Lettre à mes cousins Faure et Agbéyomé !

Que la paix soit avec vous. Je voudrais commencer le message de ce jour par une expression d’origine arabe que nous répétons assez souvent : les chiens aboient la caravane passe.


Expression française, d’origine arabe, du XIXème siècle d’origine arabe qui servait auparavant à décrire le comportement des chameaux qui continuaient d’avancer malgré les aboiements continus des chiens qui surveillaient les campements nomades rencontrés lors de leur passage.

Ces campements qu’on appelait des Douars étaient peuplés de chiens qui ne servaient pas d’animaux de compagnie mais d’alerte quand des étrangers approchaient.

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En effet, autrefois, la principale fonction du meilleur ami de l’Homme était de garder les troupeaux. Lorsque les visiteurs parcouraient ces régions arides avec leurs longues caravanes de chameaux, ils étaient accueillis par les aboiements des chiens présents.

En aboyant, les chiens alertaient leurs maîtres, qui aussitôt prenaient leurs gardes contre toute intrusion étrangère. Il n’empêche que les caravanes passaient bel et bien sans encombre. Ce qui en réalité signifie que les critiques ne peuvent pas faire reculer une personne qui est sûre de ses choix.

 Par le message de ce jour et les messages des deux derniers jours j’ai vu beaucoup de chiens du royaume très très démocratique du Prince Gnassingbé sortir leurs griffes pour me demander si je m’exprimais au nom de la société civile ou de l’opposition togolaise.

Je voudrais juste dire que seuls ceux qui ne sont pas sûrs certains de ce qu’ils avancent cherchent à l’accompagner d’un titre ou d’un statut pour le faire passer en force. Sinon moi je parlais, je parle et je parlerai toujours en tant que ce citoyen togolais qui est votre cousin à tous en dépit des divergences de points de vue. Donc les chiens du prince peuvent continuer par aboyer, je poursuis mon message aux cousins à travers ma caravane de promotion des valeurs démocratiques.

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Chers Cousines et Cousins,

Certes, l’attachement au fauteuil présidentiel et l’opiniâtre volonté de s’y éterniser n’est pas un fait nouveau au Togo. Il y a plus d’un demi-siècle que cela dure et les moyens pour parvenir à cette fin sont aussi connus. Entre autres, simulacre d’élection, répression des contestations, arrestations et détentions arbitraires, inféodation des institutions de la République aux desiderata d’un clan.

Cependant, cela est tout de même curieux au regard des défis sanitaires de l’heure, de voir que le pouvoir de Lomé II déploie autant d’énergie et de moyens pour traquer le principal challenger du parti système UNIR, Agbéyomé Kodjo, et ainsi d’annihiler toute tentative de contestation de l’élection présidentielle du 22 février passé.

Election dont les deux camps réclament prétendument la victoire. Sans doute, plusieurs seront étonnés d’entendre dire qu’à l’issue de l’élection présidentielle du 22 février passé2020, ni Faure Gnassingbé, ni Agbéyomé Kodjo n’avait démocratiquement tiré son leur épingle du jeu. En d’autres termes, Faure Gnassingbé n’a pas été élu démocratiquement, Agbéyomé Kodjo non plus. Certains pourraient alors se poser la question de savoir qui donc a été le vainqueur de cette élection ?

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(…) Faure Gnassingbé, un président illégitime

Plus d’un mois après la proclamation des résultats de ce hold-up électoral, il aurait encore fallu que le gouvernement dilapide l’argent du contribuable pour des missions de négociation et de positionnement géopolitiques et stratégiques, avant de s’arracher quelques messages de félicitation adressés à Faure Gnassingbé.

Cette méthode donne ainsi raison à Kako Nubukpo qui disait en décembre 2019 que « l’essentiel de la classe politique africaine ne rend compte qu’à ses maîtres occidentaux ».

Plutôt que de tenir sa légitimité de son peuple, le pouvoir togolais se retrouve à rechercher cette légitimité auprès de ses alliés occidentaux. C’est donc à raison que malgré les 70% des voix qui lui sont attribués, Faure Gnassingbé peine à trouver la sérénité et se sent obligé de mettre aux arrêts son principal challenger Agbeyomé Kodjo qui pourtant est resté lui aussi sans grand danger pour la stabilité politique du pays, depuis le début de la contestation des résultats de la présidentielle.

Devant la carence de légitimité dont souffre le pouvoir de Faure Gnassingbé, il parvient toutefois à se cacher sous le bouclier de légalité parce qu’ayant réussi à mettre à ses ordres les institutions de la république.

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Chers Cousines et Cousins,

A l’analyse : a) Faure n’a pas été élu démocratiquement. b) Agbeyomé non plus n’a pas été élu.

Ces élections plongent tout simplement notre pays dans une crise socio-politique profonde et durable, parce qu’elles sont IRREGULIERES. Pourquoi IRREGULIERES ? Parce que :

1) non transparentes, 2) non inclusives, 3) non libres, 4) non équitables (toutes les ressources de l’Etat utilisées pour 1 seul candidat) 5) n’ayant bénéficié que des observations biaisées de la CEDEAO et de l’UA, 6) sans observations indépendantes, 7) avec des résultats précipités comportant des irrégularités manifestes, 8) et des résultats qui ne sont acceptés par aucun des concurrents de Faure.

C’est donc tout le processus qui est IRREGULIER, qui ne répond pas aux standards internationaux des élections. Il n’y a donc pas de gagnant malgré l’arrêt de la Cour Constitutionnelle et les messages géo- politiques arrachés à l’Europe après plus d’un mois de missions de négociations par le gouvernement UNIR avec l’argent des contribuables Togolais.

Quand la justice est injuste le peuple n’est pas tenu de la suivre. Et si on pourrait forcer la LEGALITE on ne force pas la LEGITIMITE. Faure est un Président illégitime en plus d’être illégal.

En définitive, l’élection présidentielle du 22 février 2020 n’en a pas été une parce que ne répondant aux standards internationaux et ne respectant aucun critère d’élection libre et régulière. Si l’on pourrait forcer la légalité, on ne force pas la légitimité et quand la justice se révèle injuste, le peuple n’est pas tenu de la respecter. Et si le procureur de la république n’est pas content j’attends son invitation.

#EnsembleNousVaincrons

Papa Khadidja  (Mohamed Madi Djabakaté)

Votre Cousin

Note: La version originale de cette tribune a été éditée pour plus de lisibilité

Source : Togoweb.net

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