« Ils sont prêts à me poignarder dans le dos »

Au Togo, la présidence de Faure Gnassingbé au pouvoir depuis 2005 n’a pas été un long fleuve tranquille. En dehors de l’opposition, le président togolais a dû faire face à des dissensions régulières au sein de sa propre famille politique ou même biologique. L’un des faits marquants de ses dissensions a sans doute été l’arrestation de son demi-frère Kpatcha Gnassingbé en 2009.

Un an avant cette arrestation le président togolais se confiait déjà aux autorités françaises sur les tensions entre son demi-frère et lui comme le révèle un document confidentiel de l’administration américaine rendu public par Wikileaks. C’était lors d’une rencontre en novembre 2008 à Paris entre le président togolais et des émissaires du président Nicolas Sarkozy. Extrait….

La démocratisation et l’opposition

 Le conseiller de Sarkozy Marechaux a déclaré que les deux parties ont approfondi les questions.  Les Français ont encouragé Faure à poursuivre les efforts de démocratisation au Togo et de tendre la main à l’opposition dans un effort pour l’inclusion.  Faure a déclaré qu’il était engagé dans la poursuite de la démocratisation. Cependant, Faure a déclaré aux Français qu’il se sentait pressé  d’une part par l’opposition, et notamment Gilchrist Olympio (UFC) qui était des “extrémistes” qui ne semblaient pas avoir beaucoup la volonté de faire des compromis. 

D’autre part, Faure a estimé lui-même être  sous la pression de la “ligne dure” du RPT qui ne voulait pas le voir faire des concessions à l’opposition.  Maréchaux a déclaré que Faure avait été très explicite dans l’identification de son le demi-frère Kpatcha comme faisant partie du “groupe de la ligne dure” qui était, selon les mots de Faure, « toujours prêt à me poignarder dans le dos », bien que Marechaux ait déclaré que Faure parlait plus au sens figuré qu’au sens littéral.

C) Marechaux dit que Faure a indiqué aux Français que Gilchrist Olympio ne semblait jamais satisfait, rejetant toujours les propositions de  Faure et  faisant toujours pression pour avoir plus.  Marechaux a déclaré qu’il était en partie d’accord avec Faure dans le sentiment que l’Olympio était tactiquement inepte, rejetant toujours la proposition actuelle  tout en exprimant ses regrets de n’avoir pas accepté la précédente.  « Cela semble être son modèle invariable », a observé M. Marechaux, « et il finit toujours par être déphasé ».  Il n’y avait donc pas de un véritable mouvement de l’opposition pour s’engager dans le gouvernement, même si Faure semblait prêt à négocier.

Marechaux, sans faire l’éloge de Faure, a déclaré qu’il pouvait comprendre certaines de ses frustrations à l’égard d’Olympio et de l’opposition de manière plus générale.   Maréchaux a regretté que Olympio semblait être tellement prisonnier du passé et de l’histoire des familles Olympio et Gnassingbe.

Évaluation de Faure

 Interrogé, M. Maréchaux a déclaré que les Français avaient un impression généralement favorable de Faure et a estimé qu’il avait considérablement mûri depuis qu’il était devenu président.  Il était pas un prisonnier du passé et semblait ouvert d’esprit et s’est engagé dans la voie réformiste qui était la seule issue pour le Togo.  

M. Maréchaux a été très impressionné par la volonté de Faure reconnaître le problème de la drogue au Togo et l’implication apparente de certaines hautes personnalités militaires.  Il a également été impressionné par La reconnaissance ouverte de  Faure des difficultés posées par Kpatcha et les autres partisans de la ligne dure.  Marechaux a dit que “peut-être Faure s’est avéré être un peu meilleur que nous le croyions ». Cela dit, Marechaux a indiqué qu’il se faisait peu d’illusions sur les défis auxquels Faure était confronté au  Togo. 

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Hubert BATALA

Source : Togoweb.net

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