Putsch manqué au Gabon: les USA ont réussi leur mission

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Coup d’Etat militaire…avorté au Gabon. Débarquement des troupes américaines au Gabon pour veiller à l' »ordre » en RDC. Les descentes franco-russes avec livraison d’armes en RCA. Le diplomate et homme d’affaires Benalla au Tchad. Situation bordélique et semi-chaotique au Cameroun….Bref, l’impérialisme ne meurt jamais.

Le paysage socio-politico-économique en Afrique Centrale est désastreux. Prenons le pays le plus important de la sous-région, tant sur le plan économique, démographique, que stratégique:le Cameroun. Hé bien, ce pays est embarqué dans une quadruple crise (Attaques meurtrières de « Boko Haram » dans la région de l’Extrême Nord + les réfugiés nigérians, certes gérés par le HCR; guerre civile dans les régions dites anglophones:Nord-Ouest et Sud-Ouest; A l’Est, état plus que misérable des réfugiés centrafricains et des populations locales; l’économie générale du pays chancelle….et donc la situation pus que délicate, plus qu’affaibli de l’Etat lui-même). Je ne parle même pas de la situation de la jeunesse.

Au Tchad, malgré les derniers investissements d’un homme d’affaires français, du nom d’Alexandre Benalla, le pays est plongé dans une crise économique bien plus rude que celle qui frappe son voisin Cameroun. Les « aides » internationales atténuent le mal, la douleur…mais ne peuvent y mettre un terme.

En Centrafrique, Russes et Français, ont beau jeu d’effectuer des descentes sur le terrain, la situation dans ce pays enclavé reste la plus déplorable de la sous région. Que dire de la Guinée Equatoriale? La famille présidentielle se porte très bien. Père-Président et fils-Vice-Président ont même dansé fin décembre au rythme du ndombolo d’un Koffi Olomidé, super. Cependant, les populations de ce pays riche en pétrole sont sévèrement frappées par la pauvreté et les nouveaux conseils du FMI. Au Gabon, petit et riche pays, Ali Bongo est en convalescence au Maroc. Son armée, qui avait accompagnée le régime de son père pendant plus de 40 ans sans broncher, et qui l’a aussi accompagné, lui, Ali, jusqu’à ce que la maladie tombe fatalement sur sa tête….Cette armée muette et paresseuse donc se découvre des missions révolutionnaires. Fini le temps où elle tirait contre des étudiants qui manifestaient…..Place comme elle dit à la « restauration ».

Il y a fort à parier que 2019 sera l’Afrique Centrale une année tragique. Si on joint à cette espace, la RDC, le mot tragique deviendrait même un euphémisme, mais revenons au sujet du jour: le Gabon et autres.

Au Gabon, des militaires comme des petits enfants, se disent déçus par les vœux du président Ali Bongo, actuellement en convalescence au Maroc, après avoir été victime d’un accident vasculaire cérébral fin octobre. Ils s’attendaient à un discours où la « victime » d’AVC daigne enfin renoncer au pouvoir….au lieu de quoi, ils ont eu droit à un « spectacle désolant…de conservation acharnée du pouvoir ». Il y a là comme une irresponsabilité, une lâcheté, un opportunisme digne de certaines armées africaines. Le spectacle désolant c’est de voir une armée aussi lâche, qui s’accommode sur son sol, depuis on ne sait combien de temps, des armées étrangères, mais qui profite qu’un président soit durablement affecté pour faire entendre sa voix. Le spectacle désolant, c’est sans aucun doute la conservation acharnée du pouvoir….mais c’est aussi la conquête acharnée ou bien désespérée ou bien militarisée de ce même pouvoir. Comment comprendre que dans le studio de la radio nationale, pour faire passer leur message, il aient éprouvé le besoin de mettre en scène leurs mitrailleuses? C’était qui l’ennemi? Les populations qui refuseraient de se soumettre aux autorités militaires?

Parlons donc, de « Conseil de la Terreur Gratuite » et non « Conseil de la Restauration » qui ne veut absolument rien dire. Les militaires veulent restaurer quoi? Avant Ali Bongo, il y avait son père Omar Bongo, qui n’avait rien d’un ami de la démocratie, rien d’un ami des populations. Les militaires ne vont rien restaurer du tout. Ils veulent simplement le pouvoir. Ils profitent que leur grand chef soit malade pour jouer les braves…..Mais ce n’est pas avec ce genre de comportement que le Gabon fera peur à qui que ce soit. Ses réels ennemis, voyant ce spectacle se frotte les mains. Si l’armée gabonaise manque quoi faire…suggérons là quelques missions panafricanistes dans la sous-région Afrique Centrale. Il y a de quoi faire, au Cameroun ou en Centrafrique……ou même en RDC. Ces différents Etats, menacés dans leur intégrité physique, seraient bien disposés à accueillir quelques forces prêts au sacrifice suprême.

Aux gabonais, mêmes aux pires ennemis politiques d’Ali Bongo, nous ne pouvons qu’appeler à un esprit de responsabilité. Vaincre un ennemi de cette façon n’est pas une chance inespéré, c’est un cadeau empoisonné. Les régimes militaires en Afrique ont démontré, plus d’une fois, de quoi elles étaient capables: pas grand chose. Il faudra donc se garder de toute coopération avec ces aventuriers qui découvrent le « bien », les « intérêts » des populations.

Le Gabon n’a pas besoin d’un « Conseil de la Restauration ». Il a une jeunesse foisonnante et active qui doit travailler dans la discipline, la patience, et le courage de vaincre les élites (politiques, économiques, militaires, intellectuelles, traditionnelles…) corrompues de ce pays.

Il faudra donc de toutes ses forces dire non aux militaires et à leur ‘Conseil restauration ». J’apprends à l’instant que les autorités ont arrêtés les « révolutionnaires ». Qu’ils soient châtiés ! Bon, ce qui me conduit à tout autre chose maintenant : Que font les troupes américaines au Gabon ?

A en croire RFI, l’attente des résultats des élections en RDC inquiètent les Etats-Unis. Au nom de quoi ? On nous a pourtant dit América first , on nous a fait savoir que le Donald Trump se repliait sur lui-même, sur son Amérique…qu’il quittait même la Syrie. Hélas, l’humanité extrême de l’administration Trump pousse celle-ci à positionner 80 militaires américains au Gabon. Il s’agit, a écrit Trump « d’une réponse à la possibilité que des manifestations violentes se déroulent » suite à l’élection du 30 décembre.

Certes, il s’agit de 80 militaires sur-équipés, mais la RDC….c’est quand même un territoire de 2 345 410 km, avec une population de plus de 80 millions d’habitants. Va-t-on nous faire croire que 80 militaires pourront assurer la sécurité d’une population de 80 millions d’habitants, déjà sur-abîmées par des viols, des maladies, des guerres ? Qu’est-ce qu’on va sécuriser dans un pays intrinsèquement en insécurité? Iront-ils aussi sécuriser les endroits où Ebola sévit?

Même munis de l’intelligence artificielle la plus sophistiquée du monde, ces 80 militaires ne sauraient protéger valablement une population de 80 millions d’habitants. Ces 80 militaires relèvent strictement de la surveillance-stratégique américaine, ou disons d’une « aide » à déstabilisation ou à l’accompagnement ….Les USA ont un candidat qu’ils s’apprêtent à accompagner ou maintenir au pouvoir. Ou plus banalement, il y a des entreprises américaines qui pillent ce pays, et qu’il faudra surtout pas déranger avec des querelles électorales. Les 80 soldats seraient donc là pour sécuriser, surveiller les intérêts américains à tel endroit précis.

Au nom de quoi Trump, qui, lui-même inquiète l’humanité, va-t-il au Gabon pour sauver la RDC ? De la super puissance américaine. Des intérêts américains. Non des intérêts gabonais, congolais, ou des pays voisins…. 2019 sera une année tristement noire pour l’Afrique Centrale, ou plus globalement, ce qu’on appelle les Grands Lacs

Source : www.cameroonweb.com

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