Jeux et enjeux du G20, Gouvernance et Droits de l’Homme, le cas du Togo.

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Togo, pays indépendant le 27 avril 1960, 56600 Km², ancienne colonie allemande, les dirigeants actuels disent avoir libéré le peuple par le coup d’État de 1967. Mais au fait, le même peuple se bat depuis 50 ans pour arracher la seconde indépendance. La vraie, si on sait qu’un père, Gnassingbé Eyadema, a dirigé pour 38 ans et que son fils, Gnassingbé Faure, écrit sa page de l’histoire depuis 12 ans.

Jeux et enjeux du G20, Gouvernance et Droits de l’Homme, le cas du Togo.

Alors que le long règne du père était déjà une incongruité, l’imposition du fils a sonné comme une humiliation pour le Togolais. Même si celui-ci est déjà devenu une simple nappe d’eau en disparition, sous les vagues des multinationales, on peut continuer par se réjouir de e que le Togo dispose d’un des rares ports en eaux profondes de l’Afrique occidentale. Sur le plan mondial, jusqu’à un passé récent, mon pays a la quatrième quantité et la deuxième qualité du phosphate.

Outre ce minerai, le sous-sol présente un menu autant riche que varié : le fer, le marbre, l’or, le clinker pour donner juste quelques exemples. Le territoire que l’Allemagne a visité le 05 Juillet 1884 est encore riche, ses opportunités n’ont pas tari même si, entre le néocolonialisme porté par les puissances via les multinationales et les nouveaux colons qui dirigent, il est à genoux et cherche à se tenir debout, ne serait-ce que sur un pied.

Le Togo, c’est d’abord un passé colonial allemand

Avant d’être soumis à la France, ce pays a fait sa première expérience coloniale avec vous. Les infrastructures publiques, allant de la voie ferrée aux ponts pour revenir aux immeubles publics, trainent encore des témoignages allemands qui ne disparaîtront pas de sitôt si on s’en tient à la robustesse de vos œuvres. Vos œuvres que mes parents ont arrosés de leur sueur, si ce n’est leur sang. Plus ces chefs-d’œuvre résistent aux intempéries, plus les nostalgiques de votre époque ruminent votre passage même si la colonisation, de qui quelle soit, restera un vieux et triste démon. Toutefois, je dois avouer que la grande partie des ponts encore utilisés sur la route nationale N° 1 sont de l’époque allemande.

A l’époque, les Togolais ne faisaient pas 1,5 millions, présentement ils sont 7 millions et ceci 60 ans après l’indépendance. Oui, le pays qui a suscité l’appétit de l’Allemagne depuis 1884 au point qu’elle ait très tôt dessiné les premières et authentiques cartes géographiques, démographiques et géomorphologiques, cherche encore son indépendance. Après avoir quitté vos mains, il a quitté la main des Français un 27avril 1960, il cherche à se libérer d’une monarchie. Mais si rien n’est fait, le Togo dépensera toute son histoire à investir son capital humain et matériel dans des luttes de libérations successives pendant que les priorités attendent.

A chaque siècle, ses priorités

Le 21e siècle, c’est l’aire de l’investissement dans l’humain, même la construction a déjà atteint ses limites en occident dès la fin du 20eme siècle. Les priorités, d’autres pays l’ont comprises, ils n’investissent plus dans les détails de la politique politicienne. Même si les débats sont toujours vivants, ils savent s’accorder sur l’essentiel, ils s’entendent pour mouiller le maillot dans le développement durable.

Ils investissent donc pour rendre l’homme heureux et selon le degré atteint par chacun, les uns se font appelés le G20, c’est eux qui nous unissent ici à Hambourg, les autres se font appelés pays émergents, eux aussi intéressent le G20, ils ont une voie en tant que partenaires.

Où se classent mes 56600 km² ?

En vain, j’ai cherché. Et pourtant, je me dois de parler de lui, c’est d’ailleurs pourquoi je veux compter sur votre aide, honorables élus, distingués étudiants chercheurs et citoyens de cette deuxième ville de la mère colonie, dans les débats que j’espère constructifs. C’est dans ce contexte où les décideurs parlent de l’Afrique sans l’Afrique que les initiateurs de cette démarche citoyenne me font l’insigne honneur de prendre la parole dans l’emblématique parlement de Hambourg et la prestigieuse université de la même ville. Des parlementaires de cet Etat, valablement représentés à l’UE, ont voulu porter une critique constructive sur le G20 que leur pays organise. On me demande alors de parler de mon pays: violation des droits de l’homme, santé économique, impacte néo-colonialiste et gouvernance. C’est déjà un privilège, si je dois humblement admettre que, sans être tombé de la dernière pluie, je ne suis pas la voix la mieux autorisée. Vu le niveau de développement déjà atteint par les puissances, même les voisins immédiats du Togo, il faudra bien que là encore vous, citoyens de cette ville fédérale, m’aidiez à comprendre si, malgré que j’aurais aimé qu’il en soit ainsi, mon pays mérite une voix dans le prestigieux débat du G20. Mais puisque nous y sommes, voyons voir.

Que pèse un pays qui paie sa dette par l’endettement dans le concert des grands ?

Pour une population de plus de 7 millions d’habitants avec un budget de plus de 1200 milliards pour l’exercice 2017, la dette publique intérieure et extérieure se chiffre à 2260 milliards CFA, selon des économistes appuyés sur le vote du budget en cours. Mon pays devait payer en 2015, 33,15 milliards d’intérêts sur sa dette, il en paiera 56, 35 milliards pour 2017. Pour essayer une réponse, il faut dire que la dette publique est le plus grand héritage de la coopération entre le Togo et ses partenaires, dit partenaires en développement.

De ce qui précède, quelle est la situation économique de mon pays, à quoi ressemble sa gouvernance, ses droits de l’homme et que peut-il tirer d’une hypothétique coopération Nord-Sud ?

Pour tout comprendre, quel rang peut occuper un pays qui, faute d’une synergie entre les trois départements qui évaluent la dette publique, tout en reconnaissant son endettement, ne peut pas dire avec précision de combien il est endetté ? (Voir rapports du FMI sur le Togo).

Le Togo, c’est aussi une République qui, après le Sénégal et la Côte d’Ivoire, est le troisième État de l’Union économique monétaire ouest-africaine à se lancer sur le marché de la finance islamique.

Pour donc lancer un emprunt  » sukuk » de 150 milliards de F CFA (228,7 millions d’euros) le 20 juillet 2016, nous avons dû mettre en gage une partie de notre patrimoine immobilier, soit 12 immeubles, à en croire aux révélations de Jeune Afrique ?
Pour des raisons aussi paradoxales qu’obscures, depuis des années, ce sont des Israéliens qui ont le dernier mot dans l’exploitation du premier minerai de mon pays. Et ce n’est pas un hasard si les rapports des institutions internationales soutiennent, il y a seulement deux ans, que le Togo ne connait pas les quantités de son phosphate qui sortent car la matière première ne passe pas par le système informatique douanier ‘’SYDONIA’’ qui évalue les importations et exportations.

Les infrastructures, un argument pour le pillage de la manne publique

Depuis que la mauvaise gestion fait de lui un mauvais élève de la finance internationale, le Togo a fait des prêts impossibles auprès des partenaires impossibles avec des conditions impossibles pour financer des chantiers tous aussi impossibles. J’aurai aimé trouver un autre cliché à développer devant vous, mais en vain, je cherche. Dans mon pays, depuis que la politique des grands chantiers est née, les scandales financiers ne sont plus cachés dans les tiroirs, ils sont couchés sur la route. La route du développement ne passe plus par le développement de la route, mais par le développement des scandales.

C’est ainsi que pour la réalisation de certaines infrastructures, le pays a fait recours à des partenaires, des prêts et aides au développement se sont tellement succédés qu’on se demande où vont au juste nos propres recettes. La politique des infrastructures est devenue, à un moment donné, ‘’le Papa Noel’’ pour une race de dirigeants togolais.

S’il est vrai que le pays a réalisé de grandes ouvrages qui méritent encouragement, il n’est pas moins vrai que beaucoup de travaux sont mal faits ou au mieux des cas, inachevés. Le comble, quand le citoyen s’en plaint, des autorités savent quoi faire pour se justifier. Pour se dédouaner par exemple de la mauvaise qualité de certains ouvrages réalisés par une entreprise chinoise, la SNCTPC, par exemples, ils font comprendre à l’opinion que l’état défectueux des infrastructures n’est pas de leur faute car les appels d’offre sont lancés en Chine pour la réalisation de certaines infrastructures qui se construisent avec des fonds chinois. Le cas actuel des contournements mal faits par cette entreprise chinoise, SNCTPC, dans deux des nombreux axes accidentés de la route nationale N°1.

Le paradoxe continue avec la France

Là, la multinationale BOLORE occupe présentement une bonne partie du port autonome de Lomé en privatisation, vous comprendrez donc que les reliquats du bénéfice de ce secteur de souveraineté économique seront, du coup, extravertis.
Jadis « poumon de l’économie », le port de Lomé, selon les chiffres douaniers, fournissait jusqu’à un passé récent, 80% des recettes douanières du pays. Présentement il est charcuté entre des multinationales au nom de la privatisation.

Votre pays l’Allemagne vient de s’installer dans la production du ciment à travers Heidelberg Ciment. A l’heure où, mon peuple,
exportateur du clinker en plus de la présence de 3 unités de transformation en ciment, consomme ce dernier produit très cher, l’Allemagne s’y invite. Pourra-t-elle faire la différence avec les autres multinationales qui ont très peu de respect pour la dignité de la main-d’œuvre locale, pour l’économie nationale ou elle aussi va se mouler dans les habitudes de la maison? Nous vous accordons le bénéfice du doute. Qui aide qui au juste donc ?

Face au silence complice des partenaires et puissances, le partenariat économique avec certains pays continue par ressembler au passage, il y a 100 ans, des églises qui devaient précéder le colon pour endormir le peuple noir avant l’arrivée du maître colonisateur. C’est à cela que nous devons aussi comprendre ce business où on décide de nous sans nous, en prenant les multinationales comme interface.

Il est souvent un exercice complexe pour les Togolais de parler de leur gouvernance

Je disais tantôt que mon pays a été géré pendant 38 ans par Gnassingbé Eyadema. Il meure et son fils le remplace depuis 12 ans et celui-ci ne compte pas s’arrêter. Les grandes puissances observent, l’Allemagne par exemple, disions-nous un peu plus haut, vient d’installer une usine de production de ciment dans le Nord du pays. Pour le régime en place, la présence économique de ces puissances est une prime à la bonne gestion du pays, mais l’observateur averti reconnait qu’en diplomatie, les meilleures relations sont d’abord économiques.

Si je dois me permettre un bilan de ce que je n’ai pas gérer, je dois dire que, sur le plan économique, si ce n’est pas une catastrophe, c’est un marasme, je viens de vous parler de la dette publique. Pour la gestion des minerais, l’usine d’extraction et de traitement du phosphate a été installée au temps colonial mais ce sont les mêmes machines qui continuent par être utilisées au risque et péril des employés sur le champ du travail. Je ne m’y connais pas trop, mais dans leur jargon les experts désignent le phosphate de mon pays par « minerais à ciel ouvert ». C’est dire qu’il se récolte à la première couche. Mais les dirigeants se sont arrangés à récolter la faillite, si ce n’est l’endettement, pour nos enfants, si ma génération doit commencer par se considérer comme une génération liquidée.

Les droits humains, dite-vous ?

Le remplacement du fils par le père a choqué le bon sens. Les Togolais, contre cette mauvaise passe, se sont opposés. Il y a eu mort d’hommes dans les violences politiques. Votre représentation diplomatique a dû prêter assistance à des hommes politiques qui ont très vite dénoncé le danger à venir dans le passage patrilinéaire d’un pouvoir qui avait déjà fait de vieux os à l’époque. Je veux parler de l’ancien Ministre Akila Esso Boko, il a commencé son exil en se réfugiant chez vous, la représentation allemande du Togo, avant d’être présentement admis en France. Et le temps lui donnera raison, plus de 500 morts selon le rapport Doudou Dieng de l’ONU. Le fils prend le pouvoir tout de même et s’engage à faire des reformes pour donner la chance à l’alternance au sommet du pays. Mais jusqu’ici, rien, il est scotché et s’apprête à changer une constitution qui porte le mandat présidentiel à 7 ans et le dernier coup de force connu restera le récent vote du nouveau découpage du pays à des fins de décentralisation qui s’annonce mort-née. Voilà encore un coup de force qui va torturer et violer le peuple dans son droit à jouir d’une gouvernance participative.

On parle présentement d’un ronflant programme de réconciliation nationale en cours, faut-il en rire ou pleurer ?

A la sortie de la guerre, avant de vous réconcilier avec les ennemis d’hier, l’Allemagne s’est réconciliée avec elle-même, à travers tout le processus que je ne vous enseigne pas. Le régime en place chez moi n’a pas encore fini de se réconcilier avec sa propre famille politique quand on sait que le demi-frère de M. Faure est, depuis 7ans, en train de purger une peine de vingt ans. Et pour quel motif ? Une accusation pour atteinte à la sureté. Cette accusation sur la pointe des pieds est sanctionnée par un procès lui aussi inique. Insatisfaits par la justice de leur pays, les victimes ont traduit mon pays devant la Cour communautaire de la CEDEAO. Celle-ci a demandé le dédommagement des détenus pour cause d’un jugement reconnu inéquitable, mais ils sont encore en prison en toute illégalité depuis des années. Mieux, pour la même injustice, les avocats ont porté l’affaire devant le Groupe de travail de l’Onu pour les droits de l’homme. D’autres organisations de défense des droits de l’Homme ont demandé la libération du demi-frère de Faure Gnassingbé et ses coaccusés, mais rien n’y fit.

Un autre ancien ministre du régime, Pascal Bodjona, a dû traduire le pays devant la Cour communautaire de la CEDEAO avant de voir un début de respect de ses droits dans un dossier aux ramifications plus politiques que civiles. Les milieux diplomatiques allemands au Togo sont témoins que tout récemment, comme pour ajouter à la torture morale des victimes, un des présumés auteurs doigté par l’ONU pour « la boucherie » de 2005, a été élevé à la plus haute distinction honorifique du pays.

Un des codétenus de Kpatcha Gnassingbé, général de son état, Assani Tidjani, a été libéré pour mourir quelques mois après dans un hôpital Français. Pas plus tard qu’il y a quelques jours, une autre victime, Tchinguilou Sondou, est libérée pour des raisons de santé et on peut se demander si sa détention à la prison civile d’Atakpamé n’a pas déjà achevé le boulot.

Le reste des détenus arbitraires, allant de leur chef de fil à Ogbakiti Seyidou, au commandant Ati et autres attendent d’être, peut-être, libérés par une santé irrécupérable. Nous ne pourrons oublier les détenus arbitraires des incendies des marchés, Mohamed Loum, député Manty et autre compagnons de misère dans un dossier qui ne peut envoyer un citoyen en détention que dans un pays en panne de ses droits de l’homme. La justice pour les victimes des violences de 2005, reste encore un vaste chantier qui traîne les pas en attendant que le régime joue la comédie avec un processus de réconciliation décrété.

La violation des droits, il y a assez d’exemples, mais la violation la plus actuelle qui ronge les citoyens et qu’on ne voit pas, n’est plus dans les prisons ni les manifestations réprimées. Elle est dans la mauvaise gestion des biens publics et les crimes économiques. Le pays est mal géré et la population en souffre. Les services publics les plus élémentaires tel que le secteur de la santé sont une calamité, l’Etat n’en exclut pas une privatisation. Quasiment tout ce que mon pays gère semble être condamné à tomber en faillite. Je ne voudrais pas comparer votre vision pour l’avenir du pays à celle de nos autorités.

Toutefois, permettez que je souligne le fait que, malgré une toute petite ouverture que vous avez sur la mer, vos dirigeants ont su faire du port de Hamburg un des meilleurs en Europe alors que, malgré son avantage naturel en eaux profondes, le port de Lomé est en train de devenir un vestige.

Au nom de quel principe tout ce triste schéma bénéficie-t-il du silence de l’opinion internationale ?

Le Togo fournit les troupes dans les milieux instables de l’Afrique. Pour aider les puissances à combattre le terrorisme, à stabiliser les zones d’intérêts économiques, stratégiques et militaires. Voilà, un débat où mon pays est un partenaire respecté même si cela doit coûter ce que ça coûte à mes concitoyens. En attendant d’autres révélations, le Togo reste pour le moment, le seul territoire où les bourreaux des droits humains sont primés de distinctions honorifiques pendant que les criminels de l’économie nationale sont auréolés de l’impunité.

Les droits politiques, eux, ils n’existent que s’ils sont de nature à éterniser les dirigeants dans leurs petits privilèges. La grande partie des engagements politiques sont classés. A défaut de ce que le président Macron a appelé « l’exemplarité au sommet de l’Etat », une décadence morale a pris le pays en otage, et les sphères décisionnelles semblent le plus touchées. Le pays commence présentement à manquer de force morale et la situation ne semble même plus profiter au régime lui-même.
Ceux qui dirigent, pensent que l’argent peut tout acheter car le courage civique a disparu, le togolais est devenu facile à acheter, il devient anormal d’être normal, tout est incertain. Mais hors des frontières, le régime projette une image de stabilité. Le Togo que la diplomatie vous vend n’est pas celui que le citoyen endure entre les quatre murs.

Il faut vivre au Togo pour voir la réalité, il faut visiter le pays dans les villages, la réalité, elle n’est pas dans les câbles diplomatiques, elle ne se conte pas, elle se vit. Nous la vivons dans notre vie de journaliste entre risques et privations, le médecin la vit dans sa vie d’homme de santé avec un environnement professionnel dégelas, l’enseignant la vit dans sa vie d’éducateur dans la dèche.
Pour revenir au G20, je dois dire que mon pays n’est qu’un petit écrou dans une chaine de production. Au besoin, on peut en faire usage, dans le schéma, il n’est pas incontournable. De quel ton voudriez-vous qu’on parle du Togo dans le contexte du G20 ? Est-ce un pays observateur, est-ce un pays en lutte pour se libérer d’une dictature qui vend le masque de la démocratie ou encore un pays qui a des potentialités économiques à marchander ?

Le Togo, les bailleurs de fond l’on aidé à devenir otage de ses propres mauvais choix économiques. Le silence, ou du moins la complaisance, de l’opinion internationale, si elle existe, l’a aidé à banaliser la violation des droits des citoyens. Le clientélisme des puissances dans un monde qui décide des petits sans les petits fait du Togo un pays sans aucun positionnement économico-stratégique pour mériter une attention.

La situation devient d’autant plus alarmante que, depuis un temps, la classe qui trouve son compte soutient que le Togo est une anomalie sous régionale qu’il faut accepter comme tel. S’il est vrai que le bonheur est contagieux, le malheur est tout aussi contagieux. Vous êtes actuellement témoins de ce que l’instabilité en Libye, à laquelle vous avez contribué, vous coûte. La très forte présence des ressortissants togolais dans votre pays doit interpeler. Ils sont au moins 6000 âmes dans la seule ville de Hamburg, pendant que les burkinabé font 4000 dans toute l’Allemagne, que le Ghanéen, jadis autochtone ici, commence par rentrer dans un pays stabilisé, le Gabonais se fait absent. A un moment donné, vos agents faisaient le tour des milieux togolais ici pour s’informer des raisons pour lesquelles mes compatriotes envoient trop e sous au pays. Oui, en temps normal, le poisson n’est pas à l’aise hors du lit. Si vous devez estimer que la présence togolaise est normale, par nostalgie colonialiste, l’Allemagne a été aussi colonisatrice du Cameroun, combien sont-ils ici, les Camerounais qui vous bousculent?

Enfin

Depuis un temps la chancelière allemande, présidente tournante du G20, dans un document-programme intitulé « L’Afrique et l’Europe : un nouveau partenariat pour le développement et la Paix », dit clairement que «2017 est l’année de l’Afrique en Allemagne et dans l’Union Européenne ». Plus loin, « L’Afrique est la priorité thématique de la présidence allemande du G20», mais l’Allemagne prévient: «Nous voulons abandonner le principe du saupoudrage pour aller vers un soutien ciblé des pays réformateurs».

J’ai enfin espoir que, mon pays, même s’il n’a pas l’or noir à livrer ni le diamant à échanger, commence par mériter une attention sans hypocrisie. Et si vraiment la situation chez moi doit être prise en compte, puisque le G20 fait de l’Afrique une priorité, c’est d’accompagner ce territoire, qui tient dans un mouchoir de poche, à se libérer du cercle vicieux de la présidence à vie. Mais on ne libère pas un félon pris au piège en le caressant, d’où il faut saluer la dernière sortie de votre diplomatie. Autant le peuple est otage, autant la minorité dirigeante est otage, elle aurait bien aimée faire autrement, mais les cartouches sont épuisées, et elle se contente évidemment du « saupoudrage ». Loin d’être un bourreau, cette minorité doit être considérée, à sa juste valeur, comme une victime coupable à plaindre. Si rien ne change chez moi, même si demain le G20 s‘élargit en G100, mon pays trouvera difficilement une place, car l’essentiel pour moi est la libération, le G20 c’est l’agréable. Desmond TUTU ne disait-il pas que, « Si tu es neutre en situation d’injustice, alors tu as choisi le côté de l’oppresseur. » ?

Je vous remercie

Izotou Abi-Alfa

27Avril.com

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