Marches du PNP ce samedi : Yark Damehame : « Adviendra (sic) que pourra ! », Tikpi Atchadam : « La manifestation tient ! »

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Marches du PNP ce samedi : Yark Damehame : « Adviendra (sic) que pourra ! », Tikpi Atchadam : « La manifestation tient ! »

Devant la presse, le ministre de l’Administration territoriale et son collègue de la sécurité ont tenu hier un discours radical que d’aucuns ont qualifié de « haineux », exigeant que le parti de Tikpi Atchadam s’aligne sur leur proposition d’itinéraire, au risque de se voir réprimer. Cela n’a pas entamé la détermination des organisateurs de la marche qui maintiennent leurs manifestations.

Cela saute aux yeux. L’ampleur que le Parti National Panafricain (PNP) entend donner à ses manifestations de samedi crée la panique dans le camp du pouvoir. On comprend aisément l’état d’esprit des tenants du pouvoir en suivant les propos tenus par le Colonel Yark Damehame, hier jeudi, face à la presse. L’officier « Je vais vous rentrer devant » est allé, dans ses exagérations, jusqu’à parler de coups de feu pouvant venir des manifestants, prévenant de représailles sans merci, au cas échéant.

Face aux hommes de médias, c’est d’abord Payadowa Boukpessi, ministre de l’Administration territoriale, de la Décentralisation et des Collectivités locales qui a pris la parole pour planter le décor. « C’est particulier et rare qu’une seule formation politique puisse organiser une manifestation le même jour à la même heure. Visiblement, ce parti cherche à bloquer la circulation sur la route nationale numéro N°1. Ce parti veut bloquer la route nationale, sur 5 tronçons, le même jour à la même heure », a-t-il déclaré. « Prenons un exemple simple. Supposons qu’il y ait un malade qu’on veut évacuer à Lomé, depuis Mango ? Si c’est une manifestation ponctuelle, c’est gérable. Mais sur 5 préfectures au même moment sur la route nationale numéro 1 ce n’est pas possible. », a-t-il poursuivi.

Soit dit en passant, ces propos de Boukpessi sont tout de même étonnants. Depuis quand, eux, barons du pouvoir, se préoccupent-ils des malades, en général et des malades de Mango en particulier? Cela devrait être une particulière fierté (sic) de la part de quelqu’un qui est ministre depuis une éternité d’avouer que, malgré les innombrables années qu’ils ont passées au pouvoir, on doit toujours continuer par évacuer, par la route, des malades sur des centaines de kilomètres avant de pouvoir les guérir pour des maladies qu’on aurait pu soigner chez eux ou des analyses qu’on aurait pu leur offrir chez eux. C’était une parenthèse.

Après Boukpessi, c’est au tour du Colonel Yark Damehame, qui doit avoir une aversion particulière pour Tikpi Atchadam et partisans dont il qualifie le parti de « politico-ethnico-religieux », de prendre la parole, et surtout montrer les muscles.

« Nous avons suivi et suivons toujours le parti PNP. Vouloir manifester sur la nationale : il n’y a pas deux motivations. C’est de bloquer le pays. Nous, on n’a pas deux détails : ou ils s’en tiennent aux itinéraires proposés par le ministre et ils marchent, ou ils refusent l’itinéraire proposé par le ministre et il n’y a pas de marche », a-t-il pesté dans son discours, pardon, il préfère que les journalistes parlent de sa « déclaration ».

« Nous savons ce qu’ils ont derrière la tête, mais ça ne se passera pas dans ce pays! Ils veulent occuper GTA jusqu’à la démission du président, ça ne se passera pas dans ce pays. Le PNP a tout le temps, il a tout le temps pour se préparer s’il veut venir au pouvoir un jour, mais pas par des moyens dérobés (…) Nous les avons suivis. Ils ont envoyé une délégation dans les pays limitrophes pour faire rentrer certains de nos frères qui ont choisi de vivre dans ces pays-là. Le dimanche, ils étaient à Accra. Certains ont tenu des propos. nous les attendons. Ils se trompent », a poursuivi Yark.

« On ne peut pas être citoyen de deux pays », a estimé le ministre de la Sécurité et de la Protection civile. Ah bon ? Combien de ses collègues ou de leurs enfants se contentent-ils d’une seule nationalité ? Et depuis quand une loi au Togo interdit-elle au citoyen d’être détenteur de plus d’une nationalité ? Et depuis quand, dès qu’on n’est plus sur le territoire, il faut venir prendre l’autorisation chez Yark pour militer dans un parti créé sur le territoire national?

« Ce parti qui a une tendance politico-ethnico-religieuse, ça ne se passera pas. On les observe. Ils sortent, ils reviennent. S’ils ont des mauvaises intentions, ça risque de les brûler. Ou ils s’en tiennent aux itinéraires, les forces de l’ordre les accompagneront. Mais s’ils refusent, ils n’y aura pas de marche. D’abord au point de regroupement, on va les disperser de manière conventionnelle, de façon propre. Il n’y aura pas de regroupement. Adviendra que pourra », a-t-il menacé. Et sous l’effet de ses ressentiments, oubliant certainement qu’il n’avait pas affaire à ses éléments, il se laisse aller à des propos peu dignes d’un responsable public. « Comment on peut admettre que le ministre invite des gens et ils refusent de venir ? », se plaint-il. Pour lui, qu’un citoyen ne réponde pas à une invitation d’une « autorité », c’est un affront de trop. « Ils se prennent pour qui ? Les gens disent qu’il a fait le plein du stade d’Agoè. Vous savez d’où il a fait venir les gens pour remplir le stade? S’il veut la politique, il faut qu’il ait les pieds sur terre. Hier je l’ai suivi sur Nana Fm. Il a cité l’exemple du Burkina. Si c’est ça qu’il a dans la tête (…), le Burkina c’est le Burkina, le Togo c’est le Togo. Soyons-en clairs !», a-t-il ajouté, menaçant de nouveau que « s’ils osent… (après un temps de silence), en tout cas c’est peut-être d’autres qui leur conteront »

Les menaces du couple Boukpessi-Yark ne semblent pas ébranler le PNP. « La Loi ne donne pas le droit à l’autorité de nous imposer un itinéraire », a répondu Tikpi Atchadam hier, expliquant qu’à « à Bafilo la manifestation n’a rien à avoir avec la nationale numéro 1. A Lomé, nous occupons juste un côté du boulevard », avant d’insister qu’« il n’ya pas d’occupation de la route nationale numéro 1. Et on est samedi ».

Dans ses commentaires, Atchadam s’est même permis une comparaison. « Admettons que cette marche soit une marche de soutien à Faure, est-ce qu’ils vont nous changer d’itinéraire? On peut même passer par l’état-major, le traverser, on ne nous dira rien. Unir avait prévu manifester à la Colombe de la Paix. Eux, ce sont les fils du roi. Ils peuvent marcher partout. C’est tout simplement de la supercherie ». Répondant aux craintes de violences du gouvernement et aux procès d’intention de Yark, le président du PNP s’est voulu rassurant : « Nous avons mis plus d’une année à former nos militants à la non-violence. La manifestation tient, elle sera pacifique, sauf s’ils mettent leurs voyous parmi nous »

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