Togo – Dr Christian Spieker : « Notre armée togolaise devrait avoir honte quand elle voit la bravoure et le courage de l´armée malienne dans l´action »

Un proverbe africain dit que « si la maison de ton voisin brûle il faut penser aussi à la tienne ». Donc on n´est pas loin du cas malien et cela doit nous préoccuper aussi en tant que Togolais dans l´espace CEDEAO. On est lié par le même destin.

Si les présidents africains ne veulent pas écouter ou respecter leur peuple, c´est l´armée républicaine qui viendra à leur secours en dernier ressort. Si l´intervention armée est condamnable dans son principe, elle est légitime et appréciable dans certains cas quand c´est le peuple lui-même qui la réclame en tant que détenteur du pouvoir. Elle est au service du peuple et c´est le peuple qui l´a souhaité. C´est le cas actuel au Mali. Le peuple malien, détenteur du pouvoir a approuvé pleinement l´intervention de son armée. C´est au peuple malien de faire maintenant bloc derrière son armée et la soutenir face aux multiples pressions auxquelles elle fera face par la manœuvre éhontée et sans scrupule de la France car « son homme à tout faire » est mis à l´arrêt par le peuple courageux, épaulé par son armée républicaine et exemplaire. Cette armée nous a démontré son caractère républicain.

Depuis mars 2020 le Mali est confronté aux difficultés de tout genre : fraudes électorales législatives, enlèvement du principal opposant Soumaila Cissé pendant la campagne de ces élections législatives par les inconnus, crise politique et corruption dans le pays, attaque quotidienne de la population malienne par les djihadistes. Mais tout ça n´a pas indigné et n´indigne aucunement ces soi-disant institutions internationales. La France s´indigne seulement quand un Français ou une Française perd la vie dans ces attaques. Les militaires ou civils maliens, eux, ils peuvent mourir et ne méritent pas indignation. Au même moment ailleurs, la revendication du peuple biélorusse est considérée comme légitime par ces mêmes institutions internationales. Pourquoi deux poids deux mesures ? On voit comment les voix s´élèvent (en commençant par la France et l´Union européenne) pour soutenir la mobilisation du peuple biélorusse après les élections frauduleuses donnant largement vainqueur le président sortant. Les mêmes choses se sont passées en Afrique comme c´est le cas au Togo le 22 février 2020 mais la France et ces institutions internationales n´ont trouvé bon que d´envoyer leur félicitation au président sortant, Faure Gnassingbé. Les présidents africains, spécialisés dans le tripatouillage constitutionnel, se représentent autant de fois qu´ils le souhaitent mais ces institutions ne s´indignent pas autant. Les crises politiques se profilent à l´horizon en Guinée et en Côte d´Ivoire mais elles ferment les yeux. Quand il y aura des élections frauduleuses contestées par leur peuple, elles vont les reconnaître. Mais quand l´armée interviendra au côté du peuple, suite au soulèvement de ce dernier laissé pour compte, dans ce cas, ces mêmes institutions internationales vont se lever subitement et parler de coup d´État contre le président mais frauduleusement élu. Quelle hypocrisie indescriptible ?

Le peuple togolais quant à lui, doit comprendre que ce ne sont pas ces institutions internationales qui viendront le délivrer de la situation dans laquelle il vit depuis plus de cinquante ans. C´est le peuple lui-même avec son armée s´elle était républicaine. Mais malheureusement elle ne l´est pas. Notre armée togolaise devrait avoir honte quand elle voit la bravoure et le courage de l´armée malienne dans l´action. Le peuple malien, lui, n´a pas fait confiance à la CEDEAO et a pris son destin en main.

Mais nous au Togo, la moindre chose c´est vers cette CEDEAO ou la France qu´on tourne et elles viennent nous berner tout le temps. Quelle naïveté et immaturité politique ? Il faut que le peuple togolais chasse même ces opposants et leur interdise de parler encore à son nom dans un quelconque sommet face à ce régime. Le peuple lui-même n´a qu´à mener son propre combat de sa libération.

Dans ces conditions, comment l´armée malienne peut-elle se taire et regarder son peuple souffrir alors que ces militaires sont aussi des gens qui ont leurs frères, sœurs, mères, pères dans la société civile ?
C´est seulement au Togo qu´on peut voir ce paradoxe où les gens ne pensent qu´à leur ventre.

Où était la France depuis la crise au Mali en mars 2020 ? Où était l´ONU depuis la crise ? Où était l´Union européenne depuis la crise ? Où était la CEDEAO ? Si cette dernière est intervenue tout récemment par l´intermédiaire de certains présidents triés par la France, cachée derrière, c´était pour se prononcer en faveur du président KEITA. Quelle est même l´utilité de cette institution appelée CEDEAO ? Au lieu de se mettre au service des citoyens de la communauté, elle sert seulement les intérêts des présidents qui se soutiennent en cas de menace et soulèvement de leur peuple. La France quant à elle, sachant qu´elle ne pourra plus intervenir directement, de peur d´être taxée de ce qu´elle est en Afrique et que tout le connaît connaît, multiplie les contacts en cachette et passe par ces mêmes institutions internationales pour faire pression sur les mutins qui sont venus sauver le peuple malien.

Il faut que ces militaires tiennent bon et ne se laissent impressionner ni par le Conseil de sécurité convoqué par la France, ni par l´Union européenne, ni par la CEDEAO, ni par l´Union africaine. Seul l´intérêt malien doit être au-dessus de tous. Les sanctions annoncées par la CEDEAO (comme fermeture des frontières aériennes et terrestres de son espace au Mali) et autres sont sans doute l´initiative de la France et certains présidents au sein la CEDEAO qui craignent leur propre sort comme par exemple Alassane Ouattara et bien d´autres encore que tout le monde connaît. Personne n´est dupe. Ils ne font pas ça au nom de la démocratie au Mali mais pour sauver leur propre peau en danger.

Pour ne pas commette d´erreur et de faux pas après cette bravoure héroïque, il revient aussi bien à l´armée malienne qu´à l´opposition de choisir à leur sein un patriote courageux, intègre et capable de défier ces institutions internationales et tenir tête à la France comme l´avait toujours fait Thomas Sankara, sans se laisser non plus intimider par l´annonce des sanctions contre le Mali pour faire peur.

Certains avec étroitesse d´esprit me demanderont, où est maintenant Thomas Sankara ?

Même si Sankara est assassiné, c´est inévitablement par d´autres Sankara que l´Afrique pourra se libérer un jour et non pas par des lâches ou ceux qui viennent pour servir la France.

Ainsi, ce sera un signal fort envoyé aux occidentaux et à ces institutions internationales corrompues qui considèrent l´Afrique comme une terre de prédation pour leurs intérêts. Vive l´armée républicaine malienne et vive le peuple malien pour leur lucidité et patriotisme qui manquent à nous, Togolais.

Reconnaissons toutefois avec lucidité que le problème togolais c´est l´armée tribale. Ce n´est pas le courage qui manque aux Togolais épris de la liberté, excepté les égoïsmes et opportunistes à leur sein.-

Source : icilome.com

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