Togo, Détournement de 500 milliards FCFA dans la commande du pétrole : La Banque Mondiale s’invite dans le dossier

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Les subventions des produits pétroliers auraient-elles été interdites par la Banque Mondiale au Togo ? On apprend que le scandale pétrolier embarrasserait les autorités à qui l’institution bancaire demanderait de s’expliquer.

Pourquoi tant d’agitations autour d’un rapport produit par une structure légalement constituée et relevant de l’Etat togolais ? Non seulement des médias se sont invités à une table un peu plus haute qu’eux, mais c’est la dernière sortie d’un ministre, membre du gouvernement et qui tente de remettre en cause la quintessence du rapport qui interroge.

En prenant la peine de comprendre les motivations de Christian Trimua qui l’auraient poussé à effectuer sa sortie dimanche 28 mars, on apprend de source que le rapport aurait mis dans l’embarras les plus hautes autorités du Togo.

Nous l’avions déjà écrit, lorsqu’on se penche sur les prélèvements issus du mécanisme d’ajustement des prix des produits pétroliers, lorsqu’on fouille minutieusement les revenus tirés du fonds réservé à l’entretien des routes, on en vient à la conclusion que le Togo n’a pas besoin de subventionner les produits pétroliers avant que le pétrole ne soitaccessible aux bourses des populations.

Après la sortie du rapport et des chiffres à justifier et/ou à rembourser, beaucoup s’étonnent qu’un PPTE (pays pauvre très endetté) héberge autant de malversations d’ordre financier. Avouons-le, près de 500 milliards FCFA « portés disparus des radars », c’est plus que les recettes des impôts ou de la douane en 2020, prises individuellement.

En 2020, les recettes totales réalisées par l’Office togolais des recettes (OTR) étaient de 654,5 milliards FCFA. Celles des impôts sont estimées à 330,7 milliards FCFA et celles de la douane et des droits indirects, à 324,1 milliards FCFA. C’est dire que le scandale lié à la commande des produits pétroliers mérite une attention particulière, n’en déplaise à ce ministre qui parle de rapport peu ou non fiable.

Justement, on apprend que la Banque Mondiale, une des structure au chevet des pays en difficulté serait remontée –un euphémisme- et demanderait des comptes aux autorités togolaises.

Le Togo est à la recherche de financements pour amorcer son développement. Le Plan national de développement (PND) manque d’allant, faute de financements. Le système sanitaire aspire à voir son plateau technique relevé. L’éducation scolaire recherche des bâtiments scolaires, des bancs et autres compétences humaines pour repartir de l’avant. Mais le dénominateur de tous ces besoins reste l’argent, le nerf de la guerre. Comment comprendre alors que dans le même temps, un groupuscule fasse main basse sur des richesses du pays ?

Quant au FMI, on se rappelle que sur trois ans, un programme de facilité élargie de crédit (FEC) a été conclu avec le Togo pour un montant d’environ 148 milliards FCFA. Non seulement le montant accordé au Togo n’atteint point les sommes litigieuses découvertes par le rapport, mais le pays n’a pas encore remboursé ce crédit. Avec des scandales de ce genre, que pensera le FMI du Togo ?

Au-delà de la personne qui a dévoilé le scandale, il y a des réalités que les Togolais n’auraient jamais apprises sans le rapport de l’Inspection générale des finances. Mais malgré ça, un membre du gouvernement se permet de remettre en question ce travail. Si au moins ce ministre était économiste ou comptable, on pourrait encore comprendre.

Godson K.

Source : Liberté

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Source : 27Avril.com

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