Refus d’alternance au Togo : Esseulé, Faure appelle en renfort des dictateurs du Centre. Comment Ouattara a court-circuité le pouvoir de Lomé

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Refus d’alternance au Togo : Esseulé, Faure appelle en renfort des dictateurs du Centre. Comment Ouattara a court-circuité le pouvoir de Lomé


Un sommet conjoint CEDEAO-CEEAC à Lomé, c’était à l’étape des rumeurs jusqu’à l’adoption le 22 juin dernier de la loi rectificative gestion 2018. Il avait été avancé entre autres raisons pour justifier la loi rectificative, l’organisation des sommets ACP-UE/CEDEAOCEEAC dont la charge revient à l’Etat togolais.

Avant cela, Faure Gnassingbé en pleine crise du 19 août 2017, s’était rendu à Libreville au Gabon auprès d’Ali Bongo, également président en exercice de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique Centrale (CEEAC) où il avait évoqué la possibilité d’un sommet conjoint à Lomé.

Aujourd’hui, beaucoup se demandent l’opportunité d’une telle rencontre dont la finalité est de permettre aux dirigeants des deux organisations de définir et mettre en œuvre une approche sur la paix, la sécurité, la stabilité et la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent en Afrique de l’ouest et en Afrique Centrale. Une ritournelle connue des despotes pour justifier la présidence à vie.

Esseulé, Faure appelle en renfort des dictateurs du Centre

C’est un secret de Polichinelle, le Togo reste la seule curiosité au sein de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Parmi les 15 Etats membres, le Togo demeure le seul où l’alternance n’a jamais été une réalité depuis l’amorce du processus de démocratisation au début des années 1990.

Tout récemment, le président ivoirien Alassane Dramane Ouattara dont la constitution avait été modifiée au début de son second mandat, avait laissé planer le doute sur la possibilité de briguer un 3ème mandat.

Mais contre toute attente, il a pris de cours tout son monde le 16 juillet dernier lors de l’Assemblée constitutive du RHDP en annonçant qu’il faut passer la main à une nouvelle génération. « Le RHDP est né de a vision clairvoyante de chacun d’entre nous, bien plus importante que nos ambitions personnelles et les ambitions de nos partis. Cette alliance durera, elle vivra. Nous devons travailler main dans la main, le président Bédié et moi pour transférer le pouvoir à une nouvelle génération en 2020 », a-t-il indiqué.

Pour M. Ouattara, le monde a changé avec l’émergence d’une nouvelle classe de dirigeants plus jeunes, de Emmanuel Macron 40 ans en France, au Premier ministre belge, 38 ans en passant par celui d’Autriche, 31 ans. Jusqu’à la dernière déclaration du président Ouattara, Faure s’appuyait sur sa position pour justifier sa volonté de se présenter en 2020.

Or, conformément aux propos de Ouattara, la constitution lui autorise une nouvelle candidature en 2020 mais il a jugé opportun de passer la main. Une posture qui a court-circuité Faure Gnassingbé qui doit logiquement lui emboîter le pas.

Mais certains observateurs insinuaient que le sommet conjoint CEDEAOCEEAC en prélude à celui de la CEDEAO très attendu pour une sortie de crise au Togo, est un appel de pieds à ses homologues de l’Afrique Centrale.

Créée le 18 octobre 1983, la CEEAC est composée de 10 Etats que sont Angola, Burundi, Cameroun, Centrafrique, Congo-Brazzaville, RD Congo, Gabon, Guinée Equatoriale, Sao Tome et Principe et Tchad. De ces 10 Etats à l’exception de l’Archipel de Sao Tomé et Principe et de la Centrafrique en crise permanente, les 8 autres sont connus comme des dictatures implacables. L’Angola a aussi amorcé une métamorphose avec le départ inattendu du dinosaure Jose Eduardo Do Santos remplacé par son ministre de la Défense Joâo Lourenço en septembre 2017. Un tour d’horizon de la gouvernance des 7 autres membres, permet de s’apercevoir qu’au Cameroun, Paul Biya au pouvoir depuis 1982, brigue le 7ème mandat de 7 ans le 7 octobre prochain. Au Burundi, le Pasteur Président Pierre Nkurunziza au pouvoir depuis 2005 est connu pour sa versatilité incontrôlée. Quand bien même il a annoncé récemment qu’il est dans son dernier mandat, au pays, personne n’y croit.

Au CongoBrazzaville, Dénis Sassou N’guesso après son passage de 1979 à 1992, s’incruste dans le fauteuil depuis 1997 avec les désastres humains et économiques que connaît ce pays pétrolier. En République Démocratique du Congo, Joseph Kabila qui a succédé à son défunt père en 2001, est connu pour ses velléités dictatoriales tout comme Obiang N’guema M’bassogo de la Guinée Equatoriale qui règne en monarque absolu depuis 39 ans et qui s’apprêterait à se faire remplacer par son fils Theodorin. Idriss Deby-Itno après 28 ans au pouvoir au Tchad ne pense pas à une autre vie après le pouvoir. Que dire même d’Ali Bongo président en exercice de la CEEAC depuis le 25 mai 2015 ? Au pouvoir depuis le 16 octobre 2009 après la mort de son père Omar, Ali Bongo s’est fait réélire de la façon la plus rocambolesque le 27 octobre 2016, le plus mal élu de la CEEAC face à Jean Ping. On a souvenance du scandale de Haut-OGoué.

Voilà un peu la nomenclature des compagnons de Faure. Un sommet inutile pour gaspiller les maigres ressources de l’Etat togolais.

Malheureusement, la CEDEAO qui a presque purgé ses satrapes, ne peut aucunement ressembler à ce machin CEEAC qui est une association des dictateurs du centre. Avec ce sommet, il ne reste à Faure Gnassingbé que de faire adhérer le Togo à la CEEAC pour véritablement retrouver des gens de son pedigree si tant est qu’il entend régner à vie sur les Togolais.

Kokou AGBEMEBIO

Source : www.icilome.com

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