Saisies de munitions au Bénin : Après la drogue, le Togo se signale dans le trafic d’armes

Les Togolais seraient-ils devenus très actifs dans le trafic d’armes ? Après la saisie de 70 milles cartouches de calibre 12 par la Police béninoise, le Togo annonce aussi une seconde saisie, celle de 1300 cartouches du même calibre. Dans les deux cas, on évoque le Bénin comme destination finale et l’implication de Togolais.

« Le 30 avril 2021 aux environs de 1 heure, l’équipe de patrouille du Commissariat central de la ville de Lomé a interpellé une voiture suspecte de marque AUDI immatriculée TG-8827-AH sur le Boulevard de la République à Kodjoviakopé à hauteur du bar « La Cour des grands » à quelques centaines de mètres de la frontière avec le Ghana. Dans cette voiture suspectée se trouvaient cinq (5) passagers, dont un Togolais, deux Nigérians, un Béninois et une Ghanéenne. La voiture a été ramenée à l’unité et sa fouille en présence des passagers a permis de retrouver, soigneusement dissimulés sous les bagages dans le capot, deux (2) cartons contenant au total 1300 cartouches de chasse de calibre 12mm », a publié, hier, la Police nationale togolaise sur sa page facebook.

D’emblée, on est tenté de s’interroger sur les raisons pour lesquelles la Police togolaise a tu cette information pendant 5 jours. En tous cas, elle seule le sait. Mais une chose frappe aux yeux, cette révélation suscite déjà des commentaires puisque la saisie des 1300 cartouches n’est pas un fait isolé. Une situation similaire a eu lieu au Bénin le même jour. Mais contrairement à la police togolaise, les Béninois ont vite fait de communiquer là-dessus. Dans une déclaration en date du 1er mai, le Procureur Spécial Elonm Mario Metonou a souligné qu’au décompte, un minibus impliqué dans un accident mortel transportait 70 milles cartouches de calibre 12. « Le seul rescapé de l’accident dit répondre au nom de Kankalala Aziz, de nationalité togolaise, il réside à Aledjo au Togo. De ses premières déclarations, il ressort qu’il a l’habitude d’aider le conducteur du minibus, également de nationalité togolaise à décharger ses marchandises. Cette fois-ci, il aurait été sollicité la veille aux environs de 20 heures à Aoro, village situé sur l’axe routier Bassila-Bantè pour aider à décharger la cargaison à Gouka et à Akpassi dans la commune de Bantè », précise-t-il.

Deux choses sautent aux yeux. D’abord la nationalité du survivant et du conducteur du véhicule ainsi que la destination finale, le Bénin. Dans le cas de la saisie opérée par la police togolaise, les mêmes indices ressortent. En d’autres termes, le Togo se positionne au fil des événements comme une plaque tournante du trafic de munitions et donc d’armes. Avec cette multiplication du trafic, ce n’est pas le Général Félix Abalo Kadanga, ancien chef d’Etat-major des Forces armées togolaises (FAT) et actuel président de la Commission nationale de lutte contre la prolifération, la circulation et le trafic illicites des armes légères et de petits calibres (CNLPAL) qui va chômer.

Une question se pose : les pays voisins du Togo ont-ils raison d’exprimer des craintes ? A priori non, puisque le Togo affiche une certaine vigilance par rapport aux actes de terrorisme et vient même de procéder à la saisie de cartouches. Mais des craintes peuvent être légitimées par la propension de Faure Gnassingbé à jouer le gendarme de la région ouest-africaine et du continent. Soupçonné de soutenir des personnalités accusées de terrorisme dans leur pays, le Togo peut susciter des craintes.

Au-delà du trafic d’armes qui s’intensifie autour du Togo, le pays a acquis depuis belles lurettes la réputation de pays transit du trafic de stupéfiant. En mars dernier, 17 tonnes de cannabis d’une valeur marchande de 20 milliards de FCFA ont été saisies dans un entrepôt à Niamey. La marchandise, en provenance du Liban, a transité par le Port autonome de Lomé pourtant équipé en scanners de haute précision. En dehors de cette saisie record, de nombreuses autres ont été faites en Europe, en Amérique latine à bord de navires battant pavillon togolais.

Il faut aussi faire mention de la piraterie maritime qui prospère aux larges d’un pays –toujours le Togo- qui a organisé, à coups de milliards, un sommet sur la sécurité maritime.

G.A.

Source : Liberté / libertetogo.info

Source : 27Avril.com

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