Togo au Conseil des droits de l’homme des Nations Unies, un rayonnement sans impact

La présence du Togo au Conseil des droits de l’homme des Nations Unies est renforcée par l’élection de l’actuelle Directrice du Sceau, de la Nationalité et de l’Identité Civile, Kobauyah Tchamdja-Kpatcha comme expert dudit conseil. Depuis 2016, la présence du Togo dans cette institution est sans impact sur la situation des droits de l’homme dans le pays.

Il ne fait aucun doute que le Togo dispose de ressources humaines de qualité. Dans les institutions internationales et agences des Nations Unies, des compatriotes se distinguent par leurs connaissances pointues des domaines dans lesquelles ils exercent. Cette qualité des ressources humaines est reconnue dans le monde entier. La preuve a encore été faite, le 17 septembre 2020, à l’occasion de la 38ème Réunion des Etats parties au Pacte international relatif aux droits civils et politiques à New-York. L’actuelle Directrice du Sceau, de la Nationalité et de l’Identité Civile, Kobauyah Tchamdja-Kpatcha a été élue pour siéger au sein du Comité des Droits de l’Homme des Nations Unies pour la période 2021-2024. Elle y exercera en tant qu’expert.

Le Togo est honoré, et ce n’est pas la première fois. Depuis 2016, le pays est membre du Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies. En décembre 2019, le poste de Vice-président du Conseil a été attribué au Togo et son représentant permanent désigné rapporteur du Conseil. Toutes ces réussites donnent l’impression que le Togo est une République dans laquelle la situation des droits de l’homme est relativement bonne. Mais dans la réalité, c’est tout le contraire qui est observé. Les rapports successifs du Bureau de la démocratie, des droits de l’homme et du travail du Département d’Etat des États-Unis le montrent à suffisance. Ceux de l’ONG international Human Rights Watch (HRW) ou encore d’Amnesty International révèlent la misère que vivent les Togolais.

Les rapports d’organisations nationales également épinglent le Togo. En juillet dernier, la Ligue togolaise des droits de l’Homme (LTDH) a célébré son 30ème anniversaire. Elle a publié un rapport qui révèle les violations des droits de l’homme dans le pays. La LTDH écrit : «Certains journalistes ou organes de presse ont été convoqués pour avoir écrit des articles politiques. D’autres ont fait l’objet de menaces ou de confiscation de matériels de travail sur les lieux de travail. Sur le terrain, les journalistes sont souvent pris à partie par les forces de sécurité et passés à tabac… Les institutions qui interviennent dans le processus électoral sont toutes à la solde du pouvoir et les conditions d’organisation des différentes élections portent en elles les germes des violences postélectorales. L’on peut affirmer que les élections au Togo ont été toutes régulières, mais n’ont jamais été sincères et transparentes ». Un pays où la presse est muselée et les institutions à la solde du pouvoir, ne peut jamais se vanter d’être une démocratie, sinon de façade.

Qu’y gagne le peuple togolais de ces postes dans les organisations internationales ? Rien. Et c’est une réponse sans ambigüité aucune. Depuis l’élection du Togo au Conseil des droits de l’homme des Nations Unies, le pays n’a pas connu une meilleure situation que les années précédentes. D’ailleurs, la situation a viré au rouge. Un an après cette élection, c’est-à-dire en 2017, le Togo a connu une situation déplorable. Les manifestations pacifiques ont été réprimées dans le sang. De nombreux décès par balles ont été enregistrés dont des mineurs qui ne participaient pas aux manifestations. Le régime a déployé ses milices que des ministres ont présentées comme des groupes d’auto-défense.

Le visage de cette répression sanglante, c’est la présence sur les lieux de manifestation du Chef d’Etat-major Général de l’Armée. Ce jour de décembre 2018, Idrissou Moufidou, 10 ans, a été abattu de sang froid alors qu’il se trouvait dans le garage de son maître. Pour le ministre de la Sécurité, Yark Damehame, le Général Abalo Kadanga était sur les lieux pour superviser le travail de ses hommes. Les récents décès dans l’Armée ne rassurent pas non plus sur la sécurité des citoyens. La présence du Togo au Conseil des droits de l’homme des Nations Unies ne sert visiblement à rien.

G.A.

Source : Liberté

Source : 27Avril.com

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