Putsch raté en Guinée équatoriale: des Français mis en cause témoignent

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Les accusations fusent depuis le « coup d’Etat » raté du 24 décembre : quatre Français auraient tenté de recruter des mercenaires pour tenter d’assassiner le président Téodoro Obiang Nguema, qui était alors en villégiature dans sa résidence de Koete Mongomo, au carrefour des frontières entre la Guinée équatoriale, le Gabon et le Cameroun.

C’est du moins la thèse défendue par l’ambassadeur de Guinée équatoriale en France, Miguel Oyono. Lors d’un point de presse, mardi 20 mars, il a accusé quatre Français, dont Alain Juillet, un ancien directeur du renseignement à la DGSE (Direction générale de la sécurité extérieure), d’avoir trempé dans cette affaire « très grave et extrêmement surprenante ».

Ces ressortissants français auraient, sur le sol français, organisé « en quelque sorte » ce « coup d’Etat mercenaire », selon l’ambassadeur. L’un d’eux, Dominique Calace de Ferluc, aurait même reçu 500 000 euros pour recruter des « barbouzes », assure le diplomate. L’essentiel de l’argent aurait été versé, précise ce dernier, par un patron équato-guinéen du BTP proche de l’opposition.

Vers un procès pour diffamation ?

Alain Juillet, qui nie en bloc, dit ne pas comprendre pourquoi son nom est mentionné dans cette affaire. « Comme je suis connu honorablement, si je puis dire, c’est très possible qu’ils veuillent se venger de (problèmes) qu’ils ont pu avoir avec les Français, dit Alain Juillet. C’est d’une absurdité ! C’est invraisemblable. »

Cet ancien de la DGSE envisage de faire un procès pour diffamation. « Je suis en train de me demander – parce que c’est quand même diffamatoire, moi, en tout cas, je le considère comme diffamatoire – si je ne vais pas porter plainte. »

De son côté, Dominique Calace de Ferluc dément avoir touché une quelque somme d’argent pour financer un « coup d’Etat ». « C’est absolument incroyable cette histoire, dit-il. Je ne sais pas à qui ils peuvent faire croire que je suis capable de réunir de tels capitaux, d’ailleurs je ne suis pas allé en Guinée équatoriale depuis sept, huit ans, ni même en Afrique. »

Une «cabale»

Dominique Calace de Ferluc, qui a travaillé à l’ambassade de Guinée équatoriale, à Paris, en tant que conseiller médias de 2008 à 2012, soutient que les accusations qui visent des Français et leurs présumés complices en Afrique centrale font partie d’une « cabale ».

Les relations France-Guinée équatoriale ne sont plus au beau fixe, notamment suite à l’affaire des biens mal acquis. Le fils aîné du président Obiang a été condamné à trois ans de prison avec sursis et 300 000 euros d’amende par le Tribunal de grande instance de Paris en octobre dernier.

Mardi, l’ambassadeur s’exprimait dans une « ambassade », avenue Foch, qui semblait déserte. L’Office central de répression de la grande délinquance financière a saisi, en février 2012, le mobilier de cet immeuble dans le cadre de l’affaire des biens mal acquis visant un fils du président Obiang, le vice-président Teodorin Obiang (48 ans). Outre les meubles, des véhicules de très grand luxe avaient également été saisis.

La Guinée équatoriale soutient que cet immeuble est une annexe de son ambassade du boulevard de Courcelles, dans le 8e arrondissement, et qu’il est donc protégé par les immunités et privilèges prévus par la Convention de Vienne, ce que conteste la France, le ministère français n’ayant jamais donné son feu vert à ce changement d’adresse. Ce différend fait l’objet d’une procédure, depuis février, à la Cour internationale de justice de La Haye.

Source : www.cameroonweb.com

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