Togo-Côte d’Ivoire: ces intentions cachées d’ADO envers Faure Gnassingbé

En Afrique, surtout dans l’espace ouest-africain où l’on partage presque tous les mêmes us et coutumes, le droit d’aînesse à tout son sens. Tous les parents qui se respectent tentent toujours d’inculquer cette notion d’aînesse à leurs enfants. Mais s’il arrive qu’un « aîné », qui plus est un Chef d’Etat, se rabaisse et appelle « doyen » son homologue cadet, alors là on se doit de se poser des questions.

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Lundi à Abidjan en Côte d’Ivoire, lors de sa prestation de serment, le président ivoirien Alassane Ouattara qui rempile pour un troisième mandat a surpris toute l’assistance.

Dans son allocution de circonstance, le Chef de l’Etat ivoirien incroyablement réélu lors de la présidentielle du 31 octobre dernier à 94,27 % des suffrages exprimés, a dévoilé au grand public ce qu’il pensait de ses confrères du « syndicat des Chefs d’Etats » du continent noir. Il leur avait individuellement collé des étiquettes, des surnoms… des sobriquets qui à n’en point douter, leur allaient comme un gant.

Pour Alassane Drama Ouattara (ADO), 78 ans, les présidents Patrice Talon du Bénin, George Weah du Liberia et Macky Sall du Sénégal sont ses « Jeunes frères ». Le président nigérien Mahamadou Issoufou est pour lui, « L’Emir du Sahel ». Roch Marc Kabore du Burkina Faso, il l’appelle affectueusement « Mon neveu ». « Mon fils », c’est le surnom donné à Umaro Sissoco Embalo, 47 ans, élu président de la Guinée-Bissau lors de la présidentielle du 29 décembre 2019.

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Le ghanéen Nana Akufo-Addo réélu pour un second mandat lors du scrutin du 7 décembre dernier dont les résultats sont contestés par son challenger John Dramani Mahama, il le désigne par « Double Excellency ». Non moins hilarant, il désigne par « L’Empereur » le président congolais Dénis Sassou Nguesso, au pouvoir depuis trente (30) ans.

Mais le sobriquet qui a par-dessus retenu l’attention de toute l’assistance lors de cette cérémonie d’investiture, c’est celui de Faure Gnassingbé, le Chef de l’Etat togolais arrivé au pouvoir depuis 2005 dans des conditions que tout le monde sait. A en croire Alassane Ouattara, Faure Gnassingbé, 54 ans, est son « doyen ». « Faure Essozinam Gnassingbé, notre jeune doyen », a-t-il déclaré.

Pour le commun des mortels, ce surnom n’a rien d’extraordinaire, puisque Faure Gnassingbé au pouvoir de plus de 15 ans, est effectivement le doyen des chefs d’Etat de l’espace ouest-africain. Mais lorsqu’on pousse un peu loin les réflexions, cela a tout son sens, surtout quand on sait que le droit d’aînesse est un concept d’une importance capitale dans la culture africaine.

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Le moins qu’on puisse dire, c’est que ce surnom de « Jeune doyen » cache bien d’autres idées infâmes. Certains observateurs l’interprètent comme une « ironie ». Une vérité qui doit interpeller la conscience du Chef de l’Etat togolais qui, dans une interview accordée au confrère Deutsche Welle, affirmait que pour que la démocratie règne dans un pays, le mandat présidentiel doit être limité à 2 ou à 3.

Alassane Ouattara n’a pas choisi au hasard les termes. “Jeune doyen” dans le cumul des mandats en Afrique de l’Ouest. En tout cas, c’est le syndicat qui est en marche.

Godfrey

Source : Togoweb.net

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