Thomas KOUMOU : « Il faut créer une holding de reprise à la place de la fusion de l’UTB et de la BTCI » 20 septembre 2018

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Thomas KOUMOU : «  Il faut créer une holding de reprise à la place de la fusion de l’UTB et de la BTCI »                                                                             20 septembre 2018

Par Serge Lemask, togo-online.co.uk

Dans le cadre de l’accord triennal que le FMI a signé le 05 mai 2017 avec l’état togolais, le fonds recommande aux autorités togolaises, je cite : “les deux banques publiques sous-capitalisées seront consolidées en une seule institution saine” fin de citation.

En d’autres termes, il est demandé à nos autorités de finaliser l’opération de fusion de l’Union Togolaise de Banque (UTB) et de la Banque Togolaise pour le Commerce et l’Industrie (BTCI), qu’elles ont annoncé. La question que nous nous posons est celle-ci : les gouvernants veulent – ils effacer les traces de la mauvaise gestion de ces banques en procédant à une fusion à l’image de ce qui se fait entre TOGOTELECOM et TOGOCELLULAIRE ? je rappelle à nos compatriotes que les participations des deux banque d’état à l’effort budgétaire sur les trois dernières années selon nos gouvernants sont (sources budget 2017) :

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– Impôts sur les sociétés (IS) : BTCI 118 568 000 FCFA (2015) ; 108 500 000 FCFA (2016) ; 101 540 000 FCFA (2017). UTB 635 652 000 FCFA (2015) ; 680 000 000 FCFA (2016) ; 195 582 000 FCFA (2017).
– Dividendes : BTCI rien sur les trois années. UTB 2 000 000 000 FCFA
(2015) ; 2 000 000 000 FCFA (2016) ; 500 000 000 FCFA (2017).
Dieu seul sait si ces ressources ont été effectivement versées à l’état puisqu’il n’y a pas de loi de règlement, les états financiers et les rapports annuels de ces banques sont introuvables, le pays est géré dans une opacité totale. Je rappelle que les deux banques sont des banques d’état. C’est-à-dire que c’est votre argent qui a servi à créer ces deux banques. En gouvernance moderne, Les documents financiers doivent figurer sur leurs sites internet.
En réalité, les opérations de fusion sont conseillées en finance d’entreprise lorsque deux entités veulent renforcer leur position sur un marché concurrentiel par la mutualisation des moyens en réduisant les coûts d’exploitation synonyme d’une optimisation de rentabilité sur le marché en question. Est-ce réellement l’objectif de la fusion des deux banques ? Nous émettons de sérieux doutes dès lors que tout ceci se fait comme d’habitude, dans une totale opacité. Et pourtant il s’agit bien des ressources des contribuables.

Il faut mentionner que nous sommes résolument contre la privatisation de nos banques publiques pour la simple raison qu’un pays qui souhaite émerger a besoin de banques publiques pour financer son économie. Car la réduction ou l’optimisation des coûts des facteurs (exemple : taux d’intérêts), tel que nous l’avons suggéré à maintes reprises dans nos publications, est essentielle à la performance de l’économie.
Dans le cas spécifique de notre secteur financier, nous recommandons une fois encore qu’une autre réponse qui nous semble mieux adaptée à la situation de notre économie soit apportée. Nous proposons la création d’une holding de reprise servant de locomotive à quatre filiales bancaires. Nous aurons ainsi un groupe bancaire public avec des filiales spécialisées. Je préfère passer sous silence le montage et les segments d’activité que ces filiales doivent couvrir. Il faut ensuite recapitaliser ce groupe bancaire en fonction de la situation intenable de notre endettement public.
Il est donc impératif face à la situation actuelle de notre économie que le Togo ait un groupe bancaire solide bien géré suffisamment capitalisé afin de financer de façon optimale notre économie. Il est regrettable que son excellence le Président de la République sollicite des banques privées pour financer notre agriculture. Ce qui risque de renchérir les couts de production en réduisant les marges commerciales des agriculteurs dans une monde aussi compétitif. Ce n’est pas acceptable.
Au-delà de cette restructuration, le vrai problème demeure le choix des hommes et des femmes, qui sont censés diriger nos entreprises. Les critères de sélection de nos gouvernants sont toujours politiques, ethniques etc., avec pour résultats la faillite des entreprises par la dilapidation des ressources du pays.
Au point que nous finissons par observer que les gouvernants ont recours à des expatriés (malgré les nombreux “docteurs” dont ils disposent) pour diriger nos régies financières, nos hôpitaux, nos banques et bientôt ce sera le pays.

Puisse la Divine providence veiller sur nous et marcher à nos cotés
Thomas Dodji Nettey KOUMOU
Veille Economique

Togo-Online.co.uk