Secrets de Palais: ces efforts ratés de Faure Gnassingbé pour ressembler à Paul Kagame

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Comme dans un couvent, l’Assemblée Nationale version 20 décembre 2018 a procédé mercredi 07 août à l’adoption du projet du gouvernement portant modification de la loi N°2011-010 du 16 mai 2011 relative aux conditions d’exercice de la liberté de réunion et des manifestations pacifiques au Togo. Au total 10 articles notamment 3, 6, 9, 10, 12, 13, 17, 19, 20 et 21 ont été toilettés. Le gouvernement en a ajouté 2 de nouveaux (9 alinéas 1 et 2).

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Des différentes
modifications de la loi, on retient pour l’essentiel que « dans le cadre
des réunions ou manifestations ou réunions pacifiques publiques,
l’itinéraire comporte un seul point de départ, un seul tronçon de route
et un seul point de chute », stipule la nouvelle version de la loi en
son article 9-1.

Les réunions ou les manifestations pacifiques
sur la voie publique et dans les lieux publics ne peuvent se tenir avant
11h00 et audelà de 18h00″, souligne la nouvelle loi qui modifie un
précédent texte datant de 2011. La loi restreint également sévèrement
les lieux publics où peuvent être organisées des manifestations.

« Pour
des raisons stratégiques, économiques et sécuritaires, toutes les
manifestations sont interdites sur certains axes et zones notamment
toutes les routes nationales, les axes et zones où se déroulent de
fortes activités économiques, dans les centres urbains, les axes et
zones proches des institutions de la République, les axes et zones
proches des chancelleries et résidences des ambassadeurs et
représentants d’organisations internationales et les axes et zones
proches des camps militaires et des camps de service de sécurité »,
souligne la loi.

Par ailleurs, le nombre de manifestations
organisées par semaine dans une ville peut être limité par l’autorité
administrative compétente en fonction de la disponibilité des forces de
sécurité devant être affectées à leur encadrement.

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Le gouvernement et alliés et leurs arguments bidon

Dans
son exposé de motif, le ministre de l’Administration territoriale, de
la Décentralisation et des Collectivités Locales, Payadowa Boukpessi a
justifié le charcutage de la loi Bodjona par le souci du gouvernement
d’assurer un meilleur encadrement des manifestations et de la sécurité
des riverains, entre autres. A l’en croire, ces modifications tiennent
compte des conséquences tirées des manifestations publiques et
pacifiques qu’a connues le Togo depuis les 19 août 2017.

« Il
faut signaler que les modification apportées ont été faites en tenant
compte des conséquences tirées des manifestations publiques que notre
pays a connues depuis le 19 août 2017. L’outil juridique que vous venez
de mettre à la disposition de notre pays sera plus facile d’utilisation
dans le cadre de l’exercice de la liberté de manifestation. Cela sera
ainsi dans l’intérêt de tous à savoir : les manifestants et les
autorités administratives compétentes », a-t-il indiqué.

« Il
s’agit d’adapter cet instrument juridique (la loi du 16 mai 2011) au
contexte nouveau marqué par les menaces terroristes dans la sous-région
et aux portes de notre pays. L’objectif est de parvenir au meilleur
encadrement des manifestations pacifiques publiques afin d’assurer la
sécurité aux riverains et d’offrir surtout à la sécurité aux
manifestants qui manifestent, dans le cadre de la liberté de
manifestation garantie par notre constitution, pour une raison ou pour
une autre », a-t-il argué.

Selon Boukpessi, la modification
apportée à l’ancienne loi « s’est imposée au gouvernement pour adapter
les instruments juridiques aux contextes nouveaux, marqués par des
menaces terroristes dans la sous-région et aux portes de notre pays ».
« L’objectif est de parvenir à un meilleur encadrement des manifestations
pacifiques publiques, afin d’offrir la sécurité aux riverains et
surtout d’offrir la sécurité aux manifestants », a-t-il souligné.

Et
dans ses relents liberticides, le pouvoir a le soutien de ceux qui font
office de l’opposition à l’Assemblée Nationale. Le Président du Groupe
Parlementaire UFC Senanu Alipui avance « s’il ne tenait qu’à moi, il n’y
aura plus de manifestations publique au Togo ».

« Cette loi
n’interdit pas les manifestations au Togo. Elle met juste des
dispositions pour son encadrement. Quel article de cette nouvelle loi
est en contradiction avec la constitution ? Quel article précis est en
conflit avec la constitution ? Il n’y a aucun. D’ailleurs la Cour
constitutionnelle est là, si seulement il y avait une disposition de
cette loi qui entre en conflit avec la Constitution, la Cour
constitutionnelle aurait réagi. Donc la nouvelle loi n’est pas une
mesure punitive », a-t-il argumenté.

Et de poursuivre : « Nous
avons seulement adapté le droit de manifester à notre contexte
particulier. Vous n’êtes pas sans savoir que le 19 août 2017, une
manifestation de rue qui se déroulait dans la zone d’Agoè a voulu
prendre la direction de la présidence, et cela a entrainé des morts. Des
morts dont nous n’avons pas besoin dans le cadre d’une manifestation
pacifique. Donc tout cela a amené le gouvernement à revoir les choses,
surtout qu’il y a maintenant la question du terrorisme. Manifester n’est
pas un mal en soi. Le président Fabre de l’ANC a marché dans ce pays
pendant des années, il n’a blessé ni tué personne. Il fut un moment où
il marchait chaque semaine. Mais à partir du moment où ces
manifestations amènent des morts, il est normal qu’on recadre un peu les
choses ».

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Levée de boucliers contre le grand recul

Au
lendemain de l’adoption de cette loi liberticide, plusieurs acteurs
politiques et de la société civile ont exprimé leur indignation. Pour le
Politologue Mohamed Madi Diabakaté, l’adoption de cette loi est un
grand « recul de la construction démocratique togolaise ».

«
Cela ne m’étonne pas si ce projet de loi portant modification de la loi
N°2011-010 du 16 mai 2011 a été adopté mercredi par cette assemblée
acquise au gouvernement togolais. Mais ce que je peux dire, c’est que si
la loi Bodjona, en elle-même, a contribué à crucifier le droit de
manifestation au Togo, cette nouvelle loi taxée de loi Boukpessi n’a
finalement fait que contribuer à ensevelir ce droit de manifestation. Ce
n’est qu’un recul de la construction démocratique togolaise et c’est
dommage », a regretté le jeune écrivain togolais.

A en croire le
Politologue, les arguments avancés par le gouvernement pour procéder à
la modification de la loi Bodjona ne sont que des arguties impropres à
convaincre une personne sérieuse. « Les différentes justifications
avancées par le gouvernement pour procéder à la modification de cette
loi ne peuvent convaincre des personnes sérieuses. Dans des pays où le
terrorisme est une réalité, les gens continuent d’exercer le droit de
manifestation. Ici, on cherche à faire intervenir le terrorisme pour
l’utiliser comme argument politique pour étouffer les manifestations »,
a-t-il dénoncé.

Et de poursuivre en avertissant : « Il ne faut
pas chercher le diable dans les détails, sinon on finit par le trouver
et d’une façon peu glorieuse ».

Pour lui, le régime de Faure
Gnassingbé doit relever d’autres défis socio-économiques en lieu et
place de chercher à tout prix à interdire aux Togolais de manifester
dans les rues.

« Il s’agit d’un recul de l’Etat de droit. Il y a
tellement d’endroits interdits que finalement les manifestations
n’auront aucune incidence et donc c’est contraire aux libertés
individuelles », a assené Spero Mahoulé, Président du Collectif des
Associations de lutte contre l’impunité au Togo (CACIT) sur RFI.

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De
son côté le Secrétaire Général de l’Alliance des Démocrates pour un
Développement Intégral (ADDI) Professeur Wala Kperkouma indique que «
les modifications apportées à la « loi Bodjona » par l’Assemblée Nationale
illustrent davantage le caractère liberticide du régime UNIR. On ne
peut comprendre que, pendant que le peuple togolais aspire à plus de
démocratie, les lois soient faites pour restreindre le champ des
libertés citoyennes.

Un regard rétrospectif met en évidence le
rejet de la démocratie par le régime qui régente notre pays, car toutes
les modifications apportées à nos lois ne visent pas à asseoir ou faire
évoluer la démocratie et la culture politique, mais plutôt à les
dépouiller de tout ce qui peut permettre l’expression des libertés
citoyennes, l’alternance politique pacifique, la bonne gouvernance et le
développement durable de notre pays.

On s’enferme dans un
éternel recommencement tout en semblant ignorer que les mêmes causes
produisent les mêmes effets. Si les togolais ont bradé la dictature de
feu Gnassingbé Eyadema pour arracher la Conférence Nationale Souveraine
et la Constitution de 1992, je suis encore plus persuadé que ce ne sont
les velléités de restriction des libertés citoyennes par une Assemblée
quasi-monocolore que l’en dissuaderont ».

Faure et le piège d’une rwandisation falsifiée

Au
lendemain de la parodie des Législatives du 20 décembre 2018, le chef
de l’Etat semble retrouver son véritable pied d’appel de dictateur dans
l’âme qu’il tentait de cacher pendant 14 ans. La pagaille du 08 mai
portant révision de la Constitution et le toilettage du 07 août dernier
de la loi sur les manifestations publiques sont deux actes majeurs qui
traduisent l’état d’âme de Faure Gnassingbé. En réalité, Faure ne
supporte pas la contradiction et ne veut pas d’opposition politique en
face.

S’agissant de la nouvelle loi sur les manifestations,
depuis quand le projet a-t-il été adopté en conseil des ministres ? A
quelle date a-t-il été introduite à l’Assemblée Nationale ? De surcroît,
un grand silence a été gardé autour de ce projet jusqu’à son adoption.

A
juste titre, tous les députés du 20 décembre sont des suppôts du
pouvoir et sont en complicité permanente contre le peuple. On ne peut
garder au secret un tel projet d’intérêt public.

Au fond, il ne
s’agit plus d’éventrer cette loi sur les manifestations. Il est question
d’agir sur les revendications ayant conduit au recours à la rue.

Au
final, on comprend que le fils de Eyadèma est sur la voie de Paul
Kagamé qui a réduit à néant toute opposition et toute manifestation
politique au Rwanda. Tous les espaces de liberté et de démocratie sont
abolis au Rwanda.

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Ce qui est déplorable quand bien même le pays connaît un développement et de modernisation à certains niveaux.

Au Togo, Faure est en train de singer Kagamé sans forcément amener le Togo au même niveau de développement qui impose un peu de respect à Kagamé à certains niveaux. Il s’agit de la volonté de « rwandisation falsifiée » du Togo. Bien plus, le Grand Lac où se trouve le Rwanda est une zone de guerre larvée et une telle politique est plus ou moins adaptée à cette partie de l’Afrique. Mais le Togo et sa position ne s’y prêtent pas.

Faure Gnassingbé pense à tort que cette Assemblée monocolore lui fait du bien. Qui peut investir dans un pays où toutes les institutions sont caporalisées ? Le peuple togolais ne peut être assimilé au mouton de Panurge.

Kokou AGBEMEBIO / Le Correcteur

Source : Togoweb.net

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