Togo : Christian Trimua, l’homme qui rit à belles dents de ses adversaires

Christian Trimua

Parmi les actuels barons du régime des Gnassingbé, Christian Trimua, ce juriste, fils de pasteur, a une particularité : il aime rire à belles dents de ses adversaires. Si si, à belles dents, vous dis-je.

Dans un film Western, si un rôle devait lui être attribué, ce serait celui du méchant qui, conscient de ses formes illimitées devant la faiblesse absolue de ses adversaires, appelle systématiquement ces derniers et leur dit le mal qu’il compte leur faire avant de le leur faire. « Ho, pauvret, dans trois jours je viendrai chercher ta femme chez toi, dans ta maison, pour passer quelques bonnes minutes ». Et dans trois jours il vient chercher, pistolet à la ceinture, la femme, contre le gré de cette dernière, devant les yeux impuissants de l’adversaire.

Tout le monde se souvient qu’au plus fort de la crise qui avait secoué le Togo en 2017, il avait dit à une responsable de l’opposition, sur un plateau de télévision : « Allez prendre des armes pour venir arracher le pouvoir. » Et quelques semaines après, quand les débats s’enflammaient autour des réformes à faire avant toute élection, il avait lancé : « Il n’y aura pas de réformes. » Et il n’y eut pas de réformes.

Hier, sur RFI, interviewé sur la présidentielle du 22 Février prochain, il a déclaré : « Il n’y aura pas de proclamation des résultats par bureau de vote ». Et tout Togolais sait que la plus grande partie des fraudes électorales se réalise lors de la centralisation des résultats, ce qui ne peut être évité que par une proclamation par bureau de vote.

Le grand Trimua met donc fin, à travers une seule phrase, à ce rêve des Togolais d’avoir une idée de ce qu’on fait de leurs votes, leurs voix. Et il le dit sur RFI, la radio la plus écoutée en Afrique francophone. Il le dit, sachant que sa déclaration sera écoutée, indignera, fera jaser, énervera ses adversaires et l’opinion publique. Mais il le dit quand même, avec son naturel arrogant.

Trimua devant ses adversaires, nos leaders de l’opposition, c’est comme un père de famille devant ses garnements lui demandant une faveur qu’il ne compte pas leur faire. Pour mettre fin au débat qui traîne trop, le paternel frappe sur la table et décrète : « Vous n’aurez rien. » Il le fait, le père, parce qu’il sait que de son côté il y a toute la force, et du côté de ses enfants il y a toute la faiblesse, toute l’impuissance.

Il n’y aura pas de proclamation des résultats par bureau de vote. Ainsi en a décidé Papa. Garnements, on ne passera pas une éternité à vous apprendre à respecter vos patrons. Taisez-vous et obtempérez !

David Kpelly

Source : 27Avril.com

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