Problématique du « boudè » au Togo : A qui profite le crime ? 13/01/2017

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Par K. Monzonla
Problématique du « boudè » au Togo : A qui profite le crime ?                                                                             13/01/2017

Le commerce du carburant dit frelaté vendu par des jeunes ambulants prend de l’ampleur au Togo, dû au manque d’un emploi décent qui constitue un fléau majeur qui hypothèque le plein épanouissement de la jeunesse togolaise. Sur la base d’arguments peut-on finalement conclure fallacieux, le gouvernement en l’occurrence les autorités en charge de la sécurité et de la protection publique ont déclaré une guerre sans merci contre ce commerce à travers lequel ses pensionnaires parviennent vaille que vaille à joindre les deux bouts et satisfaire les besoins vitaux de leurs familles respectives.

Ainsi, contre vents et marrées, malgré les tristes réalités des différentes situations occasionnées par cette opération meurtrière à travers laquelle les gendarmes, policiers, douaniers à l’époque et militaires ôtent sans inquiétude et humanisme la vie des pauvres commerçants de ce carburant, ces jeunes qui refusent de s’adonner au banditisme, gangstérisme etc. défient à longueur de journée, leur traqueur sur les routes togolaises qui s’offrent le luxe de véritables courses de rallye qui se soldent généralement par la mort et de lourdes pertes matérielles. La dernière scène meurtrière a eu lieu le 12 janvier dernier où le véhicule poursuit par les militaires a fait de nombreux tonneaux et s’est écrasé sur la route. Malheureusement, le conducteur y laissa tristement la vie, abandonné par ses poursuivants qui n’ont pris la fuite sans même emporter le produit qui sous-tend cet assassinat cruel.

Cette tuerie est à mettre à l’actif des nombreuses opérations tant fictives que régulières orchestrées par les hommes en treillis, au nom des fameuses opérations entonnoirs 1 et 2 portées par ces indélicats qui n’ont aucun respect à la vie de l’homme, malgré sa sacralité consacrée dans la déclaration universelle des droits de l’homme. A travers cette opération, le ministère de la sécurité et de la protection civile a plusieurs fois rencontré la presse pour exhiber des chiffres relatifs aux quantités importantes de carburant régulièrement saisies et utilisées par les traqueurs qui l’ont baptisé « carburant frelaté ».

La condamnation est quotidienne, parlant de ces actes de tuerie délibérée qui prennent à contre-pied les raisons pour lesquelles les autorités ont décidé de traquer ces vendeurs. Selon ceux-ci, il s’agit de lutter contre les accidents occasionnés par le transport de ce produit inflammable. Malheureusement, c’est plutôt la traque qui occasionne tous les accidents et cas d’incendies enregistrés chaque jour que Dieu fait. D’une part, la vie des commerçants du boudè est mise en danger par leur traqueur, d’une autre, les traqueurs eux-mêmes et les populations y trouvent la mort. Sans compter les nombreux actes de destructions de biens publics parlant de la route sur laquelle ce produit brule à longueur d’heure, brulant le revêtement.

Dans la préfecture du golfe notamment Adidogomé et Baguida, et celle des Lacs, notamment Aného, le phénomène de course-poursuite est une scène quotidienne à laquelle les populations assistent avec tristesse et désolation. Cette triste réalité ne cesse de multiplier l’effectif des veufs et orphelins dans les différentes communautés, sans passer sous silence, le fait que les auteurs de ces atrocités ne sont jamais inquiétés, puisqu’opérant sous la bénédiction de l’autorité qui est mandatée pour assurer la protection civile.

Stupéfaction est notre sentiment d’apprendre que, contrairement à la logique qui voudrait que l’autorité pose le problème et réfléchisse sérieusement à cette problématique, celui-ci fonce droit dans l’abime de l’assassinat des commerçants du carburant dit frelaté, en multipliant des communiqués pour légaliser la traque et appeler les traqueurs, éléments sérieusement incontrôlés qu’ils sont, à poursuivre la tuerie tout azimut à laquelle ils sont abonnés sur les routes togolaises.

Un véritable cauchemar qui renseigne mieux sur la place qu’occupe la vie de l’homme dans cette plus médiocre gouvernance qui continue de réduire au silence le peuple togolais, obliger de subir les dérives qui s’observent nuit et jour. Malgré l’incapacité de mettre les communautés à l’abri de la souffrance atroce et cette misère ambiance à laquelle elle est assujettie, le gouvernement s’offre le luxe de tuer les efforts du peuple qui cherche le diable en vain pour lui tirer la queue.

Vivre au Togo est devenu un calvaire, une véritable course contre de résistance face à la précarité, la pauvreté, la mort… Ce qui intrigue quand des fanfarons de l’occident passent leur temps à encenser ces assassins, qui ont délibérément pris en otage le destin du peuple togolais. Manuel Walls, ce dernier griot français qui est venu prêcher dans la plaie béante que traine le peuple togolais !

Le peuple togolais est devenu cet orphelin qui crie dans un désert tracé par ces imposteurs qui malgré leur nombre minoritaire, s’accaparent les ressources du pays. Destin tragique peut-on conclure ! Même les élections n’ont pas de sens dans la vie de ce peuple au cœur meurtri qui vivote. Togo, pays où l’éducation est bafouée, la santé sacrifiée, la démocratie piétinée…, le tout dans un contexte où la loi fondamentale du pays, la constitution, est à volonté sodomisée, charcutée, tripatouillée… juste pour assurer une présidence à vie du prince qui fume sans vergogne la pipe de Papa.

Le Togo est devenue cette « démocrature » en vase clos entre un océan de démocratie, parlant du Bénin, du Burkina Faso et du Ghana. Même l’océan pratique l’alternance. La preuve, les vagues se succèdent, pour ceux qui ont la chance de passer quelques petites minutes à observer le comportement de la mer.

Il y a lieu de consigner ces réalités dans des documents pour servir d’histoire à la génération future qui devra tirer des leçons des erreurs qui ont conduit à cette lamentable situation que les précédentes générations on vécu, et que vivent les présentes générations réduites à la mendicité, à la traitrise, au vandalisme, gangstérisme…

En tout état de cause, l’espoir du peuple se rétrécit chaque jour. Mais il serait trop con de crier fatalité. “Qui veut la paix prépare la guerre” dit-on. Il revient au peuple togolais de prendre ses responsabilité pour arracher sa souveraineté telle que reconnue et inscrite entre les lignes de la constitution dont le peuple s’est doté, après plusieurs années de tribulations et de marches sans issues.

“Togo debout ; luttons sans défaillance ; vainquons ou mourrons, mais dans la dignité”.

Togo-Online.co.uk

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