Prof. Aimé Gogué : « C’est ensemble que nous sommes forts et c’est ensemble que nous y arriverons »

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Prof. Aimé Gogué : « C’est ensemble que nous sommes forts et c’est ensemble que nous y arriverons »

Professeur Aimé Gogué, président de l’Alliance des Démocrates pour un Développement Intégral (ADDI, parti membre de la C14), vient de rendre public un message dans lequel il s’adresse au peuple togolais, au gouvernement, à l’opposition togolaise et à la communauté internationale sur la situation sociopolitique du pays. Le leader de la Coalition des 14 situe les responsabilités face à la situation sociopolitique actuelle et interpelle chaque acteur sur le rôle qu’il doit jouer pour sortir le Togo de l’ornière. Bonne lecture.

ENSEMBLE NOUS Y ARRIVERONS !!!

Le 31 Juillet 2018, l’espoir d’une résolution définitive et consensuelle de la crise politique était immense et les attentes très fortes, avec l’annonce de l’adoption d’une Feuille de Route par la 53ème Session Ordinaire de la Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).

La Feuille de Route était donc beaucoup attendue par l’ensemble des Togolais aussi bien à l’intérieur du pays que dans la diaspora. Des acteurs politiques aux citoyens lambda en passant par les médias, la société civile, les leaders religieux pour ne citer que ces couches, la très grande majorité des Togolais espérait que le 31 juillet 2018, comme par enchantement, mette un terme à la crise socio-politique, une fois pour de bon.

Malheureusement, la Feuille de Route tant espérée était bien là, mais elle s’est retrouvée confinée dans les méandres d’un vague langage diplomatique, sujet à multiples interprétations.

Très peu de Togolais auraient prédit que nous sortirons des manifestations de plus de quinze (15) mois avec une Assemblée nationale quasi monolithique. Plus tôt les Togolais avaient pensé que le régime en place serait emporté du pouvoir par le tsunami. Mais la lutte a conduit plutôt au renforcement de la mainmise du régime UNIR sur toutes les institutions de la place ; les marges de manœuvres de l’opposition n’ont jamais été aussi réduites depuis les années 90. 

Il est regrettable que nos compatriotes de UNIR croient que la crise est derrière nous : c’est un jugement erroné. Les élections législatives du 20 décembre doivent être négativement gravées dans la mémoire collective des Togolais eu égard au faible taux de participation des citoyens et à l’absence à l’Assemblée nationale des représentants des principales forces politiques de l’opposition.

A l’heure du bilan, et pour ADDI, la phase active de la crise politique actuelle qui s’est manifestée au grand jour depuis le 19 août 2017 est de toute évidence l’aboutissement de toute une évolution qui a connu de nombreuses péripéties, pour la plupart négatives et contraires à une avancée vers un Etat de droit.

Comme on peut le constater, la crise actuelle tire donc ses origines de l’histoire même de ce pays qui est gouverné depuis plus de cinquante (50) dans un système d’à-peu-près démocratique avec quelques mues de façade depuis 1990. Le régime qui nous gouverne est caractérisé par la mal gouvernance (pillage des richesses par une minorité, détournement, corruption, népotisme, bradage du patrimoine national) sur les plans économique et social, engendrant le surendettement du pays, la paupérisation des populations, une administration sclérosée, le chômage des jeunes, etc.

Si les raisons de la crise que traverse le pays sont d’abord d’ordre politique, le ras le bol qui s’est exprimé à partir du 19 août 2017 a aussi d’autres causes qui sont directement liées à l’insatisfaction du citoyen de la gestion des affaires publiques de notre pays.

Le problème togolais peut paraître simple et complexe à la fois. Simple, parce qu’il s’agit essentiellement d’un problème politique. Complexe, parce qu’on est en face d’un régime qui est organisé autour d’une armée, les Forces armées Togolaises, inféodées au parti au pouvoir. Complexe également parce que l’opposition (les partis politiques et les militants et sympathisants collectivement ou individuellement) perd son temps et énergies à s’entredéchirer. Nous avons été surpris par le niveau élevé d’intolérance et de suffisance de certains de mes compatriotes.

Fort de ce constat, le parti ADDI, considère l’issue de la facilitation de la CEDEAO relève d’une responsabilité partagée :

Responsabilité du régime et du parti au pouvoir, qui n’a jamais accepté une résolution consensuelle et durable de la crise politique ;

Responsabilité des partis politiques de l’opposition politique, regroupés au sein de la C14 qui n’a pas su canaliser la colère du peuple et faire aboutir ses revendications légitimes ;

Responsabilité de la CEDEAO qui n’a pu imposer au régime la mise en œuvre de sa propre Feuille de Route notamment, les réformes constitutionnelles et institutionnelles avant l’organisation des élections législatives conflictuelles.

C’est pourquoi, ADDI appelle l’ensemble des acteurs politiques et de la société civile, à un sursaut patriotique pour de nouveaux armistices fondateurs de la République et de la Nation Togolaise, orientés vers le vivre ensemble, dans le grand pardon, la tolérance et l’acceptation mutuelle, pour un Togo réconcilié avec lui-même, uni, démocratique et prospère.

ADDI appelle instamment le Gouvernement et particulièrement le Chef de l’Etat à considérer la gravité de la situation socio-politique actuelle en prenant sans délai :

-Des mesures de décrispation du climat socio-politique, notamment la libération de toutes les personnes détenues pour des motifs politiques (personnes arrêtées dans le cadre des manifestations politiques depuis le 19 août 2017) ;

-Des mesures courageuses pour favoriser les réformes constitutionnelles et institutionnelles tant souhaitées par la population et garantir l’organisation consensuelle des élections locales transparentes, équitables, pacifiques et inclusives ;

-Des dispositions idoines et urgentes afin de rendre effectif le vote de la diaspora lors de l’élection présidentielle de 2020.

ADDI demande au parti au pouvoir UNIR, d’accepter d’inscrire dans son ADN, le principe de l’alternance politique comme une exigence de la démocratie et de l’Etat de droit et d’envisager la possibilité de perte du pouvoir.

A la communauté internationale et à la Communauté Economique des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) notamment, ADDI demande de faire un sérieux examen de conscience et de reconnaître son échec dans ses tentatives depuis 2005 de résolution de la crise politique en République du Togo, afin de prendre courageusement des mesures drastiques pour amener le Togo à s’inscrire résolument dans l’esprit et la lettre du Protocole A/SP1/12/01 de la CEDEAO sur la démocratie et la bonne gouvernance, additionnel au protocole relatif au mécanisme de prévention, de gestion, de règlement des conflits, de maintien de la paix et de la sécurité  pour que le Togo ne constitue plus une curiosité au sein de l’espace communautaire.

L’objectif de la facilitation de la CEDEAO consistait beaucoup plus à mettre le Togo sur la voie de la démocratie en favorisant la possibilité d’une alternance politique apaisée en 2020 que de tenir compte des intérêts de UNIR ou de la C14.

A l’opposition politique, ADDI, rappelle aux partis regroupés au sein de la C14, que c’est ensemble que nous sommes forts et c’est ensemble que nous y arriverons. C’est unis que nous gagnerons !

Aux militants et sympathisants des partis d’opposition et aux Togolais souhaitant l’alternance, nous leur demandons de se respecter mutuellement, de ne pas se tromper d’adversaire. En politique, voire dans la vie, aucune stratégie n’est parfaite. Nous n’avons pas eu l’alternance au Togo en 2015. Qui peut nous dire avec certitude que c’est la faute à ceux qui ont décidé le boycott de ces élections ou ceci relève de la responsabilité de ceux qui ont décidé de participer à ce scrutin. Ce qui importe, c’est notre capacité à élaborer et à mettre en œuvre une stratégie commune.

Ne pouvons-nous pas nous engager dans une unicité d’action gagnante ? Pour ce qui nous concerne, nous croyons qu’avec un peu d’humilité et de modestie nous le pouvons. Nous pouvons surtout le faire si nous sommes prêts à consentir des sacrifices et si nous définissons courageusement et clairement les actions et les responsabilités en association avec les acteurs et les facteurs principaux qui conditionnent notre vivre ensemble.

Ouvrir le Togo à la démocratie et à l’Etat de droit est aujourd’hui un impératif pour notre développement et pour l’épanouissement du citoyen togolais, quel que soit le bord politique auquel il appartient.

Tchabouré Aimé GOGUE

Président national ADDI

Source : www.icilome.com

2 Commentaires

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