Togo, CENI : Le mensuel d’informations « Le bulletin », la trouvaille du controversé Kodjona Kadanga pour siphonner les ressources du pays

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La Commission électorale nationale indépendante (CENI) du Togo a, depuis peu, sorti un mensuel d’informations dénommé Le Bulletin. Mensuel dont le tout premier numéro a vu le jour en février 2018.

Togo, CENI : Le mensuel d’informations « Le bulletin », la trouvaille du controversé Kodjona Kadanga pour siphonner les ressources du pays

Son Directeur Kodjona Kadanga, espère faire de cet organe « un nouveau rendez-vous d’information citoyenne, de partage et de brassage des valeurs de paix et de civisme. » Comme pour ne rien laisser inachevé, il clôt en ces termes son mot : « Ainsi, nous relèverons ensemble notre défi commun, celui de l’intégrité… »

En terminant ses propos par des points de suspension, tout esprit éclairé sait d’emblée, que non seulement l’auteur en sus a des choses à dire, mais encore qu’il y a des choses qui doivent être sinon dites, du moins éructées. Depuis ses entrailles mêmes. De ces choses qui devraient, en guise de contrition, être débitées. De ces choses qui doivent être dites et qui n’ont pas été dites, à lire la dizaine de paragraphes qui font l’ossature de son premier mot. Que de « Je jure solennellement », de « transparence », de « professionnalisme » et de « peuple souverain » à longueur de passage. On a beau jurer « solennellement » au pays, on a agi à rebours de la main que l’on a levée lors de la prestation de serment. Où va donc se nicher la conscience ? On a beau parler de « transparence », de celle-ci, les Togolais n’ont jamais vu trace. De « professionnalisme », pas davantage.

Et quand un peuple est « souverain », on l’établit dans ses droits, ceci en rendant précisément point par point le choix qu’il a faits dans les urnes. Choses endéca desquelles les informateurs auront été. Quoi qu’il en soit, ces Togolais ont du mal à entrapercevoir ce nouveau bébé de la CENI, dans lequel d’aucuns –et ils sont nombreux !- voient déjà une provocation. Une provocation, car, l’on ne peut pas comprendre ce que vient faire en ce moment le mensuel d’informations d’une Commission électorale incomplète et décriée partout.

Et qui, comme par alchimie parle d’intégrité. Une commission électorale qui, l’air de ne pas y toucher, parle de partage et de brassage des valeurs de paix et de civisme, et qui elle-même s’inscrit en faux quand il s’agit de faire régner la paix. Car, soit dit en passant, rien n’est plus belliciste, plus incivique, plus amoral, que de refuser d’être un gage de paix, en donnant des résultats en tous points faux, et de persévérer dans le mal, alors même qu’on pourrait agir autrement. En cela, les Togolais ont du mal à accueillir un Bulletin qui n’est rien moins qu’une pilule de plus qu’on veut leur dorer. En mal de popularité, plus connue par ses magouilles que par ses bonnes actions (Dieu sait si elle en accomplit, de bonnes actions) ; huée, décriée, accusée comme jamais de toutes parts, en raison de sa partialité, qualité première dont elle a du mal à se départir, cette Ceni vient aujourd’hui se poser en donneur d’informations. Non, la coupe est pleine.

Mais qui en vrai mettre sa foi dans des activités d’un mensuel dont les auteurs sont à l’avant-garde du climat délétère que connaît le pays de longtemps ? Il faut être sérieux là, s’il vous plaît. Par ailleurs, derrière cette envie « d’informer », derrière cet élan qui fait vibrer la fibre patriotique, on voit tout de suite l’envie de créer un pactole teinté d’oisiveté. Car c’est cela la première des choses qui aura motivé les férus de paix et de civisme à créer un Bulletin.

On fait juste assaut d’inventivité pour créer Dieu sait quoi, pour après ponctionner les maigres ressources dont dispose le pays. Comme s’ils ne sont pas satisfaits d’occuper inutilement les locaux de la Ceni, on revient créer un machin.

Source : Le Correcteur

27Avril.com

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