Santé critique de Kpatcha: Alpha Condé interpellé

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Kpatcha
Gnassingbé. La personne n’est plus à présenter au Togo. Plusieurs fois
ministre, cet autre fils de feu Gnassingbé Eyadéma, père de l’actuel chef de
l’Etat, est incarcéré à la prison civile de Lomé depuis son arrestation en 2009
dans la rocambolesque affaire dite d’atteinte à la sécurité intérieure de
l’Etat. Une affaire plutôt considérée dans l’opinion aussi bien à
l’international qu’au Togo comme une tentative de musèlement d’un
« frère » dont la popularité devenait de plus en plus inquiétante. 

Lire aussi: Affaire de Palais: Faure Gnassingbé se livre sur son lien de sang avec Kpatcha

Mais
il y a lieu de s’inquiéter de la situation, les informations de sources
concordantes depuis Lomé, faisant état d’une détérioration accrue de l’état de
santé du demi-frère de Faure Gnassingbé. En effet, depuis son incarcération,
Kpatcha Gnassingbé s’est révélé d’une santé plutôt fragile. Les conditions de
détention dans les prisons du Togo en sont aussi pour quelque chose. L’ancien
ministre de la Défense a ainsi multiplié les hospitalisations, comme en mai
2018 à la suite de malaises et d’intenses douleurs au genou.

Son
état inquiète ceux qui ont pu le rencontrer ces derniers temps. Qu’en est-il
exactement ? Rien de rassurant, selon les informations. L’homme serait
réduit dans sa mobilité à cause de « plaies veineuses » au pied
droit. Des plaies qui se sont révélées plus coriaces que les médicaments qui
lui sont administrés et dont les effets restent éphémères. D’où l’option d’une
opération chirurgicale.

Evacuation
sanitaire, l’ultime option pour sauver Kpatcha

Il est évident que ce dont souffre Kpatcha Gnassingbé ne peut être
pris en charge que dans des conditions optimales. La nécessité d’une
évacuation sanitaire ne fait plus l’ombre d’un doute. Et pour cause,
l’ancien député a plusieurs fois séjourné dans les hôpitaux au Togo,
mais aucune solution efficace n’a été trouvée à ses maux.

Le 05 août 2015 avant le lever du jour, il a été extrait de sa
cellule et conduit au Pavillon militaire du Centre Hospitalier
Universitaire (CHU) Sylvanus Olympio de Lomé. Déjà à l’époque, son
conseil s’inquiétait de l’état de ses pieds. « Le cas de Kpatcha
Gnassingbé est alarmant. Il souffre de plusieurs maladies avec des
jambes enflées, l’obligeant à utiliser des béquilles pour se déplacer »,
avaient averti ses avocats, quelques jours seulement avant cette
hospitalisation.

Mal
pris en charge, les maux dont souffre celui le demi-frère de Faure Gnassingbé
n’ont pas disparu, au contraire. Les pieds ont continué à enfler alors que des
sources proches du détenu ont laissé entendre que le diabète était aussi de la
partie. Malgré les alertes, rien n’a été fait jusqu’en mai 2018 où le
demi-frère du chef de l’Etat a été à nouveau hospitalisé.

Pourtant,
depuis sa condamnation, les avocats de Kpatcha Gnassingbé ont multiplié les
plaidoyers pour obtenir sa libération. « Plus de deux fois, M. Kpatcha
Gnassingbé a adressé au président de la République une demande de grâce
présidentielle, tel que le reconnaissent nos textes et notre Constitution. Donc
il n’y a que le président qui peut user de cette prérogative. Mais jusqu’à ce
jour, le chef de l’Etat ne s’est pas prononcé là-dessus. Et une nouvelle
demande a été adressée à ce dernier. Nous verrons ce que cela va donner »,
réagissait Me Jil-Benoit Afangbedji en août 2015.

Lire aussi: Prison de Lomé: Kpatcha Gnassingbé n’en peut plus

D’autres
démarches ont été ensuite effectuées, en vain. Mais à l’heure actuelle, la
question est de savoir si Faure Gnassingbé aura le courage de refuser
l’évacuation sanitaire de son demi-frère, tout en étant conscient de son état
de santé déclinante et de la probabilité élevée qu’il décède si rien n’est
fait. Cette question est d’autant plus importante que des personnalités
togolaises et étrangères ont souligné la nécessité pour le chef de l’Etat de
libérer Kpatcha Gnassingbé, au nom de la réconciliation dans le pays.

En
dehors de la réconciliation du peuple togolais, il est vrai que cette affaire
d’atteinte à la sécurité intérieure de l’Etat divise la famille même de Faure
Gnassingbé. Il en est de même au sein de son ethnie. Les dissensions sont
réelles, mais elles sont tues au nom d’une solidarité de façade.  

L’autre
fait, c’est que de nombreuses organisations ont déploré la détention de Kpatcha
Gnassingbé, condamné à 20 ans de prison ferme dans un procès que la Cour de
justice de la Cédéao a déclaré inéquitable. Dans un avis de septembre 2014, le
Groupe de travail des Nations Unies sur les détentions arbitraires a demandé à
l’Etat togolais de libérer le détenu et ses coaccusés.

Lire aussi:Prison de Lomé: Kpatcha Gnassingbé très mal en point

Le
président togolais Faure Gnassingbé est face à ses responsabilités, occasion
pour lui de surprendre en se comportant en homme d’Etat.

Pierre  Afanou/guineematin.com

Source : Togoweb.net

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