueusement comme ses propres frères et soeurs. Où en est même le problème des Savanes? On devrait accorder plus d´importance à la région des Savanes qu´il en est aujourd´hui car c´est une région très défavorisée en raison de sa situation géographique par rapport aux autres régions du Togo et à la capitale Lomé. L´Etat devrait investir plus dans cette région que dans les autres régions car cette région n´a pas les mêmes chances que les autres régions du pays. En plus, la sécurité du pays est entre les mains de cette région qui fait la frontière avec le Burkina Faso. Négliger la région des Savanes, c´est négliger la sécurité du Togo, donc, jouer avec l´avenir de ce pays.

A supposer même que ce que le Ministre ait dit est vrai :”Quand on fait des concours, tous ceux qui sont derniers viennent des Savanes……“. Il devrait se demander, à qui la faute? À ses frères et soeurs des Savanes ou aux autorités politiques du pays? Non, ce n´est pas la faute à ses frères et soeurs mais plutôt aux autorités dirigeantes du pays. Les enfants d´une région ne sont pas moins intelligents que ceux des autres régions. D´ailleurs un ministre ne doit pas et ne peut pas dire ça, car ça prône le favoritisme et l´inégalité dans la République. Je pense que c´est une erreur de communication. Les populations de cette région vont se sentir rabaissées et inférieures par rapport aux fils et filles des autres régions du pays et je pense que c´est une erreur à ne pas commettre. Il a présenté des excuses et c´est très bon. L´Etat doit beauoup investir dans cette région de notre pays. C´est rare de trouver un ministre au Togo qui reconnaît ses erreurs et présente des excuses. Et pour cette raison, je le félicite et l´apprécie pour son humilité.

Je ne suis jamais satisfait du système éducatif de notre pays et je ne le cache pas. Certains pointent du doigt les ministres qui en ont la charge. Moi, je pointe plutôt notre système éducatif lui-même. C´est ce qu´il faut changer. Mais, comme la France et son système sont leur référence, ce système éducatif ne changera jamais. C´est pourquoi j´ai la grande ambition de diriger un jour ce pays pour changer ce système éducatif. Tout citoyen patriote qui aime son pays a le droit de lui rêver la grandeur et personne ne peut ni ne doit me l´interdire. C´est mon droit absolu du citoyen. Ceux qui ne pensent qu´à leurs propres intérêts, c´est aussi leur droit absolu du citoyen.

En homme politique, je prie Dieu qu´il me confie un jour la destinée de ce pays et je suis certain qu´il le fera car il sait que je veux la grandeur de mon pays. Ainsi, je tranformerai la région des Savanes, en particulier la ville de Dapaong qui est défavorisée (de par sa situation géographique) par rapport aux autres régions du pays. Les gens de Dapaong peuvent compter sur moi si Dieu me donne la chance de diriger un jour ce pays d´une façon démocratique, afin qu´ils aient les mêmes chances que les gens des autres régions du Togo, du fait de leur situation géographique qui les défavorise.

Prenons un simple exemple: un enfant à Dapaong qui veut faire son passeport doit parcourir des kilomètres pour venir à Lomé sans compter même les frais du voyage. Et si par malheur il a oublié une pièce ou on lui dit qu´une pièce manque dans le dossier, il doit repartir et revenir un autre jour. Alors que l´enfant qui habite dans une région proche de Lomé ne va pas faire les mêmes dépenses pour son voyage.

Il en est aussi de l´établissement du certificat de natinonalité, même si aujourd´hui le problème de ce cas est partiellement résolu et le service de nationalité se déplace occasionnellement à l´intérieur du pays pour en délivrer à ceux qui n´en ont pas. Soyons très sincères: l´enfant qui est à Dapaong n´a pas les mêmes chances de réussite que l´enfant qui est à Lomé. Donc, l´Etat doit tenir compte de cette inégalité géographique, pour être plus attentif vis-à-vis de nos frères et soeurs de la région des Savanes. C´est logique que les gens-là soient nerveux et demandent plus de l´Etat car leur situation géographique et climatique ne sont pas les mêmes que dans les autres régions du pays. Ils sont plus exposés à la précarité que dans les autres régions du pays.

Ensemble pour UNSER Land. Ensemble pour NOTRE pays. UNSER nous appelle tous à l´Unité.

Dr. Christian SPIEKER

Président de UNSER Land en création.

Source : icilome.com

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