Indice Mo Ibrahim 2020 : Le Togo fidèle au rang des pays à problèmes

Les résultats de l’indice Mo Ibrahim de la gouvernance africaine (IIAG) qui évalue la performance de la gouvernance des pays du contient en se basant sur les domaines de la sécurité et État de droit, participation et droits de l’Homme, opportunités économiques durables et développement humain, au cours de la dernière décennie a été dévoilé le 16 novembre 2020. Le Togo classé 25ème sur 54 pays, a progressé dans certains domaines mais reste dans le ventre mou de ce classement dont la crédibilité est reconnue.

Sur l’ensemble du classement, l’île Maurice, le Cap-Vert, les Seychelles, la Tunisie et le Botswana sont les meilleurs élèves en matière de bonne gouvernance en Afrique, mais les progrès ralentissent, selon l’indice de la Fondation Mo Ibrahim.

Déception !

Selon le rapport, les gouvernements africains n’ont pas répondu aux attentes de leurs citoyens, par exemple en matière de sécurité et d’État de droit, mais des progrès ont été réalisés dans le domaine du développement humain et des infrastructures. « Depuis 2010, des progrès ont été faits par les différents gouvernements en Afrique », a confirmé Nathalie Delapalme, directrice exécutive de la Fondation Mo Ibrahim. « 60% des Africains vivent dans des pays où la gouvernance est meilleure en 2019 qu’en 2010 », a-t-elle détaillé. « Cependant, depuis 2015, ces progrès ralentissent, ce qui est un peu inquiétant. La pandémie actuelle de COVID-19 menace ceux qui ont progressé, en particulier dans le secteur économique », a relativisé Nathalie Delapalme.

Dans la sous-région, Avec un score moyen de 73,1 sur 100, il ressort que le Cap-Vert est le 2ème pays le plus performant d’Afrique en matière de gouvernance et le 1er dans la région CEDEAO. Plus concrètement cela signifie que les citoyens capverdiens ont le niveau de satisfaction le plus élevé de la région par rapport aux services publics qu’offre l’Etat.

Le Cap-Vert est suivi de loin par le Ghana (2ème) avec un score de 64,3 sur 100. La 3ème marche du podium est occupée par le Sénégal avec un score de 63,2. Dans le top 5, l’on retrouve également le Bénin (4ème avec 58,6) et la Gambie (5ème avec 55,9). Loin, à la 7ème place, se trouve la Côte d’Ivoire avec un score moyen de 53,9 sur 100. La 13ème place est occupée par le Nigéria, la première puissance d’Afrique, avec un score de 45,5. La Guinée Bissau ferme le top 15 en se logeant à la dernière place avec un score moyen de 41,5 sur 100.

Le Togo flirte avec les pays à problèmes…

Quant au Togo, classé à la 25ème place sur le continent, le pays se classe 9ème dans l’espace CEDEAO avec un score passable de 50,1. Dans le détail, deux notations ont été particulièrement défavorable au pays. Il s’agit des indices Participation et droits de l’Homme et opportunités économiques durables. Dans ces deux domaines, le Togo est noté respectivement 48,2 et 45,4 sur 100. Des notes qui laissent d’ailleurs perplexe en ce sens qu’elles sont plus en découvert des réalités que de les refléter en toute sincérité.

Qu’àcela ne tienne, malgré sa candeur, ce nouveau classement Mo Ibrahim confirme la triste renommée, du Togo déjà évoquée dans d’autres classements similaires, pour ses qualités de fossoyeur des droits humains. Parmi les problèmes dans ce domaine figurent les conditions pénibles et délétères dans les prisons et les centres de détention, des cas de diffamation criminelle, des atteintes à la liberté de réunion et d’association pacifiques. Des faits incriminés et dénoncés dans plusieurs rapports notamment américains. Malgré les sommations, des organisations de défenses des droits de l’homme, le pouvoir de Lomé fait la sourde oreille et continuent de piétiner les droits les plus élémentaires des citoyens.

Au fil des années, les pratiques de l’époque du parti unique ont refait surface. A tel point que le Togo devient presqu’indeboulonable dans la catégorie des pays à problèmes. En effet avec sa neuvième place, dans le classement de l’indice Mo Ibrahim 2020 le pays de Faure Gnassingbé est suivi par des pays comme le Libéria, le Niger, le Mali, le Nigeria, la République de Guinée ou encore la Guinée Bissau. Des pays qui font face depuis des années soit à une instabilité politique soit à des problèmes sécuritaires, si ce n’est que certaines cumulent les deux à la fois. Des situations qui ont d’énormes conséquences dans le processus d’instauration d’une démocratie viable et d’un développement durable dans ces pays.

Pour autant, cela ne semble pas gêner les tenants du pouvoir qui continuent de réduire les espaces d’expression de la liberté aux citoyens. Depuis plusieurs mois, les manifestations sont interdites pour cause de la pandémie à coronavirus. «Nous voulons demander au ministre Payadowa Boukpessi de ne plus se cacher derrière le coronavirus pour interdire nos manifestations », un appel de la Dynamique Mgr KPODZRO (DMK) lancé à l’endroit du ministre de l’Administration territoriale qui rejette constamment les demandes de manifestations de ce regroupement dont le candidat arrivé deuxième de la dernière élection présentielle, conteste toujours les résultats.

Source : Fraternité

Source : 27Avril.com

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