République bananière : Quand regarder un film devient un délit

Ils sont cinq Togolais à passer deux heures dans le Commissariat d’Adidogomé. Il s’agit de Roger Folikoé, Seyrame, Afan Diego, Edouh Kossi et Fovi Katakou. Leur faute : Projection de film documentaire sur la vie du Pasteur américain Martin Luther King. Les cinq membres des Universités Sociales du Togo ont été interpellés par les éléments de la Force anti-pandémie Covid-19. Dans les locaux du Commissariat, il leur a été reproché de n’avoir ni autorisation ni respecté la distanciation sociale. Après 120 minutes, tous les cinq « otages » ont été libérés mais leurs matériels ayant servi à la projection du film ont été gardés.

Pour les avoir, ils doivent s’acquitter d’une amende à la Mairie Golfe 5 d’Aboka Kossi. A regarder de près les images peu avant les interpellations, la distanciation sociale et les masques aux visages sont bien visibles. Nul ne peut croire donc en réalité, au fait allégué pour importuner de paisibles concitoyens. Il s’agit d’un abus de pouvoir et des scènes d’intimidations habituelles contre quiconque forme, conscience sur l’éveil de la population.

En quoi le fait de regarder un film documentaire de Martin Luther King constitue un délit ? Que dit-on des regroupements dans les bars et chez les réparateurs de télés au bord des routes ? Que dit-on des obsèques qui s’organisent comme d’ordinaire à Lomé et un peu partout dans le pays sans qu’on voie la force anti-pandémie ?

La réelle motivation de cette force anti-pandémie est d’empêcher la projection du film documentaire jusque dans une propriété privée. En vérité, la projection du film est un café citoyen initié par les UST pour sensibiliser les jeunes sur les notions de patriotisme à travers les héros qui ont marqué l’histoire de l’humanité. A travers cet énième coup de force, les restrictions des libertés individuelles et collectives sont plus que d’actualité au Togo.

Et c’est tout triste que le Togo replonge dans la démocrature pendant que bon ombre de pays de la sous-région travaillent à se départir de l’étiquette de république bananière.

Honoré Adontui

Source : Le Correcteur [lecorrecteur.info]

Source : 27Avril.com

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