Opération mains propres de rigueur dans la sous-région : Le Togo aux abonnés absents

Faure Gnassingbé

Après Mahamadou Zada (ministre de la Communication) écroué à la prison de Kollo au Niger le 19 avril dernier pour détournements d’argent, le vent de l’opération mains propres se poursuit sur le continent.

En Guinée, c’est au tour d’Albert Damantang Camara, ex-ministre de la Sécurité et de la protection civile et d’Ibrahima Kourouma, à l’Urbanisme et l’Habitat d’être conduits le 21 avril à la maison d’arrêt et de correction de Conakry, sous bonne escorte de la gendarmerie nationale. Mamadi Camara, ancien ministre de l’Économie et des Finances, a quant à lui été placé sous contrôle judiciaire.

Tous ces ministres ont servi sous Alpha Condé destitué le 5 septembre 2021. Interrogés pendant deux jours à la Direction des investigations judiciaires de la gendarmerie et deux autres à la Cour de répression des infractions économiques et financières, on leur reproche des faits présumés de « détournement et complicité de détournement de deniers publics, enrichissement illicite, corruption et blanchiment ».

Le délibéré attendu demain mardi fixera les intéressés sur leur sort. Messieurs les anciens ministres viennent ainsi de rejoindre Ibrahima Kassory Fofana, Premier ministre de mai 2018 jusqu’au coup d’Etat, et les anciens ministres de la Défense Mohamed Diané, de l’Environnement Oyé Guilavogui et des Hydrocarbures Zakaria Coulibaly tous placés sous mandat de dépôt à la Maison centrale de Conakry le 6 avril dernier.

Si les avocats de chacun de ces anciens dirigeants voient dans ces condamnations une chasse aux sorcières, le colonel Mamady Doumbouya, ne veut pas s’en laisser conter, lui qui a promis de refonder un État miné par les divisions et par une corruption réputée endémique.

À croire qu’en Afrique, être ministre rime avec se remplir les poches de sommes destinées à des travaux d’utilité publique. Des anciens ministres, le Togo en a eu, et Dieu sait s’il en existe une bonne brochette qui sont convaincus des mêmes accusations que celles des ministres suscités.

Seulement, on ne sait quel appareil judiciaire, quelle haute autorité de lutte contre la corruption ou quelle cour des comptes aura l’audace de leur demander des comptes. Car ici, pour juger, réclamer et exiger la transparence, il faut être armé de courage. Ne saura-t-on jamais ce que sont devenues les sommes détournées dans les affaires de la réhabilitation de la route Lomé-Vogan-Anfoin et de la Coupe d’Afrique des nations?

Sodoli KOUDOAGBO

Source : icilome.com

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