Pour son honneur et son image, le Togo se doit de mettre définitivement fin aux arrestations et détentions arbitraires !

L’idéal pour un Etat démocratique est de s’éviter autant que possible, des détentions arbitraires, des arrestations de leaders d’opinion ou de défense des causes communes. Cet idéal que l’on appelle de tous ses vœux tire son fondement de ce principe que dans une démocratie, la liberté d’expression est sacrée, l’expression des opinions diverses est un vrai ferment qui alimente les débats d’idées et nourrit le cheminement démocratique.

C’est en effet la force des idées qui triomphe dans une démocratie et ceux des citoyens qui prennent le risque de s’afficher publiquement avec des idées mal construites, non muries et peu persuasives se ridiculisent eux-mêmes et s’éteignent progressivement au fur et à mesure que la mentalité des citoyens s’épanouit et s’affranchit des émotions et des jugements hâtifs, totalement partisans ou biaisés.

Ainsi un Etat réellement démocratique, n’a vraiment pas d’intérêt à interpeller et à embastiller des citoyens pour des opinions si maladroites soient-elles. Car toute interpellation de cette nature et dans des conditions non orthodoxes participe à écorner l’image du pays, à donner un coup au processus démocratique en perpétuelle construction et à l’indispensable Vivre Ensemble qui permet la construction effective des grands peuples du monde.

Cela dit, dans cas d’espèce du Togo, il y’a lieu de souligner que la marche démocratique amorcée depuis plus de trente années déjà est plutôt aux pas de sénateur ou a tout simplement du plomb dans l’aile. Beaucoup d’observateurs avisés, vraiment sincères et objectifs, ont regard assez critique sur les méthodes qui sont appliquées dans notre pays en termes de restrictions de liberté d’expression, de circulation et de manifestation. Des arrestations et détentions arbitraires n’ont pas encore pris finie dans notre pays.

Nous n’en voulons pour preuve que les rapports qui sont dressés de toutes parts par les organisations internationales de défense des droits humains. Amnesty International écrit à la une de son site ce qui suit: « les droits à la liberté d’expression et à la liberté de réunion pacifique ont fait l’objet de restriction ». Ce constat tout récent, est corroboré par une autre analyse plus alarmante où l’ONG Internationale affirme que « la police continue d’avoir recours à la torture » et cite l’exemple de Kokou Langueh, arrêté le 23 avril 2021 qui soutient « a été roué de coups dans le dos et sur les fesses pendant plusieurs heures afin de lui extorquer des aveux au sujet de ses liens avec Agboyomé Kodjo », avant d’être remis en liberté le 30 avril sans inculpation et sans charges retenues contre lui.

D’autres cas analogues où des leaders politiques et même des journalistes ont fait l’objet d’interpellations à l’emporte-pièce sont également cités. Et le dernier du genre reste ce que les activistes qualifient de « Kidnapping » de Jean-Paul Oumolou qui date de ce week-end où ce dernier, en vacances dans son pays, se retrouve finalement entre les mains des services centrales de recherches et d’investigations criminelles (SCRIC).

Ces personnages ainsi interpellés ne sont très probablement pas exempts de reproches éventuels, mais le simple fait de les mettre dans la nasse de la police criminelle sans méthode ni procédure adéquate prête le flanc à des interprétations et à des critiques forcément fondées. Les dirigeants en réalité, ne gagnent pratiquement rien à se faire canarder à tous points de vue par la communauté internationale pendant que le pays lui-même manque de souffle économique pour faire face à ses multiples chargées accentuées par la pandémie de Covid-19.

Quel est donc l’intérêt de toutes ces arrestations qui se soldent, très souvent par des libérations sans jugements après des moins de privation de liberté de ces individus ? La sagesse voudrait que l’Etat apprenne à se passer de certaines critiques si venimeuses soient-elles ; dès l’instant où elles n’empêchent pas les dirigeants de dérouler leur politique ou l’Etat de fonctionner, qu’est-ce qui motive donc toute l’attention que les officiels togolais investissent tant dans ces petits détails qui les distraient à plus d’un titre ?

Pendant ce temps la révolte que chacune de ces arrestations engendre au sein de la société continue de fermenter l’atmosphère sociale et de compromettre dangereusement l’équilibre et la cohésion du peuple que tout Etat responsable cherche à tout prix à cultiver en vue de créer un climat favorable à l’éclosion économique du pays. Il est temps que nos dirigeants se donnent le courage de renoncer définitivement au recours à la force, aux arrestations et détentions parfaitement inutiles pour se concentrer sérieusement sur les défis d’envergure nationale auxquels se heurte le pays dans son ensemble.

La précarité, la pauvreté, le manque d’emploi et l’assèchement des poches des citoyens qui engendrent le courroux des couches vulnérables, sont des signaux rouges qui doivent indisposer tout dirigeant dont l’aspiration profonde est d’œuvrer pour le bien-être de son peuple.

Vivement que nos dirigeants maximisent désormais leur énergie sur des fronts utiles et rentables pour les togolais plutôt que de disperser indéfiniment leur énergie sur des sujets sans intérêts et avec des actes qui participent à faire de notre pays une vraie risée aux yeux de la Communauté Internationale.

Luc ABAKI

Source : icilome.com

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