Scrutin du 22 février: lettre ouverte aux responsables religieux

Responsables Religieux de mon pays, je ne peux faire autrement que de m’adresser à vous, à cause de la lettre que le Ministre de l’Administration Territoriale, de la Décentralisation et des Collectivités Locales a adressée au Secrétaire Général du Conseil Episcopal Justice et Paix (CEJP) le 16 janvier 2020.

Je m’adresse d’abord à vous, Evêques, membres de la Conférence Episcopale du Togo (CET) pour vous demander, sans vouloir vous manquer de respect, comment vous avez pu encore donner à ce ministre l’occasion de vous insulter ainsi. En effet, chez nous, on dit que si une grande personne a appris à ses dépens qu’un enfant est impoli, s’il arrive que cet enfant se comporte encore avec elle avec la même incorrection, c’est la faute de la grande personne.

En effet, pourquoi avoir encore fait écrire à propos de l’accréditation comme observateur, alors que l’année dernière déjà, comme rappelé par le ministre lui-même, la réponse était déjà assez insultante ? Et comme il n’y a pas eu de protestation de votre part à la suite de la lettre du 30 juin 2019, puisque les autorités togolaises n’ont pas été remises à leur place, cela leur a laissé croire que tout leur est permis.

En juin 2019, le ministre se disait préoccupé par les sources de financement permettant à laCEJP de déployer des observateurs sur le terrain. A ce sujet, je reprends les termes de la déclaration du mouvement Espérance pour le Togo, à la suite de la lettre du 30 juin 2019 :

« Commençons par les sources de financement qui constitueraient une “préoccupation” pour les autorités. Que signifie cette préoccupation ? Que ces autorités auraient droit de regard sur la manière dont des associations privées compte rémunérer leurs observateurs ? Au nom de quoi ce droit de regard ? Et les autres observateurs que les autorités convoquent pour ces élections, comme ils l’ont fait pour les autres élections, comment sont-ils rémunérés ?

Ce sont les citoyens qui devraient plutôt poser la question des fonds utilisés pour la campagne, alors que les candidats de la majorité, ne se privent pas d’utiliser les moyens de l’Etat comme les voitures gouvernementales (payées avec l’argent des contribuables !), ce qui est interdit par l’article 72 du code électoral ! »

Mais à cause du silence et de la CEJP et de la CET, la lettre de janvier 2020 est encore plus humiliante, car elle ose affirmer : « Le refus de communiquer vos sources de financement, est la preuve que cette opération est téléguidée par une ou plusieurs organisations que vous ne voulez pas dévoiler ».

L’Eglise catholique demanderait que la Commission Justice et Paix soit observateur durant l’élection présidentielle à venir parce qu’elle est sous on ne sait quelle obscure influence ?

 Maryse QUASHIE

Source : Togoweb.net

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