La violence a coûté plus de 300 milliards FCFA au Togo

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La violence a coûté plus de 300 milliards FCFA au Togo

Le nouveau rapport de l’Institut pour l’économie et la paix (IEP) sur l’Indice de la paix dans le monde (GPI) démontre l’impact des conflits sur l’économie des pays. Au Togo, les violences ont coûté 646,9 millions de dollars US, avec un impact de 5% sur le PIB.

Au Togo, les discours et les actions du gouvernement tendent à croire que le pays est sur une trajectoire ascendante et que la crise sociopolitique est derrière nous. L’exemple le plus illustre est celui du Chef de l’Etat qui a affirmé, lors de son récent séjour à Londres, que la crise est passée avec les fameuses réformes adoptées en catimini par le pouvoir. Dans la même foulée de cette opération d’attractivité, le gouvernement a organisé le forum économique Togo-Union européenne. Et lors de cette messe, des promesses mirobolantes ont été faites, comme durant la cérémonie de lancement du Plan national de développement (PND), avec des taux de croissance et une prévision de création d’emplois record.

Et pourtant, le pays n’est pas aussi stable économiquement qu’on le présente. Cela se confirme par le nouveau rapport de l’Institut pour l’économie et la paix (IEP) sur l’Indice de la paix dans le monde (GPI). Un rapport qui évalue l’évolution des activités économiques sous le prisme de la paix dans les pays. « Ce rapport présente l’analyse la plus complète fondée sur les données sur la paix, sa valeur économique, ses tendances et la manière de développer des sociétés pacifiques », précise le document.

En Afrique subsaharienne, les résultats étaient mitigés dans le précédent rapport selon les indicateurs et les pays. « La paix s’est détériorée dans 27 des 44 pays de la région. Les cinq plus grandes améliorations de la région ont été enregistrées au Rwanda, en Gambie, à Djibouti, à Eswatini (ancienne Swaziland) et en Somalie. Les cinq pires détériorations se sont produites au Burkina Faso, au Zimbabwe, au Togo, en Sierra Leone et en Namibie », souligne le rapport. L’Indice fait également cas de l’escalade des conflits armés, notamment au Burkina Faso, au Cameroun, au Mali et en République centrafricaine.

Le cas du Togo

Dans le classement, nous nous sommes intéressés au cas du Togo. Le pays occupe la 108ème place sur les 163 pays classés. Un rang qui le place parmi les pays où la paix n’est pas stable, loin derrière de nombreux pays de l’Afrique de l’Ouest. On peut citer, entre autres, le Ghana (44ème), la Sierra Leone (52ème), le Sénégal (58ème), le Liberia (59ème), la Gambie (62ème), le Bénin (72ème) et le Burkina Faso (104ème). Par contre, le Togo fait mieux que des pays qui connaissent des conflits armés dus aux attaques terroristes tels que le Niger (126ème), le Mali (145ème) et le Nigeria (148ème). Quoi de plus normal pour un pays qui n’a pas enregistré d’attaques terroristes.

Mais cela n’a pas empêché le Togo d’enregistrer une perte de 9 places par rapport au précédent rapport. Et pour cause, depuis 2017, la violence a été institutionnalisée dans le pays. Pour étouffer toute revendication populaire, les manifestations pacifiques ont été violemment réprimées. C’est la principale raison de la chute enregistrée par le Togo dans ce classement, même s’il faut reconnaître que le pays a une longue tradition de violence policière. Cela se confirme par la position qu’occupe le Togo dans le domaine des conflits internes, en se classant 114ème sur 163. Il en est de même pour la sûreté et la sécurité sociétale où le Togo est classé 113ème.

Les violences ont connu une augmentation, les dépenses militaires aussi. « La militarisation est le domaine le plus pacifique de la région et le seul dans lequel elle dépasse la moyenne mondiale, bien qu’elle se soit légèrement détériorée l’année dernière en raison de la réduction du financement des opérations de maintien de la paix de l’ONU et de l’augmentation du nombre d’armes nucléaires et lourdes et du personnel des forces armées. En moyenne, les dépenses militaires (% du PIB) et les importations d’armes se sont améliorées », indique le rapport. Dans ce domaine, le Togo est bien loti en se classant 71ème.

Le rapport révèle aussi que les conflits ont un coût et un impact considérable sur les performances économiques des pays. « L’impact économique de la violence comprend les coûts directs et indirects de la violence ainsi qu’un multiplicateur économique appliqué aux coûts directs. Le coût économique de la violence ne comprend que les coûts directs et indirects. Par habitant et pourcentage du PIB, les résultats sont calculés en utilisant le coût économique de la violence », souligne le rapport.

Dans le cas du Togo et pour le compte de l’année 2018, la violence a coûté 646,9 millions de dollars US pour un impact évalué à 1008,8 millions de dollars US. Elle a fait perdre à chaque Togolais 81 dollars US en moyenne et a impacté le PIB à hauteur de 5%.

L’étude a été réalisée à l’aide de 23 indicateurs dont le niveau de sécurité sociétale, l’étendue des conflits nationaux et internationaux en cours et le degré de militarisation. Sur les 163 pays sondés, les meilleures places du classement sont occupées par des pays tels que l’Islande, la Nouvelle Zélande, le Portugal, l’Autriche, le Danemark, le Canada, Singapour, la Slovénie, le Japon et la République Tchèque. On retrouve aussi la Suisse (11ème) et l’Allemagne (22ème).

G.A.

Source : Liberté No.2942 du 18 juin 2019

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27Avril.com

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