Les dictateurs d’Afrique centrale courent au secours de Faure Gnassingbé

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La démocratie bouge en Afrique de l’Ouest. Yaya Jammeh a été expulsé manu-militari par la CEDEAO, le chef d’État nigérien Issoufou a fait emprisonner ses propres militants qui le poussaient à briguer un autre mandat, Ouattara qui dansait à reculons pour sauter sur un troisième mandat a dû annoncer qu’il renonçait, Condé qui veut faire sauter les verrous pour forcer un autre passage en force, est entrain de temporiser le jeu. Mais au Togo, Faure Gnassingbé reste le dernier des Mohicans à résister aux courants de l’alternance et de la démocratie.

Alors que la situation dans son pays est tendue et que les décisions de la CEDEAO doivent tomber à la fin du mois de juillet, Faure Gnassingbé veut maintenant utiliser ses soutiens de l’Afrique centrale pour l’aider à s’accrocher au fauteuil présidentiel. Ainsi apprend-on que les chefs d’États de la CEMAC arriveraient au Togo la veille de la résolution des chefs d’États de la CEDEAO qui pousseraient Faure Gnassingbé à ne plus briguer un énième mandat en 2020, comme le réclame la coalition des partis de l’opposition.

Et voilà qu’au moment où les homologues de la CEDEAO veulent ramener le fils d’Eyadema de sortir par la grande porte après plus d’un demi-siècle de règne familial, les vieux dictateurs de la CEMAC font irruption pour venir lui prodiguer des conseils pour tenir bon, quitte à massacrer toute la population comme ils le font dans la jungle de la forêt équatoriale.

La CEMAC veut dire Communauté Économique et Monétaire de l’Afrique Centrale. Elle n’a rien à faire dans les affaires de l’Afrique de l’Ouest dont fait partie le Togo. Mais, voilà que cette organisation de l’Afrique centrale qui n’est en réalité qu’un syndicat de sanguinaires, accourt à Lomé en Afrique de l’Ouest le 30 juillet, juste à la veille du sommet de la CEDEAO qui va consacrer ses travaux à la crise togolaise et prendre des résolutions .

Que viennent donc faire les chefs d’État de l’Afrique Centrale dans la capitale togolaise au moment où la CEDEAO organisation habilitée, travaille sur la feuille de route pour sortir le Togo de la crise ? Rien de bon lorsqu’on voit comment ces dictateurs interdisent les manifestations, emprisonnent les opposants, syndicalistes et journalistes, tirent à bout portant sur les bébés, mamans et étudiants. Cette invitation des dictateurs de l’Afrique centrale tels Sassou NGuesso, Paul Biya, Joseph Kabila, Bongo Odimba, Obiang Nguema est une très mauvaise nouvelle pour le peuple togolais qui devrait les chasser dès leur descente d’avion.

Leur arrivée a pour objectif de se ranger aux côtés du régime et son armée et influencer la décision de la CEDEAO en faveur de Faure Gnassingbé qui cherche, à défaut de s’accrocher au pouvoir, à se faire succéder par l’un de ses pions d’UNIR. Il est désormais clair que Faure Gnassingbé, en déplaçant les chefs d’État de la CEMAC, veut montrer à la CEDEAO qu’il peut compter sur le soutien militaire de la CEMAC si jamais ses pairs tentent de faire pression sur lui comme ils l’ont fait contre Yaya Jammeh.

Cependant, non seulement il risque d’être isolé par les pays frontaliers, mais certaines sources indiquent que quelques Chefs d’État de la CEDEAO menacent de boycotter le sommet du 31 juillet si Gnassingbé ne décale pas la venue de ses invités à une autre date que le 30 juillet, veille d’un sommet crucial. À moins que Gnassingbé décide de quitter définitivement la CEDEAO démocratique pour rejoindre la CEMAC despotique.

Source: J. RÉMY NGONO/coupsfrancs.com

Source : www.icilome.com

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