Journée internationale de la démocratie : Les 7 voeux de Mme Maryse Quashie à la classe politique

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Journée internationale de la démocratie : Les 7 voeux de Mme Maryse Quashie à la classe politique

Aujourd’hui est célébrée dans le monde entier la journée internationale de la démocratie. Une occasion pour l’Universitaire, Mme Maryse Quashie d’adresser sept (07) voeux la classe politique togolaise.

A LA CLASSE POLITIQUE, BONNE FETE DE LA DEMOCRATIE !

Le 15 septembre est la Journée Internationale de la Démocratie. On peut célébrer cette journée en organisant des événements et c’est ce qui se passe. Mais nous, citoyens togolais, nous avons décidé de la dédier spécialement à la classe politique de notre pays en lui disant ce que nous formulons comme vœux à son intention. Exprimer des souhaits c’est espérer leur accomplissement, et donc nous croyons qu’après avoir entendu nos vœux, les membres de la classe politique se presseront pour amener à réalisation ce qui est en leur pouvoir.

PREMIER VŒU : QUE LA MEMOIRE DES MEMBRES DE LA CLASSE POLITIQUE SOIT RAFRAICHIE !

Pourquoi ce vœu ? En fait, à voir les tractations qui ont eu lieu dans le cadre de l’élection des maires, on se demande si les hommes politiques ont perdu la mémoire. En effet, ils ont été élus sur un projet de société donné : les élus d’UNIR avec le projet de ce parti (on le connait, car il est mis en pratique depuis plusieurs décennies) et les élus de « l’opposition » en principe avec une vision qui est à l’opposé de celle d’UNIR.

Alors comment s’expliquent les alliances entre ces deux types de partis ? Comment vont-ils conduire les collectivités locales ? Mais surtout, ce qui nous préoccupe ici, les hommes politiques de l’opposition auraient-ils oublié qu’ils sont des élus, par conséquent, des personnes à qui des citoyens ont donné la tâche de défendre leur choix d’une certaine société ? Ou bien, ayant oublié leur qualité d’élus, croiraient-ils, par hasard, qu’ils se sont propulsés sur le devant de la scène politique par eux-mêmes ? Ou alors, seraient-ils devenus hommes politiques dès leur naissance, Dieu les ayant en quelque sorte créés leaders politiques ? Nous nous sentons dans l’obligation de formuler notre second vœu dans cette perspective.

DEUXIEME VŒU : QUE LES QUESTIONS DE PERSONNE PASSENT AU SECOND RANG !

Pourquoi ce vœu ? Il semble bien que ce qui a primé pour les alliances, c’est que certaines personnes puissent se prévaloir du titre de maire ou de conseiller municipal. Et l’intérêt du plus grand nombre disparait derrière cette préoccupation ? Pour que le quotidien des citoyens soit amélioré (et c’est pour cela qu’ils sont allés voter) ne pouvait-on pas s’oublier soi-même ? Ne pas être un élu local est-il si important qu’on soit prêt à tout pour cela ? Et après, on va encore oser demander les suffrages de ces mêmes citoyens qu’on a fait passer après des ambitions personnelles ? Et comment cela a-t-il même pu se passer ? En effet, on doit se demander si les alliances contre nature proviennent d’une décision collective de tout le parti : que disent les militants des partis de ceux-là, qui font des alliances contre nature, à leurs leaders ? Cette question implique notre troisième vœu.

2 TROISIEME VŒU : QUE LES PARTIS POLITIQUES FONCTIONNENT AVEC LE SOUCI DE LA PARTICIPATION !

Pourquoi ce vœu ? La participation est, en effet, au centre de la célébration de la journée 2019 de la démocratie. Si la vie à l’intérieur des partis fonctionnait véritablement selon les règles de la démocratie, nous sommes sûrs que barrage aurait été fait à la primauté des ambitions personnelles et aux points de vue individualistes. Quelle que soit la révérence que l’on doit à un fondateur de parti, il ne peut pas considérer le parti comme sa chose : un parti, qui prétend lutter pour la démocratie, ne peut pas fonctionner comme un royaume : un monarque et ses notables, le cercle de ses courtisans, et la masse de tous ceux à qui on impose les points de vue et les choix politiques.

Nous souhaitons donc que les dirigeants des partis donnent la parole à leurs membres conformément aux paroles du Secrétaire Général de l’ONU à l’occasion de cette journée du 15 septembre : « J’exhorte tous les gouvernements à respecter le droit à une participation active, concrète et effective ». Si les gouvernants des partis se sentaient concernés par ce message, peut-être qu’à l’occasion des prochaines présidentielles, il y aurait des primaires dans ces partis : alors sortiraient ceux qui auraient de vraies chances de gagner, ou bien alors certains renonceraient à se présenter au profit d’autres à même de remporter ces élections et de travailler à l’instauration de la démocratie. Et s’il y avait des primaires dans UNIR même, avec l’idée que ce parti a en son sein plus qu’une seule personnalité de qualité, cela ne serait-il pas le gage d’une saine compétition et donc présage d’un climat pacifié ? Si la participation était effective dans la classe politique, cela nous permettrait d’émettre notre quatrième vœu.

QUATRIEME VŒU : QUE LA CLASSE POLITIQUE SE RENOUVELLE !

Pourquoi ce vœu ? La population togolaise est jeune, on le sait, un togolais sur cinq a entre 15 et 24 ans ! Pourtant depuis pratiquement trente ans ce sont les mêmes noms qui sont devant la scène politique. C’est vrai qu’on attend une alternance qui est constamment remise en question, et que , pour cette raison, certains rongent leur frein depuis toutes ces années. Mais s’il fallait attendre encore, (nous ne le voulons pas, et c’est bien le sens de ces vœux !) aurions-nous comme leaders politiques, des individus sénescents, des septuagénaires et même des octogénaires ? Les leaders politiques d’aujourd’hui ne pourraient-ils pas transmettre le relais à d’autres au sein de leurs partis ? (Nous venons de proposer des primaires par exemple pour ce renouvellement) Cela contribuerait à renouveler l’enthousiasme des citoyens pour participer à des processus électoraux et surtout cela ferait voir que dans la vie politique on n’est pas obligé d’être éternellement devant la scène. Arrivé à un certain moment, on peut travailler d’une autre manière : c’est bien ce que montre un Barak OBAMA par exemple. Cela aussi c’est la démocratie. Mais, toujours les mêmes personnes, toujours les mêmes têtes, les mêmes discours et contre discours, cela ne veut-il pas dire, toujours la même issue, aucun changement prévisible pour le citoyen ? Pourquoi irait-il voter alors s’il n’y a plus de vraie compétition ? Cette question introduit notre cinquième vœu.

3 CINQUIEME VŒU : QU’UNE SAINE COMPETITION S’INSTAURE DANS LA VIE POLITIQUE TOGOLAISE !

Pourquoi ce vœu ? Parce que, la campagne pour les élections présidentielles a en fait déjà commencé alors qu’on n’a même pas encore donné la date de ces élections. Pourquoi ? Il y a encore certainement des calculs politiques derrière tout cela alors qu’on pourrait à partir du début du dernier mandat faire des calculs selon les règles en vigueur et donner au moins une période indicative. A la fin tout le monde sera encore surpris et des activités comme le recensement des électeurs vont encore devenir source de polémique… Mais cela concerne les citoyens qui doivent prendre leurs responsabilités à ce sujet

Pour l’heure, nous nous adressons aux hommes politiques. Même si la date des prochaines présidentielles n’est pas encore connue, pourquoi ceux qui voudraient bien participer à cette compétition ne se déclarent-ils pas dès maintenant ? Les citoyens seront-ils obligés d’attendre la campagne officielle avant de connaître les projets des uns et des autres ? Et en quinze jours, est-il vraiment possible d’analyser les projets politiques, dans un pays où le débat politique est tellement miné qu’on a du mal à définir les objectifs des différents hommes et partis politiques ? Ce qui favoriserait une saine compétition, c’est que dès à présent, les candidats potentiels (les partis ou regroupements de citoyens qui les soutiennent) se démarquent et se présentent aux citoyens ; qu’ils soient prêts à débattre de leurs projets politiques, à les défendre publiquement, en attendant la campagne officielle ; les citoyens pourraient alors voter pour le projet de leur choix au lieu de donner leur vote à des inconnus sur la base des promesses de campagne. Dans cette compétition on pourra alors parler du quotidien des Togolais. Cela nous pousse à formuler notre sixième vœu.

SIXIEME VŒU : QUE FINISSE L’ERE DU TOUT POLITIQUE

Pourquoi ce vœu ? S’il est vrai que rien n’échappe à la sphère politique, il n’en demeure pas moins que le débat citoyen ne peut pas centrer uniquement autour des questions politiques : qui sera député ou maire, ou président de la république ? Qui a gagné les élections ? Qui sera chef de file de l’opposition ?, etc. La question à laquelle nous voulons une réponse, nous autres citoyens togolais, c’est celle-ci : député, maire, conseiller municipal, président de la république, pour quoi ?

A ce moment viennent au cœur du débat les questions sociales et économiques, la modernisation de l’agriculture et l’industrialisation du pays, le recul de la pauvreté et la juste répartition des richesses nationales, le chômage des jeunes, l’école et le système de santé, les questions d’environnement, les problèmes liés à l’urbanisation comme l’énergie, les moyens de transport, le logement, etc.

Tant de questions dont nous aimerions débattre car nous voulons élire des personnes qui connaissent les réalités de notre pays et les défis auxquels il est confronté. Nous sommes conscients que de nos jours une seule personne ne saurait avoir les compétences qu’il faut pour traiter de ces sujets, mais justement si la démocratie était participative dans les partis, ceux-ci auraient des experts qui travailleraient pour préparer des dossiers pour leurs candidats dans tous ces domaines qui ont été cités et bien d’autres encore. Et nous aurions des réponses claires à nos interrogations sur l’avenir, alors nous saurions pour qui voter.

4 Vous vous imaginez, un peu plus de démocratie dans la classe politique et la vie des Togolais deviendrait d’un coup enthousiasmante car nous serions appelés à construire avec vous, membres de la classe politique un Togo nouveau. Voilà ce qui explique notre septième vœu.

SEPTIEME VŒU : QUE LA CLASSE POLITIQUE TOGOLAISE DEVIENNE CHAMPIONNE DE DEMOCRATIE !

Pourquoi ce vœu ? Parce qu’il résume tous les autres et que sa réalisation entraînerait la réalisation de tous les autres. Parce que dans toutes les cultures, sept est un chiffre symbolique et que nous croyons que cela va vous frapper. Pourtant nos vœux ne demeureront pas des vœux pieux, nous, citoyens togolais, ne comptant pas d’abord sur la chance ou un nombre magique, sommes prêts à tout mettre en œuvre, à tout donner pour que vous membres de la classe politique, vous deveniez des champions en matière de démocratie, car notre bonheur à tous dépend de cela.

BONNE FETE DE LA DEMOCRATIE !!!

Maryse QUASHIE,

Source : www.icilome.com

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